Mouvances de Jeanne Gagnon
Écriture d’une féministe dans la Cité
vendredi 4 mai 2012
En bref..."Les intouchables"
Comme il m'arrive souvent, je me suis laissée guider par une publicité tapageuse laissant supposer un film exceptionnel. De fait, le fim "Les intouchables" livre une histoire qui n'a rien de banal tout en restant dans les émotions de surface. A mon sens, le choix d'un Noir comme personnage délinquant fut une erreur quand on admet que l'histoire d'origine met en compte deux Blancs et que les attitudes du Noir renvoient constamment à une double dimension "individu et culture" de par le comportement. Plusieurs scènes auraient gagné en forces émotives par delà le ludique.
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Ethique
lundi 2 avril 2012
En bref... Qui suis-je? Où suis-je? Où vais-je?
Par : Jeanne Gagnon
Le 2 avril 2012
Le 2 avril 2012
Texte refusé par l'Administration - Bulletin l'Arc-en-ciel:
Selon moi, l’assemblée générale spéciale de la Résidence Mile-End du 16 mars 2012 s’est révélée le miroir d’interrogations identitaires pouvant se résumer à trois questions de principe, à savoir : Qui suis-je? Où suis-je? Où vais-je?
Évidemment, les deux premières questions ouvrent à quelques réponses, mais celles-ci n’en restent pas moins faites d’hésitations et doutes. Quant à la troisième question, nul ne saurait s’y aventurer sans devoir revenir à l’identité et ses liens à travers le principe de toute existence : « Qui suis-je? ».
Si l’Association des locataires s’est révélée structure difficile à cerner dans ce qu’elle a été et pourrait devenir, on a pu noter une même distance de la base lorsqu’il est question des comités. Dans l’ensemble, les comités sont perçus comme des lieux inactifs. Cela dit en tenant compte que le comité des loisirs est évalué comme structure fonctionnelle à travers la visibilité qu’il se donne par la préparation d’activités dédiées aux locataires tout en gérant un budget représentatif.
Au premier degré, je me suis étonnée de constater que les perceptions négatives englobaient le comité environnement quand il y a toujours diffusion d’information dans les pages du bulletin l’Arc-en-Ciel. Cela dit, tout en devant admettre que l’information circule en différé, mais on ne peut tout dévoiler, et ce, pour différentes raisons. La raison principale est liée au fait de travailler avec des partenaires. Ce qui fait que nous ne sommes pas toujours maîtres de l’information à diffuser.
Lorsque je parle de partenaires, je fais référence à l’Université de Montréal et au comité citoyen. Ces partenaires nous ont souvent amenés à différer l’information (exemple : le sondage – la pose de capteurs dans les appartements – le bilan à présenter officiellement devant les locataires de la Résidence Mile-End dans un avenir rapproché, etc.).
Maintenant que nous avons orienté un partenariat avec le comité citoyen, nous sommes tenus à une même confidentialité à travers l’évolution du dossier. Nous sommes dans la phase initiatique dite « évaluation de stratégies » tout en travaillant sur du concret, à savoir sur l’existence ou non de règlements par rapport à ce qui est « pollution sonore » sur les rues de Gaspé et Maguire. Toute cette recherche viendra se greffer aux gains de l’étude scientifique, mais aussi aux revendications que nous voulons faire en partenariat avec le comité citoyen. Mais avant les gains, nous devons passer par la filière « recherche » et ensuite établir des stratégies en vue d’aller vers les élus de l’arrondissement. Lorsque viendra le moment de diffusion, le comité environnement produira un document qui sera publié dans le bulletin.
A titre de citoyenne, j’avoue être sortie satisfaite de cette assemblée générale spéciale du fait qu’elle nous a permis d’identifier certains problèmes liés à la circulation de l’information, tout en orientant l’assemblée vers des principes identitaires significatifs.
Personnellement, je suis pour la continuité de l’Association des locataires tout en étant du groupe axé sur l’approche citoyenne, et ce, dans une perspective où le plan d’actions introduirait à des défis et attentes.
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jeudi 8 mars 2012
En bref... Rassemblement féministe du 6 mars 2012
Par : Jeanne Gagnon
Moment particulièrement choisi que cette rencontre annuelle autour du 8 mars pour toute féministe désireuse de faire le point sur les forces et faiblesses du Mouvement des femmes tout en ouvrant aux perspectives d’un nouveau souffle amené par les États généraux. (etatsgeneraux@ffq.qc.ca).
La soirée a permis de rappeler aux avancées du féminisme québécois tout en renvoyant à ce qui s’affiche d’inégalités au sein d’une société reconnue pour son avant-gardisme. Le rassemblement s’est révélé significatif sous différents angles. Tout d’abord par l’évidence d’un rapprochement intergénérationnel qui n’était pas factice. Cela dit tout en ramenant au nivellement qui, ces dernières années, s’est implanté à partir d’un décloisonnement du féminisme « militant et d’analyse ». Le nouveau souffle invite au renouvellement des perspectives tant à l’intérieur du Mouvement des femmes que par l’influence sensible du féminisme vu comme moitié d’une société civile.
Si le discours de la jeune frange féministe peut apparaître gauche par moment, il n’en apporte pas moins des valeurs sûres par l’approche. Ce qui m’incite à saluer l’ouverture au débat. Les états généraux permettront de vérifier cette réalité de près.
Si la « Trousse d’outils » en circulation fait voir les défis amenés par les « États généraux », on en dénote pas moins certaines carences dont il faudra tenir compte. Ici je fais référence directement aux violences, à la pauvreté, aux logements sociaux et aux Logements abordables Québec (LAQ).
Mais encore une fois…seul le temps permettra de faire le test des résultats d 'États généraux féministes (2011-2014) suscitant de grandes attentes au sein du Mouvement des femmes!
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Egalité des sexes,
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Féminisme,
Politique
mardi 6 mars 2012
Qu'est-ce que le féminisme?
Par : Jeanne Gagnon
La journée du 8 mars invite à un regard inquisiteur sur le féminisme. Ma perception de féministe s’est étoffée par le militantisme terrain doublé de la fréquentation des grandes figures du féminisme. Je pourrais citer de multiples femmes ayant participé à mon éducation, car les influences sont multiples. Le langage de France Théoret reflète à la fois l’image du féminisme intellectuel et terrain par cette phrase : « Le mouvement féministe repose sur une expérience, le passage du privé au public ». (…). « Le féminisme est un horizon sur la société et la politique, comme toute expérience intellectuelle appelant le goût de la connaissance. » [1]
Ce regard sur le 8 mars restera superficiel tout en rappelant aux grandes idées du féminisme à travers l’implication personnelle ou collective. Au fil du temps, tant les femmes que la société civile perçoit la volonté politique du féminisme pour l’égalité hommes-femmes tel un pont pouvant conduire à un monde meilleur, voire à un monde sans guerre!
Les archives québécoises font état d’une réflexion féministe quant à l’idée d’une société sans guerre dès les années 60. Preuve nous en est donnée par cette rencontre d’avant-garde relatant l’ordre du jour d’une soirée du 8 mars 1960. Dans les faits, on y traitait de paix et désarmement à partir du rôle exercé par quelques femmes de l’élite québécoise. C’était l’époque où Simonne Monet-Chartrand revenait d’une mission de paix avec la Délégation canadienne dans 11 capitales d’Europe. Dans sont récit autobiographique, elle affirme :
« il était de la volonté des femmes de l’époque quant à l’idée d’entreprendre des revendications politiques pour que notre pays soit déclaré zone libre de toute arme nucléaire, pour que les dépenses militaires soient diminuées et que ces fonds servent à des fins pacifistes (santé – éducation – etc.) ». [2]
Malgré la mise sur pied d’un comité Femmes et mondialisation au sein de la Fédération des femmes du Québec, comité dont je suis membre depuis plusieurs années et dont la préoccupation est liée au développement de la mondialisation, de même à l’idée d’une société sans guerre, on note les difficultés à faire apparaître l’image négative du Canada face à ses positions à l’échelle internationale. Le féminisme est d’une nécessité absolue pour l’évolution d’un monde sans guerre, mais il reste que la faiblesse du féminisme pourrait s’avérer l’écart entre l’intelligentsia et féminisme « terrain ». Ce qui fait que l’éducation populaire n’arrive pas à donner sens à des prises de position féministe qui rejoindraient la société civile.
En rapport avec l’idéal d’une société civile proche des positions gouvernementales, la réflexion d’un éditorialiste rattaché à la politique internationale renvoie à l’écart pouvant exister entre une société civile et le pouvoir politique en place:
L’armement produit un nombre politiquement préoccupant d’emplois et de votes. Il est futile de rappeler que les États-Unis sont les premiers vendeurs d’armes au monde et que le premier vendeur d’armes est, presque inévitablement, celui dont les emplois dépendent le plus de cette sinistre et gloutonne industrie. Rappelons quand même que les États-Unis occupent ce premier rang et gonflent leur avance sur les autres marchands de canons de relevé en relevé. Comme le budget militaire étatsunien équivaut aujourd’hui au total des dépenses consenties par les quinze ou vingt pays suivants, on imagine à quel point l’emploi militarisé pèse lourd dans les élections américaines. En ce sens, un président américain ne maîtrise jamais parfaitement le cheval sur lequel il caracole et la substitution d’un cavalier à l’autre ne change pas nécessairement grand-chose aux fonds de l’animal. [3]
N’oublions pas que tout ce qui intervient à travers le quotidien peut avoir une influence réelle sur les politiques gouvernementales. France Théoret fait un rapprochement quant à l’évolution des femmes du Québec à travers l’émancipation amenée par le féminisme, et plus particulièrement, lorsqu’elle signale que « le mouvement littéraire articulé autour du féminisme est né d’une culture laïque voulant la reconnaissance efficiente de l’existence de deux sexes. [4]
La bataille pour l’égalité fera partie des défis tant et aussi longtemps qu’il y aura inégalité entre les hommes et les femmes. L’idée d’égalité ne peut que renvoyer aux mutations amenées par la laïcité avec les années 60. Toutefois, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (dont l’article 50.1 et le préambule) introduit le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes et la liberté religieuse. [5] Madame Christiane Pelchat admet d’emblée que « la voie est parsemée d’embûches ». Ce qui fait de la question du voile un « lieu de réflexion » à travers débats en vue de balises ayant des incidences sur l’égalité hommes-femmes, et de même sur l’exercice de la liberté de la personne au sein d’une société pluraliste.
Ces luttes demanderont un certain courage. Il faut se rappeler qu’une féministe comme Thérèse Casgrain a mené un combat ferme, malgré l’idée de division au sein du mouvement des femmes. De fait, les archives prouvent que, consciemment, elle fit le choix de vivre cette division dans le but de servir la cause du Mouvement des femmes à travers des principes idéologiques. C’est pourquoi elle écrira : « c’est à cette condition qu’un discours féminin autonome pourra émerger ». [6] Je rappellerai que son discours avait été devancé par l’audace d’une autre féministe, à savoir par Simone Monet-Chartrand, qui, en 1940, se présenta devant l’Épiscopat en vue de les saisir des besoins d’une spiritualité vraiment laïque. [7]
CONCLUSION :
Le féminisme a lancé un processus de réflexion concernant les 20 dernières années du Mouvement des femmes. La mise en branle en 2011 aboutira aux états généraux du féminisme devant se tenir en 2013. Ce processus devrait avoir un réel impact, et plus particulièrement si la liberté d’expression en fait un lieu de débats non contrôlé par l’intelligentsia. L’enracinement terrain est à ce prix.
Rappelons qu’en 1975 le Mouvement des femmes projetait de grands thèmes de réflexion et d’action…lesquels thèmes demeurent d’actualité. Ces thématiques portaient sur : le corps, le travail, la parole et le pouvoir. [8] Cette référence tient compte de la volonté politique du féminisme de l’heure à travers :
- L’émancipation de la femme face au patriarcat;
- L’autonomie de la femme à travers le corps;
- Le décloisonnement des violences à travers les rapports de forces
- L’éducation citoyenne permettant de faire des liens entre démilitarisation – industrie de l’armement – transfert de l’économie et monde de paix.
Bonne fête du 8 mars à tous et toutes!
[1] Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – Ed. 2009 – p. 100
[2] Ma vie comme rivière – Autobiographie – Tome 3 – Ed. R-Ménage -S.Monet-Chartrand- (pp. 315-316)
[3] Les enfants de Winston – Essai sur la jovialité – Laurent Laplante – Ed. Anne Sigier 2003 (p. 51)
[4] Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – 2009 – p. 65
[5] Pour une pleine participation des femmes à la société (Christine Pelchat présidente du Conseil du statut de la femme – Gazette des femmes – janv-fév 2011, p. 5).
[6] L’Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles – Collectif Clio – Ed. Quinze – pp. 453-454
[7] Ma vie comme rivière – Autobiographie – S. Monet-Chartrand – Ed. R-Ménage – Tome 3 (pp. 47-48)
[8] L’Histoire des femmes au Québec – Collectif Clio – p. 494
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Engagement citoyen,
Féminisme,
Laïcité,
Politique
"La feuille de route du comité environnement"
Par : Jeanne Gagnon
A travers mon implication citoyenne, j’ai pu rendre compte de la feuille de route du comité environnement de la Résidence Mile-End. Ce que je continuerai de faire tout en optant pour la préservation de la totale liberté d’expression. Ce qui veut dire que les futurs textes m’engageront unilatéralement.
Évidemment, à l’occasion, quelques textes pourront impliquer la signature des membres du comité environnement. Je donnerai pour exemple concret ce qui, à l’occasion, voudra une diffusion plus officielle. Ce qui interfère par une signature des textes par le comité environnement. Ce modèle de publication officielle pourrait intervenir à brève échéance avec le bilan post sondage lié à la pollution sonore.
Par liberté d’expression, j’entends poursuivre une réflexion personnelle qui s’est amorcée depuis le début, réflexion mettant en compte des défis citoyens par des aînés. Défis pouvant également s’allier à des défis de quartier. Je l’ai fait depuis la première heure sous l’angle de la démocratie participative. Aujourd’hui, je le ramène en avant-plan. On en trouve la trace d’origine dans le bulletin L’Arc en ciel – vol 2 no 2, p. 15. Ce qui permet de replacer mes propos dans un contexte qui, par la suite, va se préciser.
Retournant à cet article et à tous les autres qui suivront, on y recense la vision personnalisée de la démocratie participative. Au point où la directrice de l’époque, Madame Mylène Goyer, influencée par l’élan de mes propos liés à la participation citoyenne, avait cru voir naître un comité citoyen à vocation large. La plate-forme des défis se précisera rapidement, puisque le comité choisira de s’engager à défendre la qualité de vie en ciblant plus particulièrement les méfaits de la pollution sonore. (L’Arc en ciel – Comité citoyens – Vol. 2, no 8, p. 19). On retrouve l’information à partir de publications en ce sens. (L’Arc en ciel – Environnement et projet citoyen : un profil d’avenir, Jeanne Gagnon, vol 2, no 9, et Plate-forme de défis et de solidarité citoyenne - Vol. 3, no 10, pp. 13-14).
Aujourd’hui, force est d’admettre que le cheminement du comité environnement s’inscrit à l’intérieur de balises liées à la démocratie participative. Deux exemples significatifs peuvent être donnés, à savoir : le dépôt de deux Mémoires au Conseil d’arrondissement et l’étude scientifique sur la pollution sonore sous la juridiction de l’Université de Montréal. Sous l’un et l’autre versant, le comité a donné visibilité politique aux défis d’une résidence pour aînés, tout en faisant de ceux-ci, une plate-forme de participation citoyenne avant-gardiste compte tenu d’une frange de population tenue « en général » pour une population plutôt passive.
Et maintenant, il se trouve que le cheminement des défis citoyens du comité environnement nous place face à l’étude du « pourquoi » et du « comment » aller plus loin. Car la démarche pourra être évolutive si des alliances de démocratie participative nous conduisent à des défis de quartier pouvant augmenter le pouvoir politique d’une telle démarche.
Arrivé à cet étape, le comité se doit d’étudier le bien-fondé d’une telle évolution. Sans compter que pour ce faire, le comité doit tout autant évaluer non seulement ses défis…mais aussi le besoin de renfort.
A suivre!
Note :
Je vous rappelle que le comité environnement souhaite toujours élargir la participation par l’arrivée de nouveaux locataires. Toute personne désireuse de participer à la feuille de route évolutive de ce comité serait la très bienvenue.
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