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jeudi 10 août 2017

Interview de la coordonnatrice du Champ des possibles

PREMIÈRE PARTIE


Caroline Magar-Bisson est, depuis janvier 2014, engagée par Les Amis du Champ des Possibles comme coordonnatrice du développement. Architecte paysagiste et stagiaire membre de l’AAPQ (Association des architectes paysagistes du Québec) et, de même designer de l’environnement, elle a travaillé comme professionnelle agrée LEED au service de la firme d’architecture Aedifica pendant quatre ans. Parallèlement, elle a conçu, participé et coordonné plusieurs projets. Ainsi, dans le cadre de sa maitrise en architecture de paysage à l’Université de Montréal, elle a notamment conçu un cadre d’intervention pour la réhabilitation publique des friches urbaines végétalisées et contaminées. En collaboration avec les designers Marie-Josée Gagnon et François Leblanc du Collectif Chassi (Page Facebook), son jardin "Méristème (Ode à la biodiversité florale du Québec)" (voir vidéo au bas) s'est vu sélectionné en vue de faire partie de l’édition 2014 et 2015 du Festival International des Jardins de Métis (Grand-Métis, Québec).


Après l'interview de Caroline Magar (L'Arc en ciel – vol 7, no 6, Août 2015) .s'est installé un silence ayant pu laisser croire à un désintérêt alors que le territoire continue de nous interpeller comme zone verte de proximité. Notre désir est de stimuler la communauté du Mile-End, et au premier degré les locataires de notre Résidence à des habitudes de vie renouvelant cette grande communauté...


Q:

Afin de mieux cerner ce lien de proximité dont nous parlons, j'ouvre le questionnement en te demandant ce qui s'est ajouté pour favoriser le Champ des possibles depuis l'interview publié en août 2015?  

R:
Tout en voulant me faire brève...je me dois d'admettre qu'il y a beaucoup à dire, car il s’est passé beaucoup de choses! Signalons d'abord le fait d'avoir produit un rapport d’activités pour l’année 2015 et un second pour 2016. Chacun des rapports présentait un bon topo en lien avec les grands dossiers du Champ des possibles. Ces rapports sont tous deux disponibles et téléchargeables sur notre site web amisduchamp.com (rapport d’activités 2015 et rapport d’activités 2016).

Si je veux illustrer la vision globale, je dirai que nous travaillons sur cinq grands axes, soit la gestion, l’aménagement, l’animation, la communication et la décontamination. L’activité la plus marquante de 2015 a été la démarche de consultation citoyenne sur les attentes et visions citoyennes relatives aux quelques terrains en friches situés aux abords de la voie ferrée du Mile End (soit les terrains voisins à l’ouest du terrain du Champ des Possibles). Nous avons mené cette démarche en collaboration avec le Comité des Citoyens du Mile End et, de même, Mémoires du Mile End. Nous avons déposé un document synthèse de cette démarche. Il m'importe de préciser que ledit document a été favorablement reçu par l’arrondissement. Ce qui a influencé le changement de zonage (d'industriel à parc) relativement à deux terrains de part et d’autre du zonage de la rue St-Laurent.

On ne peut passer sous silence l'autre gros dossier qui nous a beaucoup mobilisés dans les deux dernières années, à savoir celui de la décontamination en regard des sols contaminés du site. D'où le fait qu'en novembre 2015 nous avons, au Théâtre Rialto, tenu un café citoyen sur les nouvelles techniques de réhabilitation écologiques des sols contaminés en collaboration avec la Chaire de recherche Génome Québec.


DEUXIÈME PARTIE


Parallèlement, nous avons travaillé à l’élaboration d’une version préliminaire quant au plan de réhabilitation des sols contaminés du Champ des Possibles, et ce, en collaboration avec la Ville de Montréal. Cette version préliminaire fut déposée au Ministère de l’environnement du Québec. Suite à la lecture de cette version préliminaire, le Ministère a demandé des nouvelles tranchées d’excavation. Ce qui devrait se faire d’ici la fin de l’été 2017. Et je précise que nous avançons.....même si à pas de tortue !

Je ne saurais passer sous silence le fait d'avoir tenu plusieurs petits événements ponctuels rattachés à la sensibilisation et à l’entretien écologique du site, tel que des visites guidées et, de même, les corvées de nettoyage.

Finalement, en 2016 nous avons tenu une importante campagne de financement qui a très bien fonctionné. Ce qui a mené à la reconnaissance – par l'arrondissement - de la contribution de l’organisme pour ses services spécialisés en entretien écologique et en médiation.

Q :

J'ai fait lecture de ce qui s'est publié depuis un an et, pour ma part, j'y perçois des profils citoyens incitatifs. Qu'en dis-tu?

R :On est définitivement intéressé à ajouter des membres à notre réseau. Les types d’implication peuvent évoluer à partir de différents statuts de membership et jusqu'à membre du conseil d'administration ; La prochaine assemblée générale annuelle aura lieu en novembre ou décembre 2017. Ce sont des moments clés pour discuter des différents profils de participation. J'en profite pour signaler l'importance de la participation à des corvées et à la patrouille verte, de même que la présence de nos membres aux séances d’informations, voire aux visites thématiques reliées à l'écologie urbaine. Une collaboration se fait manifeste sur notre site web et sur notre page Facebook. Cette collaboration ne peut que servir nos défis.

Il s'agit d'un moment opportun pour signaler qu'on devient membre en rejoignant l’adresse courriel (lechampdespossibles@gmail.com) et en répondant aux consignes qui interviennent.

Q:

Que représente l'engagement citoyen à travers la formation d'équipes?

R:

Nous recherchons les types d’aides dont le profil correspond à ce qui suit :
- Soutien administratif (comptabilité, recherche de financement, etc.)
  • Patrouille verte sur le terrain (en lien avec les corvées saisonnières) ; Contrôle des espèces envahissantes et allergènes, tel que l’herbe à poux (allergie respiratoire mais qui ne présente aucun danger pour la peau) ;
  • Animation environnementale et socio-culturelle (vulgarisation scientifique diversifiée, prestation musicale acoustique , peinture, méditation, partage de connaissances liées à nos défis).
Q :
Il m'importe de parler de la voie ferrée. En ce qui concerne « le droit de passage » des piétons sur la voie ferrée...on en est où face à la reconnaissance d'un tel droit?

R:

De ce que j’ai compris, la députée fédérale Hélène Laverdière, du NPD, a déposé un projet de loi pour permettre à la Ville de Montréal de mettre des passages à niveau sur la voie ferrée appartenant à la compagnie du Canadien Pacifique, mais tous les députés libéraux ont voté contre le projet amené par Madame Laverdière. Considérant nos attentes, il nous faut admettre que le projet du « droit de passage » est sur une voie de garage.

Q :

Avant de terminer, je voudrais rappeler aux marches hebdomadaires vers le « Champ des possibles ». Croyez-vous que renouer avec les marches pourrait servir les défis citoyens du Champ des possibles?

R:

Pour les marches, elles peuvent très certainement s'appliquer mais quant à la traversée de la voie ferrée, il en va tout autrement. Pourquoi ? Parce qu'en ce qui concerne le passage sur les voies ferrées, cette traversée devient à vos risques et périls financiers et il en coûte 147$ à toute personne qui se fait prendre par la police du CP. Cela dit tout en sachant qu'il y a des trous dans la clôture qui sont chaque semaine réouverts/ refermés à travers d'infinies interventions.

Q:

A la Résidence Mile-End, par delà l'idée des marches, il pourrait y avoir volonté de rassemblements susceptibles de nous informer sur les enjeux nous liant au pouvoir politique citoyen. Il s'illustrerait comment ce pouvoir politique qu'on peut aussi nommer « cogestion »?  

R:

Depuis 2013, lors de la signature officielle de l’accord de co-gestion entre l’arrondissement et notre organisme, nous avons convenu d’une mission commune de préservation du site en une réserve de biodiversité urbaine. Les amis du Champ sont depuis lors reconnus comme seuls représentants de la communauté pour la gestion du parc. Bien que la Ville de Montréal soit propriétaire du terrain, aucune intervention d’aménagement ne peut être faite sans l’accord de l’organisme. Nous sommes le seul organisme officiellement co-gestionnaire d’un parc public. La seule autre référence qui se rapproche de notre dynamique est celle entre Les amis de la montagne et la Ville de Montréal pour la gestion du Mont Royal.

Je précise que les termes de notre co gestion avec l’arrondissement ont été redéfinis au printemps 2017. Ils mettent de l’avant le partage des rôles et responsabilités de la gestion du parc, relativement à son avenir. Nous sommes depuis cet été mandatés par la Ville pour assurer un entretien régulier du parc (collecte des déchets, entretien horticole) et ce, via une médiation citoyenne.

Q :

La décontamination est-elle toujours un frein au développement?

R :

Pour l’instant elle l’est car le parc ne peut être officiellement aménagé sans l’approbation par le Ministère de l’environnement du plan de réhabilitation. PAR CONTRE nous sommes confiants que ce plan sera accepté dans les prochaines années, étant donné l’intérêt du Ministère de l’environnement pour nos propositions innovantes, écologiques et alternatives quant aux approches standards de la décontamination.

Q :

J'en reviens aux marches vers le Champ des possibles et vous avise de notre désir d'une sortie vers le Champ le 21 août prochain, à 9h30....si la température est favorable ! Serez-vous des nôtres ?

R:

Avec grand plaisir !




10 août 2017


Parution en 2 parties dans les publications:
- Bulletin Le Mile-End
, septembre 2017, vol. 2, no 7.
- Bulletin Le Mile-End, octobre 2017, vol. 2, no 8.





Vidéo de présentation du projet Méristème au Jardin Métis du Jardin Botanique de Montréal:

vendredi 19 août 2016

En bref..."Comment j'ai vaincu la douleur et l'inflammation chronique par l'alimentation"

La publication intitulée "Comment j'ai vaincu la douleur et l'inflammation chronique par l'alimentation"  de Jacqueline Lagacé, Ph. D. (Éditions St-Martin - 2011)  fait la preuve d'un véritable pouvoir  de rémission sur les maladies articulaires pour peu que l'individu change son alimentation.   Il s'agit d'un défi de taille...un peu comme la conquête de l'alphabet d'une nouvelle langue puisque nécessité il y aura  de prendre une distance avec des choix établis pour refaire l'alphabet de la table et, dès lors,  favoriser la rémission de la  PR ou polyarthrite rhumatismale. Un livre convaincant à travers des données scientifiques et de terrain.

dimanche 6 décembre 2015

Mission accomplie!



J'ai voulu terminer la saison du verdissement 2015 par le dépôt de doléances et recommandations auprès des élus du Conseil d'arrondissement en ce qui concerne un lot d'arbres pris en charge par le  parrainage estival. Cette présentation s'est effectuée à la séance du 5 octobre dernier. J'étais accompagnée de quatre des marraines, à savoir par Antonine Franklin – Monique Rocheleau – Marina Rosario – Agathe Skelling.

Sur place, j'ai présenté la mise en contexte permettant au maire Luc Ferrandez et à ses conseillers, et de même au public, de cerner les limites de tout parrainage lorsque le déficit « santé » de l'arbre s'affiche toujours plus évident, et ce, malgré la veille exemplaire des personnes ressources.

Parallèlement à ce qui vient d'être signifié, le moment était propice pour introduire nos attentes en regard de l'été 2016, à savoir par rapport à l'augmentation des quantités livrables en végétaux et compost. Ce qui permettait de faire reconnaître nos attentes face à la distribution effectuée par l'organisme Rue publique. Car, il n'est pas anodin de ramener aux éléments livrés lorsqu'on fait référence à la qualité de l'apport pour le verdissement. Cela dit dans la perspective d'une interrelation entre sols et végétaux. Ce à quoi nous serons souvent ramenés en 2016 compte tenu que l'ONU vient de la décréter L'Année internationale des sols afin de sensibiliser la population à leur protection et de promouvoir leur gestion durable. 1

Dans la semaine ayant suivi notre visite au conseil d'arrondissement, Richard Ryan est venu faire un constat sur les lieux. Théoriquement, il pouvait admettre la nécessité d'une expertise sur l'arbre en déclin. Par contre, cette responsabilité s'avérant de notre pallier, il m'a suggéré d'intervenir par un appel téléphonique auprès des fonctionnaires responsables de l'ouverture d'une requête, laquelle englobe la mise en branle d'un processus d'investigation.

Nous pouvons maintenant dire « mission accomplie » puisque la saison « verdissement  et parrainage  2015» se termine dans la foulée de responsabilités menées à terme.

Et maintenant, malgré notre désir de conserver tous les arbres du territoire, il nous faudra s'en remettre au rapport officiel, lequel débouchera sur un diagnostic pouvant englober la recommandation d'une action radicale! A suivre!



1Le sol, cet incroyable réservoir d'êtres vivants – Lise Gobeille – Jardins – Le Devoir 11 octobre 2015.

mardi 30 juin 2015

En bref...autour de La tentation d'exister


Je viens de terminer La tentation d'exister d'Emile Cioran (Gallimard). L'extrême pessimisme de Cioran m'aura invitée à une distance de quelques mois avant de terminer ma lecture. J'en sors enrichie. Cette pause m'aura permis détente et recentrage du regard. Le vieillissement étant ce qu'il est, le propos sur la mort est une invite sur les lieux de nos hantises. Plus particulièrement en regard de ce chapitre intitulé La tentation d'exister. Certains critiques n'y auraient vu que formes de  protestation contre la lucidité sinon l'apologie pathétique du mensonge  encadré par un regard froid et sans concession alors que le propos ouvre sur l'instant de la hantise permettant « le passage » à l'existence. Sublime regard sur l'instant!


mardi 2 juin 2015

L'enracinement d'une vision écologique passe par les défis d'une relève!


La rencontre visant la répartition des responsabilités en regard du verdissement s'est tenue le mardi 12 mai. J'aurais souhaité qu'on y vienne en plus grand nombre...tout en devant admettre que la qualité des présences permettait d'ouvrir sur plusieurs volets de réflexion, notamment sur ce qui fait lien avec la cellule des participants et le projet verdissement de toute saison estivale.

J'ai profité de l'heure pour signaler ce besoin d'élargir la « cellule environnementale » laquelle, d'année en années, prend forme avec le marrainage/parrainage. Comme motif principal, j'ai mis en avant-plan le besoin de favoriser l'équilibre autour de tâches et défis, tout en favorisant le coude à coude pouvant engager vers la relève à travers l'esprit qu'on voudra bien donner à ce coude à coude.

Il faut aussi voir que ce territoire reste virtuellement ciblé par un vaste projet piloté par l'arrondissement. Je viens de faire référence à ce projet du parrainage des arbres mais aussi à ce projet de proximité,bien qu'encore à l'état latent et pourtant de notre voisinage immédiat, que sera la future ruelle Alma. Bien que sous la responsabilité de l'arrondissement, ces projets serviront l'«art de vivre» des habitants de la Résidence Mile-End. En attendant leur réalisation, une double démarche nous incombe puisque, d'année en années, nous renforçons les marqueurs de certaines appartenances.

Admettons que le parrainage des arbres se rattache autant au verdissement qu'à ce qui est conservation. Si on agrandit la lunette, le défi permet d'y associer poésie/écologie/science puisqu'il s'y trouve une volonté politique d'orienter la population vers des formes de dépistage. Un article récent du Journal Le Devoir représentait cette réalité liée à la participation citoyenne en regard de défis écologiques. En voici un court extrait : «On sait également que les fosses des arbres de rue sont bien trop petites pour permettre leur développement et que cette situation doit changer. Et je trouve important que notre vision de l'arbre passe d'une vision esthétique à une vision axée sur la biodiversité. »1

Je termine en rappelant à ce qui m'apparaît de prime importance pour notre évolution, à savoir l'«élargissement de la participation». Vos collaborations, sporadiques et/ou soutenues, seraient à même de faire apparaître les liens entre l'écologie et l'esthétisme par le verdissement tout en renvoyant à des tâches d'accompagnement dont peuvent avoir besoin les parrains-marraines.

A vous de jouer le jeu du coude à coude lors de moments précis! D'où mon appel à la vigilance pour plus d''accompagnement de la petite équipe « verdissement » d'une saison estivale !

1) Les arbres, les frênes et l'agrile (Lise Gobeille – Le Devoir – Jardins – p. D6 – 3 mai 2015)

samedi 4 avril 2015

L'éveil au verdissement et au renouvellement!



Même si le comité environnement n'est plus, avec la venue du printemps s'introduit l'éveil de la nature et, bien sûr, la remise en question de la participation des uns et des autres. Cela dit, en admettant que d'année en année, tout bénévolat mérite d'être repensé. Je me dois d'avouer mon propre questionnement quant aux transformations qui méritent de s'appliquer. Cela dit en admettant l'importance d'un questionnement, mais aussi de la mise en commun de nos interrogations en regard de défis acceptables.

Voilà pourquoi j'envisage une rencontre informelle, laquelle regrouperait autant les bénévoles du passé que ces nouveaux locataires désireux d'une implication concernant les défis environnementaux du prochain été. L'an passé, on a vu se former des équipes de deux et trois personnes pour une même zone de verdissement. Ce qui allégeait tout en orientant vers de beaux modèles de participation citoyenne.

Nous avons besoin de l'apport constructif des uns et des autres...pour l'établissement de profils renouvelant les défis de la belle saison.Sans la participation volontairement assumée en solo et/ou en équipe, le territoire de nos défis restera dans l'abandon!

Une rencontre de groupe pourrait vraisemblablement se tenir à partir de la semaine du 20 avril, voire un peu avant pour peu que l'arrondissement nous signale des échéanciers par rapport à la prise en charge des végétaux. La dynamique de la rencontre permettra une discussion ouverte concernant les défis de la cellule environnement pour l'été 2015 tout en ouvrant sur un partage favorisant la formation d'équipes.

Quant à la date...celle-ci vous sera signalée en temps et lieu sur les babillards sous le titre : «  Défis de verdissement de l'été 2015 – Rencontre en vue de former les équipes  ».





samedi 7 juin 2014

"Prise en charge des arbres du territoire immédiat - Été 2014"


La politique de l’arbre de la Ville de Montréal fait partie de nécessités  symboliques nous rapprochant de «  L’Homme qui plantait des arbres », et plus particulièrement des défis écologiques de l’heure.  Ainsi,  par les parrains-marraines pouvons nous contribuer  aux défis écologiques du territoire. Ce qui invite à une disponibilité, laquelle a des incidences sur la qualité de vie des uns et des autres.  Sans négliger le fait  que cette  participation  annuelle  vient ajouter à la fiche citoyenne des locataires de  la Résidence Mile-End. Annuellement, par l’engagement des   parrains-marraines,  notre établissement  renouvelle son engagement  pratique  face à l’écologie terrain. 

Le sociologue Edgar Morin, personnalité de réputation internationale,  a dit dans les Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur  (Édition Seuil – 2000) qu’il faut apprendre le renouvellement de trois choses, à savoir :   le civisme – les solidarités – les  responsabilités.

L’aide technique et/ou supervision  sera ponctuellement  assumée par Jeanne Gagnon – Robert Gagnon – membres cellule environnement.

Noms des marraines  pour les  arbres d’appartenance à l’arrondissement : (végétation fournie par l’arrondissement) :

Monique Rocheleau
Antonine Franklin (jumelage avec Hélène Pichette)
Michelyne Mailloux (jumelage avec Thérèse Falardeau)
Jeannette Richard  (jumelage avec Agathe Skelling))
Yolande Rajotte   (jumelage avec Louise Séguin)

Noms des  « pouces verts »  prenant en charge les arbres sur le terrain de la Résidence Mile-End  - rue Maguire -
Jeanne Gagnon – Carole  Richard – Liliane Fontaine  - Clarisse Julien -  Géraldine Bellerose.





vendredi 22 février 2002

Le discours humaniste et la fête des femmes

Publié dans Visions-Voisins (Vol 9, no 2 – 22 février 2002) 

La fibre humaine étant intimement liée aux passions et violences, l’individu harmonisera ou renforcera ce que la nature a légué.  Un certain discours sociologique voit l’évolution de l’humain dans un rapport de forces partagées entre Nature et Culture. [1]  A partir de cet énoncé, on pourrait penser que ce qui libèrera l’humain et l’humanité passera par le contrat social dont parlent Rousseau et Hobbes, sinon par une refonte de l’humanisme.  Cela dit en reconnaissant que ni la Nature, ni la Culture ne sauraient gérer l’évolution de l’humanité dans l’équilibre.

Tout récemment, j’ai vu un film où le comportement de l’héroïne se révélait représentatif d’une lutte Nature et Culture.  Bien qu’à l’échelle de quelques personnages, l’œuvre cinématographique permettait de penser l’humanité dans sa complexité.  Je fais référence au film intitulé Le pianiste, lequel nous plonge dans un milieu représentatif de l’élite culturelle. Le rôle titre est tenu par Isabelle Huppert.  Le personnage est intéressant par les faces cachées du déséquilibre et par les incidences et convergences s’imbriquant dans la violence.  Par son comportement, la femme fait du mal tout en se perdant dans la violence. Son rapport à l’autre passe par la violence.  A la toute fin, sans pour autant laisser deviner si elle sera la seule victime, le spectateur pressent que la pianiste a opté pour l’ultime violence.  L’œuvre ne permet pas un retour sur l’enfance de la pianiste.  Tout au plus sommes-nous confrontés à la mère et ses violences en soubresauts.  L’ambigüité du rapport mère-fille est de l’ordre d’un couple sadomasochiste aux polarités interchangeables.  Il se pourrait bien que le mal d’être de l’héroïne ait plus à voir avec la Culture qu’avec la Nature, mais ceci reste de l’ordre d’un diagnostic savant.

L climat du film est dérangeant, mais il a le mérite de faire comprendre les polarités de la personne, voire les polarités de l’humanité dans ses violences et croisements politiques.  Car, pour qui veut élargir à l’échelle planétaire, pour qui veut regarder les guerres du passé et jusqu’à celles déjà là, on peut reconnaître la force des polarités entre Nature et Culture.

Le discours humaniste s’est révélé nécessaire pour l’évolution de l’humanité tout en devant constamment évoluer.  Le discours féministe en fait partie, et c’est par cet humanisme renouvelé par le féminisme qu’il nous a été donné de voir les inégalités à travers le patriarcat, mais aussi les violences cachées, sinon niées, interférant entre nature et culture.  Plus récemment, la Marche mondiale des femmes ouvrait au renouveau de ce discours humaniste.

L’importance du 8 mars est de ramener au discours féministe tout en permettant de le faire évoluer à partir de la quête du sens d’un humanisme en évolution à travers hommes et femmes.  Car, depuis cette Marche mondiale des femmes, laquelle a permis un affinement des consciences politiques, des solidarités nouvelles permettent des jalons qui voudront refonder l’humanisme dans l’égalité.  Mais encore faut-il mettre les jalons et des mots sur ce qui peut refonder l’humanisme d’un troisième millénaire.





[1]  J’accuse la violence, Essai de Normande Vasil, Éditions JCL.