Aujourd'hui, 1er mai 2015, la vénérable doyenne de la Résidence Mile-End renvoyait à la majestueuse dignité d'une femme centenaire. Il était impressionnant de la voir du cortège des officiels, sans support aucun, se diriger vers la table d'honneur avec amis et parents. Il faut se rappeler que notre doyenne est née durant la Première Guerre mondiale! Depuis lors, Alice a traversé quelques époques et guerres, avançant dans le temps d'une vie où les femmes revendiquaient le droit à l'égalité; tout en produisant de l'existence individuelle et/ou collective. En ce lieu interfère l'assurance métaphysique dont parle J.F. Volpert dans La machine à exister. En ce lieu se recoupent les batailles du féminisme.
La présence des officiels Amir Khadir (député de Mercier) et Marie Plourde (conseillère de l'arrondissement pour Projet Montréal) a permis de faire quelques liens fort pertinents.
Ce qui m'apparaît évident à travers la centenaire honorée aujourd'hui à la Résidence Mile-End est le fait que nous, membres de la cité politique, devrons désormais poser un autre regard sur ce qui est « fin de vie » puisque toutes les « Alice » centenaires de ce monde nous convoquent tant à l'achevé qu'à l'inachevé. Ce dont font partie les liens humains et les choix personnels à travers l'histoire de chacun.
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vendredi 1 mai 2015
samedi 25 avril 2015
En bref...Les 75 ans du DROIT de vote des femmes!
Par le texte intitulé "Ce que nous devons à Thérèse Casgrain" (Julie Latour, Avocate et ancienne bâtonnière du Barreau de Montréal - Le Devoir, 24 avril 2015) vient nous rappeler à la longue marche de Thérèse Casgrain, porte-parole de cette première délégation qui, le 7 février 1922, se rendit à l'assemblée législative pour l'obtention du droit de vote des femmes. Combat qui, à partir de 1927, se fera sous l'égide du Comité provincial pour le suffrage féminin et qui, avec Madame Casgrain, présentera annuellement ce projet de loi renvoyant au droit de vote des femmes.
Avec Me Julie Latour, reconnaissons la résilience d'une femme qui, malgré les échecs, gardait espoir tout en sachant habilement élargir le parrainage de son projet, malgré les pressions politiques d'un milieu hostile au pouvoir des femmes.
A l'heure d'un féminisme où, trop souvent, il est dit que l'inégalité est chose du passé, il s'avère judicieux de la part de Me Julie Latour de nous rappeler à certains combats actuels mettant en compte les inégalités. Plus particulièrement en ce qui touche la laicité, à savoir: : "le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, codirigée par Gérard Bouchard et Charles Taylor, aurait été tout autre si une femme y avait contribué à titre de coprésidente" Il aurait fallu, selon Me Latour, accorder davantage d'importance au droit fondamental des femmes, à l'égalité et aux mesures requises, afin qu'il ne soit pas mis en péril pour des motifs religieux ou culturels.
Le texte a le mérite de renvoyer au sens sous différents volets, notamment sur le plan de l'équilibre et de la résilience. De même par rapport à la longue marche d'un féminisme de combat qui, dans les faits, s'inspire des valeurs humanistes.
Avec Me Julie Latour, reconnaissons la résilience d'une femme qui, malgré les échecs, gardait espoir tout en sachant habilement élargir le parrainage de son projet, malgré les pressions politiques d'un milieu hostile au pouvoir des femmes.
A l'heure d'un féminisme où, trop souvent, il est dit que l'inégalité est chose du passé, il s'avère judicieux de la part de Me Julie Latour de nous rappeler à certains combats actuels mettant en compte les inégalités. Plus particulièrement en ce qui touche la laicité, à savoir: : "le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, codirigée par Gérard Bouchard et Charles Taylor, aurait été tout autre si une femme y avait contribué à titre de coprésidente" Il aurait fallu, selon Me Latour, accorder davantage d'importance au droit fondamental des femmes, à l'égalité et aux mesures requises, afin qu'il ne soit pas mis en péril pour des motifs religieux ou culturels.
Le texte a le mérite de renvoyer au sens sous différents volets, notamment sur le plan de l'équilibre et de la résilience. De même par rapport à la longue marche d'un féminisme de combat qui, dans les faits, s'inspire des valeurs humanistes.
mardi 23 septembre 2014
En bref...Le conflit palestinien en train d'évoluer entre droits civiques et lutte anti-apartheid!
En lisant Le Monde des derniers jours on se voit devant un conflit en pleine évolution. De fait, le choix politique ouvre sur une réflexion mettant en compte l'égalité citoyenne pour tous, et ce, à l'intérieur de l'État d'Israel; sinon à cette paix négociée qui mettrait en compte deux États alors que la Palestine pourrait se retrouver dans un découpage sans valeur pour l'avenir de l'État palestinien.
Ainsi suggère-t-on aux Palestiniens de se battre pour leurs droits civiques en ces termes: "Cela prendra un an ou cent ans, mais Israel doit assumer ses responsabilités s'il est le seul État entre la mer (Méditerranée) et le Jourdain. Au lieu de nous battre pour les frontières, nous devrions nous battre pour prendre place dans le même bus que les citoyens israéliens en s'inspirant de la lutte anti apartheid en Afrique du Sud et du mouvement américain pour les droits civiques. (Extrait du Journal Le Monde - 20 septembre 2014: A Paris, Mahmoud Abbas présente son plan pour un État palestinien - Par Ramallah - Envoyé spécial).
jeudi 31 juillet 2014
En bref…A quand un Mandela israélo-palestinien? (Réflexion à partir d’une publication du journal Le Devoir – le 29 juillet 2014)
J’ai lu
avec intérêt l’article d’Aoua Bocar Ly-concernant l’influence heureuse pouvant
émaner d’un leadership. Dans le cas présent,
l’auteure met en compte l’influence
exercée par Nelson Mandela tant.sur sa communauté que sur la politique
internationale.
Il faut
savoir que le leadership exercé par Mandela renvoyait à des qualités humanistes
ayant subi l’épreuve du temps. La
prison aura été vécue comme un lieu d’épuration de la théorie de l’apartheid et
de la libération, et ce, dans la foulée d’un leader n’ayant jamais renoncé à
son idéal. Cela dit en admettant le fait que Mandela n’a pas gagné l’ensemble
de ses compatriotes, mais plutôt gagné la cohésion citoyenne
autour de défis communs.
La mise en branle de ce leadership lui avait coûté 27 ans de prison
et, à certaines heures de la lutte, tant Margaret Thatcher
que d’autres le dénonçaient comme d'appartenance au terrorisme.
Ce que son leadership a pu révéler de meilleur dans
l’évolution de ce conflit de l’apartheid
pourrait nous renvoyer à ces deux traits, à savoir: l’ouverture au vrai dialogue et le rejet de toute violence. Sans oublier que dans l’exercice de son
leadership, Mandela permettait à la masse de se reconnaître. Ainsi
peut-on admettre que Mandela
a servi la cause tout en
orientant vers une paix « durable ».
TOUTEFOIS,
penser le conflit israélo-palestinien
dans la loupe de Mandela serait réduire le
conflit du Proche-Orient au profil d’apartheid quand il fait lien avec de graves erreurs de la
politique internationale mettant en compte la revendication de deux États
libres.
jeudi 27 septembre 2012
Avancer dans la perspective de solutions …quoiqu’il arrive!
Au printemps 2012, le comité environnement a fait une tentative de rapprochement avec le comité citoyen du Mile-End. Le but était de mettre sur pied des rencontres de quartier capables de favoriser le partage autour de la pollution sonore. La démarche fut accueillie positivement. Tout en se montrant favorable à l’organisation d’un tel forum, le comité citoyen a voulu introduire un pré-requis en nous demandant une révision exhaustive de l’ensemble des règlements en regard des bruits et du zonage. Il s’agissait d’un pré-requis capable de favoriser la crédibilité des intervenants et du comité citoyen. Toutefois, nous avions peu de prise sur le calendrier et le court délai intervenant nous a fait différer. Nous comptons y revenir éventuellement.
L’Arc-en-ciel (Vol. 5, no 8 – Octobre 2012)
L’étude sur la pollution sonore n’est pas encore terminée pour la bonne raison d’une défection au sein de l’équipe de l’Université de Montréal. De fait, le docteur Leroux devait présenter son bilan au cours du mois d’août, mais il a dû nous informer de l’impossibilité de rencontrer l’agenda de l’étude des bruits à la Résidence Mile-End, compte tenu que la responsable des données et interviews avait mis fin à sa collaboration sans préavis. Jusqu’à ce qu’il y ait remplacement et prise en charge, nous demeurerons dans cette attente d’une évaluation avec bilan.
Nous sommes engagés dans un dossier de grande complexité parce que renvoyant aux lois et zonage d’un quartier en transformation. Malgré la complexité des approches, il ne faut pas renoncer à la solidarité de nos luttes. Indéniablement, nous avons besoin du coude à coude et de l’apport de chacun des locataires. Le travail « participatif » que représentent les appels téléphoniques au 911 (nuit et jour) est statistiquement une valeur pour le dossier, tout en renvoyant l’image d’une solidarité. Sans oublier que nous devons viser faire des alliances avec le voisinage.
La pétition qui circule concernant la problématique sur la rue de Gaspé est un moment-clé pour l’affirmation de cette solidarité maison. Nous comptons afficher l’urgence que vit la Résidence Mile-End en déposant un troisième mémoire lors de la séance du conseil d’arrondissement du 1er octobre 2012. Et au cœur de nos recommandations : faire apparaître l’URGENCE par rapport au « droit à la qualité de vie » qui, essentiellement passe par « le droit au sommeil » . Et l’urgence est telle que nous mettons en avant-plan l’urgence d’une solution à travers la mise sur pied d’une table de concertation. De la sorte, on sort des appels téléphoniques pour déboucher sur le face à face!
Je terminerai en soulignant le départ de Michelyne Mailloux, Georgette Laliberté et Joviano Vaz. Ce dernier faisait partie de la première génération du comité environnement. A travers l’arrivée de Hugues Desrosiers et Robert Gagnon…il y a orientation pour la rencontre de défis à travers des alliances. Bref, on le souhaite tout en anticipant l’arrivée de renforts. Votre solidarité en est!
Toute personne désireuse d’assister au comité peut le faire à titre d’observateur-observatrice. Il s’agit là d’une porte d’entrée pour le suivi évolutif des défis.
L’Arc-en-ciel (Vol. 5, no 8 – Octobre 2012)
Par : Jeanne Gagnon
dimanche 19 août 2012
En bref...Je compte voter pour Pauline Marois!
Je compte voter pour Pauline Marois! Le parti m'a souvent déçue, mais il a le mérite de s'afficher dans la transparence concernant un projet ferme qui, pour moi, est de grande importance. Je fais référence à la Charte de la laicité et par ricochet aux valeurs citoyennes rassembleuses.
Certes, la feuille de route du PQ met en compte une crédibilité quant à la gouvernance. J'y voir un plus à travers l'arrivée au pouvoir d'une femme ayant fait ses classes au sein du PQ. De fait, on peut imaginer une nouvelle approche politique...ce qui pourrait impliquer "gouverner autrement" jusqu'à nous surprendre!
La société québécoise a besoin de revoir ses balises à plus d'un égards. Évidemment le mondialisme est concerné, mais tout autant l'approche citoyenne des droits à travers une société en mutation par l'immigration. Tout cela doit passer par un débat de société dans l'optique dont parle Michel Onfray, à savoir une éthique citoyenne post-chrétienne. Je n'ai jamais si bien mesuré l'importance du projet de Charte de la laicité qu'après la lecture du Traité d'athéologie d'Onfray.
En 2009, j'ai choisi de prendre mes distances avec Québec Solidaire du fait d'une laicité abandonnée aux "accommodements". (voir mes lettres de protestation et de démission sur ce blogue - 2 octobre et 22 novembre 2009 - Bibliographie).
La période des élections ramène le propos de la laicité dans la mire politique. Certains appuis intervenus en faveur de la laicité ouverte prônée par QS viennent, à mon sens, faire la démonstration d'une "laicité" semant la division. Cela dit en tenant compte de l'éthique véritablement citoyenne dont parle Michel Onfray.
Certes, la feuille de route du PQ met en compte une crédibilité quant à la gouvernance. J'y voir un plus à travers l'arrivée au pouvoir d'une femme ayant fait ses classes au sein du PQ. De fait, on peut imaginer une nouvelle approche politique...ce qui pourrait impliquer "gouverner autrement" jusqu'à nous surprendre!
La société québécoise a besoin de revoir ses balises à plus d'un égards. Évidemment le mondialisme est concerné, mais tout autant l'approche citoyenne des droits à travers une société en mutation par l'immigration. Tout cela doit passer par un débat de société dans l'optique dont parle Michel Onfray, à savoir une éthique citoyenne post-chrétienne. Je n'ai jamais si bien mesuré l'importance du projet de Charte de la laicité qu'après la lecture du Traité d'athéologie d'Onfray.
En 2009, j'ai choisi de prendre mes distances avec Québec Solidaire du fait d'une laicité abandonnée aux "accommodements". (voir mes lettres de protestation et de démission sur ce blogue - 2 octobre et 22 novembre 2009 - Bibliographie).
La période des élections ramène le propos de la laicité dans la mire politique. Certains appuis intervenus en faveur de la laicité ouverte prônée par QS viennent, à mon sens, faire la démonstration d'une "laicité" semant la division. Cela dit en tenant compte de l'éthique véritablement citoyenne dont parle Michel Onfray.
vendredi 13 septembre 2002
Cession de bail et vide juridique
Dans un jugement rendu le 8 août dernier, la Régie du logement statuait sur la cession de bail entre locataires. Il s’agit du jugement de Maitre Hurlet, lequel vient contredire la décision de la Cour du Québec dans non-reconnaissance du droit de cession d’un locataire envers la personne de son choix. Ce jugement dit explicitement que «La sous-location ou la cession de bail ne donne pas le droit à un locataire de choisir lui-même la personne qui va lui succéder dans les lieux si le locateur préfère mettre immédiatement fin à la relation contractuelle».1
Voilà pour le jugement de Me Hurlet. Il faut se rappeler que la cession de bail fut instaurée au Code civil du Québec en 1994 tout en restant un phénomène sans assise profonde. Le jugement de Me Hurlet fait intervenir l’intention de vengeance du locataire. J’approuve d’autant la décision rendue que la cession de bail aura souvent servi l’exercice de vengeance par le cessionnaire. Bref, ce qui semble un transfert de location peut servir un pacte de violences.
Que ce soit par la plume ou par des ateliers et conférences, depuis quelques années j’interviens auprès de femmes violentées en logements. Toutes ont vécu la polymorphie du harcèlement (psychologique-moral-physique) doublé de l’isolement auquel renvoit le jugement de la Régie. Car, par le parjure, la victime perd tout support. Ainsi, à l’image du personnage du film Irréversible, l’aide extérieure s’éloignera afin d’éviter de se commettre.
Il est connu que les luttes militantes féministes ont précédé la jurisprudence concernant la criminalisation du viol. Il devra en être de même pour les logements. Jusqu’à maintenant les violences y sont perçues comme réalité tribale entre locataires. Cette vision ne peut que se transformer avec les transformations de valeurs et des profils de violences. Ajoutons à ce qui vient d’être dit: croissance de la pauvreté et du chômage et pénurie de logements.
Depuis l’automne 2000, c’est-à-dire depuis les ateliers de La Marche mondiale des femmes, les attendus d’une pétition ont été déposés auprès de la Présidente de la Régie du logement. Il s’agissait d’une première démarche collective pour amener les structures à voir la violence en logements dans ses multiples facettes. Par ailleurs, d’autres démarches m’ont fait intervenir auprès de la Justice, de la Police, de Services sociaux et Comités logements, voire auprès d’instances nettement plus politiques, par exemple la députée de Mercier de qui j’anticipe l’appui.
Le travail de réflexion continue de s’alimenter en tenant compte du travail de terrain par les ateliers. Cela dit en admettant que la lutte est exigeante de temps et de patience Dans l’aspérité de leurs luttes respectives, certaines femmes arrivent à prendre une distance avec ce qu’elles vivent pour ramener la lutte dans une vision agrandie.
Le jugement de Me Hurlet m’est apparu tel l’indice d’une percée quant aux transformations de la jurisprudence, plus particulièrement quant aux profils de violences qui mériteraient d’être reconnus dans l’orbe de l’acte criminel.
Je rappelle ma suggestion à la Présidente de la Régie du logement et dont le contenu se retrouve dans la publication du printemps 2001, plus spécifiquement quant au suivi long-terme de certaines violences.2 Un tel modèle d’encadrement pourrait être mis en application dans le but de faire intervenir des professionnels de la Régie et de Services sociaux du Québec dans un dossier cheminant selon plusieurs étapes juridiques. Bien sûr, le suivi long-terme ne saurait venir sans la refonte de la jurisprudence propre aux logements.
Cela dit en acceptant toute l’importance de l’autorité morale ramenée au locateur par le jugement de Me Hurlet. Même si la cession reste possible de ce côté, il m’apparaît indéniable que tout locateur doit être vu comme «la responsabilité morale et éthique» devant faire respecter l’intégrité domiciliaire.
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[1] "Un locataire peut-il céder son bail à qui lui plaît? Non, dit la Régie", Le Devoir, 16 août 2002.
[2] "Lettre à la présidente de la Régie du logement", Visions Voisins, vol. 8, no 2, 28 mars 2001.
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Publié dans Visions Voisins, vol. 9, no 8, octobre 2002.
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Publié dans Visions Voisins, vol. 9, no 8, octobre 2002.
mardi 4 juin 2002
Syndicalisme et capital : Deux visions des droits
Par : Jeanne Gagnon
Publié dans le Journal Visions-Voisins / Vol. 9 – No 5 (Juin 2002)
En quelques siècles, le monde a traversé deux révolutions du travail. Tout d’abord, la révolution industrielle, soit celle que Toynbee situait entre 1760 et 1830 ou dans la foulée de l’implantation massive de l’usine. [i] Cette révolution s’était développée spontanément pour se voir propulsée et orientée par le capital.
La seconde révolution émerge du dernier quart de siècle, et malgré ce qui semble libre évolution, il existe des contraintes qui viennent de confrontations entre le capital marchand et le capital humain. Toutefois, malgré les droits acquis du syndicalisme, voire malgré l’enchâssement des droits dans les traités européens [ii], la partie n’est pas gagnée. A preuve : plusieurs pays signalent à la face du monde des reculs d’importance quant aux droits du travail. A preuve : le gouvernement Berlusconi ayant introduit une série de modifications au code du travail visant à remettre en cause les acquis sociaux et à réduire le poids politique des syndicats. [iii] A preuve, toute cette littérature démontrant que les gouvernements et les populations sont en train de perdre tout contrôle sur la mondialisation et comment celle-ci entraîne dans son sillage un cortège de pauvreté, de conditions de travail et de vie abominables, d’enfants au travail, de travail forcé et d’exploitation des femmes. [iv]
On le sait, la révolution industrielle a laissé des meurtrissures dans les annales par rapport à l’absence d’orientation. En voici un premier exemple éloquent : « Une foi aveugle dans le progrès spontané s’était emparée des esprits (…). Les effets que celui-ci eut sur la vie des gens dépassèrent en horreur toute description. Au vrai, la société aurait été anéantie, n’eussent été les contre-mouvements protecteurs qui sont venus amortir les mécanismes autodestructeurs. » [v] Le deuxième exemple est tiré du folklore anglais de l’époque, lequel rend l’image de l’exploitation entre drapiers et artisans : [vi]
« De tous les métiers qui s’exercent en Angleterre il n’en est pas un qui nourrisse son homme plus grassement que le nôtre. Grâce à notre commerce, nous sommes aussi bien mis que des chevaliers. Nous sommes gens de loisir, et menons joyeuse vie.
Nous amassons des trésors, nous gagnons de grandes richesses à force de dépouiller et de pressurer les pauvres gens. C’est ainsi que nous emplissons notre bourse, non sans nous attirer plus d’une malédiction.
C’ est ainsi que nous acquérons notre argent et nos terres, grâce à de pauvres gens qui travaillent soir et matin. S’ils n’étaient pas là pour peiner de toutes leurs forces, nous pourrions aller nous pendre sans autre forme de procès. C’est grâce à leur travail que nous emplissons notre bourse. Non sans essuyer plus d’une malédiction. »
Nous sommes engagés dans une mutation radicale du travail. Ceci se manifeste en accéléré depuis quelques décades par les fermetures d’entreprises, par la multiplication des travailleurs autonomes, par la précarité de l’emploi, par la polymorphie des stages et/ou mesures d’employabilité. A l’image de la précédente révolution, le phénomène est présenté par le capital comme un progrès incontournable destiné à faire le bonheur des humains. Mais, ce qui aura manqué à la précédente révolution pourrait jouer en faveur du présent siècle. Je rappelle les acquis de la Charte des droits, de même ceux du syndicalisme et du contrat social. Toujours dans l’optique d’un contrat social devant normalement tenir compte d’obligations qui sont relatées dans certaines revues de droits et qui font référence aux solidarités s’organisant au sein d’une même communauté et à laquelle les membres s’identifient afin d’orienter le contenu du contrat social. [vii]
En lisant Marx et Mantoux, on constate que la révolution industrielle confrontait quotidiennement à la mort sur les lieux du travail. Tant par l’absence de droits que par la mort au quotidien, on peut reconnaître l’absence de compassion face à ces modèles de violence outrancière. Je donnerai pour exemple la mort de Mary-Anne Walkley et l’étonnement de sa supérieure – Dame Élise – découvrant l’ouvrage non achevé (il ne restait qu’un point à donner à sa broderie), alors que l’ouvrage était destiné à la Princesse de Galles. La mort avait eu raison sur la production ou l’inverse…[viii]
A notre époque, violences et absence de compassion se font plus dérangeantes. Il faut reconnaître que la violence continue de s’afficher au travail. Elle inquiète quand un pays comme la France confesse l’alourdissement des cas pathologiques ramenant à la mal-vie (dépressions et troubles physiques) et des morts quotidiennes au travail. [ix]
Rappelons que le discours du capital sur la production n’a rien du profil de la violence, ni même du profil tayloriste, bien que ce discours soit orienté vers l’accélération de la cadence de production par un vocabulaire plus hypocrite. Car, tant la responsabilisation que l’annualisation des échéanciers sont en dehors du pouvoir de la base. Parallèlement, en plus des échéanciers, la production est affichée dans un profil ISO invitant à mettre la barre qualité toujours plus haute…tout en répondant à la cadence de production dans ses échéanciers. Il me semble que ce qui apparaît susceptible de servir la production peut aussi servir la violence et l’aliénation au travail.
La force du Capital disait Hubert Marcuse est dans l’uniformisation économico-technique non terroriste, tout en fonctionnant par la manipulation. Admettons toutefois que la vision statistique du Capital et celle du Syndicalisme ne sauraient puiser aux mêmes sources…Cela dit en tenant compte que les valeurs du travail et de la production méritent d’être repensées dans une vision élargie.
Cela dit en tenant compte de la nécessité de l’évolution du contrat social sans oublier les paroles d’Engels, à savoir : « le capital ne se soucie nullement de la santé ni de la vie de l’ouvrier à moins d’y être forcé par la société ». [x]
[i] La révolution industrielle au XVIIIe siècle de Paul Mantoux – Éditions Guérin, p. 21.
[ii] L’objectif : un syndicalisme sans frontières (Recto Verso – janvier/février 2002, p. 24)
[iii] L’Italie poursuit son inquiétante dérive – Journal Métro, 8 mai 2002, p. 10
[iv] Confédération internationale des syndicats libres (CISL), 26 mars 2002
[v] La grande transformation, aux origines politiques et économiques de notre temps, Gallimard, Paris, 1983, pp. 111-112
[vi] Il s’agit d’un long fragment d’une pièce folklorique publiée dans : La révolution industrielle au XVIIIe siècle de Paul Mantoux – Éditions Genin, pp. 58-59).
[vii] Pouvoir normatif et protection sociale (pp. 137-169) auteure : Johanne Poirier Revue canadienne Droit et Société (Volume 16, no 2, 2001).
[viii] Le Capital – Marx – Éditions Garnier-Flammarion (1969) (page 194)
[ix] Retour de la mal-vie (Le Monde diplomatique – décembre 2001 – Enquête de Martine Bulard)
[x] Sur le Capital de Marx (page 116) Éditions du Progrès – Moscou – 1975.
jeudi 12 avril 2001
Projet de loi omnibus & harcèlement criminel
Lettre ouverte envoyée à :
Madame Anne Mc Lellan, Ministre de la Justice au Gouvernement du Canada
Madame la Ministre,
J’ai pris connaissance du projet de loi omnibus en rapport avec le harcèlement criminel lié à l’invasion domiciliaire. Il y a lieu de faire de ce projet de loi plus que ce qu’énonçait un éditorialiste, à savoir la fin de la récréation pour le crime organisé, mais également l’implantation d’un cadre législatif susceptible d’englober de nouveaux profils de criminalité chez des civils.
Comme citoyenne, je m’intéresse à la clandestinité d’actes criminels englobant la violence envers les femmes, lesquels contreviennent à la Charte des droits (article 7) tout étant de l’ordre de l’invasion domiciliaire. La plume m’a accompagnée par la force des choses et de nombreuses publications, tant littéraires que journalistiques, ont témoigné de cette violence criminelle en logements.
L’intérêt s’est élargi pour devenir défi politique. D’une part, parce que lié aux droits de la personne et aux violences psycho physiques envers des femmes; d’autre part, par besoin de provoquer un débat sur l’émergence d’une violence qui, comme le viol, devra être reconnue criminelle. Finalement, parce que la paix civile a beaucoup à voir avec l’inviolabilité du territoire domiciliaire.
Bref, ce qui semble exclusif aux territoires des logements devient violence envers la personne et violation du territoire. Par absence de législation susceptible d’englober ces profils ésotériques, l’acte criminel touche au ferment de la société démocratique, à savoir au cadre éthique entre civils.
Je n’ai pas à revenir sur un ensemble de faits et liens déjà publiés par le journal Visions Voisins entre 1999 et 2001 (pièces jointes). Néanmoins, je résumerai en disant que le développement des technologies d’avant-garde, toujours par absence d’une législation adéquate, aura permis toutes sortes d’irrégularités et jusqu’à ces profils de violences englobant autant caméras que l’agression physique à travers cloisons et plafonds.
La population ignore jusqu’à l’existence de ces violences clandestines, dont certains profils sont de l’ordre d’un voltage dirigé sur la victime. Toutefois, les milieux légaux et policiers seraient largement informés. A preuve, lors d’un concert de Céline Dion, les policiers ont arrêté un individu détenant un fusil à voltage («L’homme armé au concert de Céline Dion a été libéré», Le Devoir, 6 janvier 2000). A preuve, la panoplie d’informations venant des médias quant à l’arsenal policier du prochain Sommet des Amériques (ZLEA) lequel arsenal englobe des fusils à voltage. Autre preuve, celle-ci reliée à la vie civile : une femme quasi-renversée sur la chaussée par une agression aux chevilles. Cette réalité est survenue il y a quelques mois à Montréal et des policiers viennent à sa rescousse. Ils émettent l’opinion d’une possible émission de voltage à partir d’une batterie de voiture.
Tout en étant laissée dans l’ignorance, la population vit proches de la science-fiction, mais seule la victime pourra s’approprier le réel de la violence croisée en chemin. Pourquoi? Par le fait que la cible dirigée aura confrontée la victime à la souffrance, et que, dans certains cas, l’outil est capable de rester dans le rayon du corps ciblé sans attaquer les corps avoisinants. Ainsi, la femme violentée voulant ouvrir le dialogue sur une réalité connue et appropriée se verra-t-elle confrontée à des individus étrangers à sa réalité. Non seulement le dialogue devient-il impossible par absence de code commun, mais il pourrait y avoir doute quant à la santé mentale de la violentée.
Nul ne pourrait nier que la science a envahi notre quotidien. C’est pourquoi tenter de faire avancer l’éthique des sociétés du présent millénaire en occultant les technologies serait s’abandonner aux guerres intestines et à la décadence.
Les femmes doivent travailler de concert à la non-violence. Ce qui impose de faire la lumière là où sont brimés les droits de la personne. Dans le cas des technologies d’agressions, il y a lieu d’y voir un acte criminel à faire apparaître à travers la plate-forme féministe.
Voilà pourquoi ce projet de loi omnibus devra englober des profils d’agressions mettant en compte une législation quant à l’utilisation de certaines technologies, tout en donnant aux diverses instances les moyens de piéger l’agresseur et l’outil.
Envoyé en copie conforme à :
Monsieur Paul Bégin, Ministre de la Justice du Québec
Monsieur Serge Ménard, Ministre de la Sécurité publique
Madame Françoise David, Présidente de la Fédération des Femmes Québécoises
Madame France Desjardins, Présidente de la Régie du logement
Monsieur Gilles Duceppe, Député du Bloc Québécois (Laurier Ste-Marie)
Lettre ouverte publiée dans Visions Voisins, vol. 8, no 3, avril 2001.
mardi 4 août 1998
Lettre à Ignacio Ramonet - Le monde diplomatique
Montréal, le 4 août 1998
Lettre demeurée sans réponse ni publication
Ignacio Ramonet
Président et directeur de la publication
LE MONDE DIPLOMATIQUE
21 bis, rue Claude-Bernard
75242 Paris
France
LETTRE OUVERTE
Monsieur,
Je suis toujours intéressée par vos éditoriaux publiés dans Le monde diplomatique et fort consciente de l’engagement que sous-tend cette parole au sein d’un mondialisme exacerbé.
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