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dimanche 1 février 2015

Non à l'austérité!

Quatre locataires de la Résidence Mile-End ont participé à la marche contre l'austérité le 29 novembre 2014. Même si la photographie ne peut témoigner de la présence de la quatrième locataire, Monique Rocheleau, celle-ci était bel et bien sur les lieux à l'heure de la photographie, tout en s'adonnant à la distribution de tracts. Noms des trois locataires photographiéses Eliette Belliard – Jeanne Gagnon – Michelyne Mailloux.


Copie du texte publié sur Internet quelques heures après la marche

« J'étais de la foule des manifestants venus faire entendre leurs refus de l'austérité. Cette lutte citoyenne nous concerne à plus d'un titres. D'abord dans nos individualités respectives, mais aussi comme membres d'une société dont les valeurs menacent de basculer à travers la concentration du capital. Ce qui, depuis Engels, se nomme "lutte des classes, lutte que d'aucuns ont cru" terminée. i

Pour Jacques Grand'Maison et d'autres...la lutte des classes est restée d'actualité tout en s'inscrivant dans le temps à travers l'éducation et le rapprochement des superstructures. Ce qu'il traduit ainsi : « On ne pourra jamais si les culturels, les politiques, les socio-économiques, les mystiques s’enferment chacun dans leur sphère, si les militants ou les intervenants ne développent pas des pédagogies politiques plus pertinentes, si les agents de changements historiques n’ont pas de véritables pratiques sociales, mais uniquement des logiques idéologiques ou structurelles, des instruments critiques." ii

Ce que nous percevons du discours de la mondialisation est lié à cette volonté politique de briser les contraintes en renvoyant à « moins d'État ». Dès lors, ce langage fait lien avec le discours de la "lutte des classes et son extinction". iii Le collectif est d'avis qu' une telle réalité reste irréalisable tant et aussi longtemps que la société fonctionne sur le modèle sectorisation.

Et pourtant, nous sommes de ce monde en profonde mutation. Il est plausible de nous imaginer dans la foulée d'une lutte à finir à travers générations...tout en admettant que l'accélération de la robotisation du travail pourrait favoriser la fin de la lutte des classes. » Pourquoi la fin? Parce que les maïtres du capital prennent de plus en plus de pouvoir à travers technologies et mondialisation.

Nous sommes à une période qui voudra plus d'interventions branchées de la part de la masse citoyenne. « Nous sommes confrontés au passage de la civilisation de la modernité capitaliste politique à une autre civilisation » là où nous aurons à questionner un ensemble de faits, y incluant les formes de partages. iv

Ainsi peut-on admettre que l'heure de la mondialisation de l'économie ambitionnée par le socialisme nous confronte à l'évidence d'un fossé qui n'en finit plus de se creuser entre riches et pauvres.


i Un contrat social, Marc Brière, pp. 48-49
ii Une société en projet, Jacques Grand'Maison, p. 135
iii La lutte des classes et son extinction/Les enjeux de l'autonomie – Ed. La pensée sauvage, p. 55 – Collectif – Grenoble 1984
ivManifeste pour l'humanité – J.G Lacroix & J.A. Mascotto – Lanctôt éditeur – 2000.

samedi 3 janvier 2015

En bref...mes voeux pour l'année 2015!

Mes voeux de Bonne Année 2015! Je croise les doigts pour que la nouvelle année favorise les débats de société.  J'ouvre cette nouvelle année par une lecture invitant à "Constituer le Québec" de Roméo Bouchard.  Déjà la préface de Gabriel Nadeau-Dubois nous laisse voir l'ampleur des transformations que veut la démocratie.  Des changements qui devront introduire par delà l'institutionnel et l'économie pour se faire  culturels. Individuellement et collectivement...nous sommes responsables de l'avenir du Québec!


dimanche 30 novembre 2014

En bref...Manifestation anti austérité


Hier, 29 novembre,  j'étais de la foule des manifestants venus faire entendre leurs refus de l'austérité. Cette lutte citoyenne nous concerne à plus d'un titres. D'abord dans nos individualités respectives, mais aussi comme membres d'une société dont les valeurs menacent de basculer à travers la concentration du capital. Ce qui, depuis Engels, se nomme lutte des classes, lutte que d'aucuns ont cru terminée.(Un contrat social – Marc Brière – pp. 48-49).

Pour Jacques Grand'Maison et d'autre...la lutte des classes est restée d'actualité tout en s'inscrivant dans le temps à travers l'éducation et le rapprochement des superstructures. Ce qu'il traduit ainsi : « On ne pourra jamais si les culturels, les politiques, les socio-économiques, les mystiques s’enferment chacun dans leur sphère, si les militants ou les intervenants ne développent pas des pédagogies politiques plus pertinentes, si les agents de changements historiques n’ont pas de véritables pratiques sociales, mais uniquement des logiques idéologiques ou structurelles, des instruments critiques. (page 135 – Une société en projet – Leméac – Grand'Maison).

Ce que nous percevons du discours de la mondialisation est lié à cette volonté politique de briser les contraintes en renvoyant à « moins d'État ». Dès lors, ce langage fait lien avec le discours de la lutte des classes et son extinction. (page 55). - Les enjeux de l'autonomie Éditions : La pensée sauvage – Grenoble – 1984. Le collectif est d'avis qu' une telle réalité reste irréalisable tant et aussi longtemps que la société fonctionne sur le modèle sectorisation.

Et pourtant, nous sommes de ce monde en profonde mutation. Il est plausible de nous imaginer dans la foulée d'une lutte à finir à travers générations...tout en admettant que l'accélération de la robotisation du travail pourrait favoriser la fin de la lutte des classes.


dimanche 3 novembre 2013

Qualité de vie et zonage du territoire



Malgré la transition que vit le comité environnement, une rencontre formelle s’est tenue lors du deuxième mardi d’octobre.   L’ordre du jour présentait  trois volets liés à la pollution sonore.

Les volets 1 et 2  ramenaient à  l’ensemble de la problématique à travers la délinquance et le nouveau zonage.  De fait, nous avons appris par les médias qu’un zonage mixte et vertical fera intervenir de nouvelles facettes de pouvoir,  tant pour les propriétaires de ces mégastructures que pour le pouvoir politique.  L’enjeu est capital par rapport à la qualité de vie du territoire. 

Cette rencontre élargie nous a permis de bien cerner les facettes de la délinquance sur de Gaspé.   Ce qui permet la préparation d’une démarche dite de  « bonne entente » auprès du propriétaire de la mégastructure voisine, et par une approche bien calibrée,  le saisir de la vie nocturne  des derniers mois.

Le volet 3 se voulait dédié  à la présentation du sondage sur la pollution sonore effectué par l’équipe du  Dr Leroux de l’Université de Montréal.  Une contrainte d’agenda l’a empêché d’être parmi nous.  Nous anticipons ladite présentation pour novembre.

Dans le feu des échanges sur les  différents volets de la pollution sonore, on convient de la nécessité de maintenir la visibilité politique du dossier.  De ce fait,  on veut profiter des élections municipales pour signaler nos attentes aux futurs élus.  Comme ils doivent nous visiter prochainement,   on opte pour la stratégie de trois questions à soumettre à chacun des partis.   Ce qui permettra  à l’ensemble des locataires d’afficher des préoccupations et attentes communes  en regard de la qualité de vie du territoire, tout en sondant de près le penchant des politiciens face à l’évolution  d’un milieu de vie à cheval entre la zone résidentielle et industrielle.

samedi 29 août 2009

Les forums sociaux et la démocratie participative

Nous sommes à l’heure où la démocratie participative oriente par-delà les élections périodiques qui, à ce jour, s’avéraient modèle phare d’une société démocratique. Cela dit en admettant que la démocratie participative devient dynamique incontournable, sans pour autant viser à l’abolition du processus électoral. La dernière décennie nous oblige à reconnaître l’influence des forums sociaux sur les démocraties d’avenir.

Le premier forum social tire son origine d’une mobilisation citoyenne vécue à Porto Alegre (Brésil) en 2001. Depuis lors, il y eut éclatement de la participation citoyenne par la multiplication de ces «espaces ouverts et inclusifs». Incidemment, le Québec vivra son deuxième Forum social en octobre. Des espaces de rencontres sont organisées de façon à «contribuer à un projet collectif de justice sociale et de solidarité». (www.fsq2009.org).

D’un forum social à l’autre, il importe de se reconnaître dans une vision politique inter-générative citoyenne. De la sorte, nous travaillons sur des axes favorisant le vivre ensemble à travers générations, mais aussi les structures liées à ce qui est : vieillissement et créativité, vieillissement et qualité de vie, vieillissement et sécurité! Vieillissement et humanisme d’une démocratie d’avenir!

Selon Edgar Morin, la régénération démocratique voudra la régénération du civisme, la régénération du civisme supposant la régénération de la solidarité et de la responsabilité.[1]
A nous de garder le cap sur les valeurs d’une démocratie participative qui tient la pensée bien campée sur des objectifs choisis dans la solidarité!


[1] Morin, Edgar, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, p. 127.
________________________________ 

Publié dans le Bulletin L’Arc-en-Ciel, vol. 2, no 7, sept.-oct. 2009.


jeudi 23 août 2007

Mémoire pour le Forum Social Québécois

Je suis à l’origine de la mise sur pied d’une lutte pour la visibilité de violences en logements. Violences qui n’ont rien à voir avec les querelles de couples ou de voisinages, puisque violences perverses émanant d’un voisinage qui ne veut en rien l’approche favorisant le «vivre ensemble». Violences perverses voulant l’aliénation d’une victime confrontée aux violences radicales débouchant sur l’expulsion. Cette lutte voulait la solidarité des victimes, la solidarité des féministes, l’établissement d’une nouvelle jurisprudence, et la mise sous le désamorçage des violences par une mise sous les projecteurs.

Finalement, au départ lutte visant les victimes du logement privé, je serai amenée à prendre en compte les violences des logements sociaux. Cela même si les rapports de forces sont d’un autre ordre tout en demeurant violences envers des femmes seules démunies et sans recours.

Ma lutte restait une vision politique long terme. Une vision qui ne pourra se réalisée faute de solidarité des victimes, mais aussi par leur manque de discipline, par l’individualisme d’une lutte qui aura trop voulu trop embrasser. L’ultime but supposait une publication collective et un vidéo, et de même la solidarité de la Fédération des Femmes Québécoises. Cette vision englobante est restée non-lieu.
C’est pourquoi à l’automne 2006 j’optai pour une dernière démarche politisée. Ce qui demandait de préparer l’atelier à une participation au Forum social du Québec. Pour l’élargissement de la participation citoyenne, en juin dernier j’adressais une invitation à la Fédération des locataires d’Habitations à Loyer Modique du Québec (F.L.H.L.M.) et à l’O.M.H. Le courriel de l’administrateur Robert Pilon me donnait réponse négative le 13 juillet tout en m’informant d’un récent Congrès débouchant sur des recommandations de décentralisation des pouvoirs et d’instauration de mécanismes de préventions des violences envers femmes-enfants-aînés (Article 5, page 13 du Cahier du congrès de la F.L.H.L.M. du Québec, http://www.habitation.gouv.qc.ca/). Les recommandations renvoient à l’urgence d’agir du milieu.
De façon explicite, l’atelier du Forum introduira l’assistance à cette lutte qui m’a fait tenir compte de violences en logements privés et sociaux, tout en restant dans la volonté de recommandations distinctes. L’introduction ouvrit brièvement sur des profils atypiques et moins connus en logements privés, à savoir sur des pratiques mettant en compte l’utilisation de fusils électriques,...

Les recommandations furent déposées lors du grand rassemblement citoyen et mouvements sociaux de l’assemblée de clôture. Elles sont maintenant des mémoires du Premier Forum Social Québécois (http://www.forumsocialquebec.org/). Parallèlement, je les ai adressées à la Présidente de la Régie du Logement, à la F.L.H.L.M., à l’O.M.H., et à la Présidente de la Fédération des Femmes du Québec.

Je reconnais dans cette dernière participation citoyenne de l’atelier «Éthique de l’habitat», un legs porteur d’espoir puisque cédant des recommandations émanant d’un travail collectif en vue de favoriser la non-violence et le «vivre ensemble» par l’éducation.

Si l’éducation est incontournable comme plate-forme capable de projeter des messages porteurs de sens pour la non-violence, il reste qu’on devra favoriser la participation citoyenne et jusqu’aux alliances pouvant mener sous les projecteurs les violences en logements qui sont le fait d’individus pervers voulant l’expulsion d’une victime sans recours.

Car, tout comme pour les viols et violences conjugales, il existe des types de violences dont le seul recours passe par la mise sous les projecteurs par le féminisme. Ce qui peut servir les victimes et le bien commun!


Mémoire réalisé dans le cadre de l'animation d'un atelier au Forum Social Québécois de 2007.

mardi 14 septembre 2004

Prostitution et «entrepreneurship»

Selon l'adage des temps, la mondialisation inviterait à l'intégration de tous les marchés générateurs de capitaux. Certains pays ont devancé la mondialisation pour l'intégration de l'industrie du sexe dans le PNB, quand d'autres se sont dotés de barrières susceptibles de décourager les marchés à travers l'offre et la demande, et de même filtrer l'immigration.

Ici au Québec, et à l'heure virtuelle de la mondialisation, les travailleuses du sexe ne revendiquent rien quant au PNB, tout en œuvrant en collectif dans le but de faire connaître leurs attentes. D'ailleurs, entre 2001 et 2002, la Fédération des Femmes du Québec (F.F.Q.) s'est penchée sur les droits (sécurité et santé) lors d'une assemblée générale spéciale. Cette rencontre prenait le relais d'un sondage en régions.

Les valeurs touchant la prostitution font intervenir le travail, les violences, les rapports structurels à travers la législation du travail. Le discours des travailleuses du sexe était, et demeure, discours branché sur le local à travers la volonté politique d'une reconnaissance du travail du sexe. Dans l'orbe de cette reconnaissance viennent en compte les droits (sécurité/santé). C'est à ce carrefour qu'interfère le rapport au structurel (Normes du Travail/ CSST) et aux valeurs d'une société à travers le travail.

La dynamique de l'Assemblée Générale aura confronté travailleuses du sexe et intervenantes de milieux communautaires regroupées sous le chapiteau de la F.F.Q. Par absence de vulgarisation, le parterre féministe est resté muet... ou presque! Tout comme moi, de nombreuses femmes ont dû s'interroger sur l'appartenance d'un tel débat à la F.F.Q., eu égard à la gravité des enjeux.

Les marchés du sexe et le P.N.B.

Lorsqu'on aborde le P.N.B. avec des organismes comme Stella, organisme-pilote des revendications des travailleuses du sexe, on constate la vision individualiste des travailleuses, à savoir une vision déconnectée de toute déclaration du revenu, voire de toute relation avec l'industrie du sexe et ses revenus, à plus forte raison le P.N.B.

jeudi 17 janvier 2002

L’émancipation et la longue marche vers l’égalité

Depuis les événements du 11 septembre 2001, il m’a semblé redécouvrir la vérité cachée d’un adage voulant que «Nul humain ne se sauve sans sauver tous les hommes». Sans pouvoir remonter aux origines de la maxime, chaque fois qu’elle était énoncée ou ramenée à mon esprit, j’y voyais un idéal spirituel. Il m’aura fallu la catastrophe de l’automne 2001 pour comprendre que l’adage n’est en rien spirituel mais réaliste et porteur de la vérité du destin humain.

Voilà pourquoi Hobbes a pensé que : «chacun voulant sa sécurité, il faut un pouvoir fort qui empêche l’homme d’être un loup pour l’homme».[1] A sa façon, Hobbes ramenait à la concertation autour du sens commun, c’est-à-dire autour d’un bien général profitable à toute la communauté humaine. D’ailleurs, il m’apparaît que le mythe originel de la concertation pourrait se rattacher à l’Homme des cavernes.

Il est reconnu que l’ordre n’est pas naturel et c’est Rousseau qui le dit. Il s’agit néanmoins d’un droit sacré fondé sur des conventions.[2] L’humanité a évolué à travers les violences tout en revenant à l’ordre par l’organisation sociale. La science a contribué à l’ordre, mais avec le temps, elle confronte à des points de non-retour. Bref, certains choix humains peuvent jouer contre l’évolution de l’humanité, puisque nous sommes arrivés à un stade où l’outil peut exterminer l’homme. Avec certains philosophes, on admettra que ce n’est pas la science qui est le danger mais l’humain dans sa fragilité. Nayla Farouki ajoute ce qui suit : «l’humain est un être faillible et fragile. Il oscille toujours entre le bien et le mal. (…) Et là où l’humain devient dangereux, c’est lorsqu’il est en possession d’un outil qu’il peut utiliser contre les autres comme une arme. Or la science donne cette puissance.[3]

Malgré la morosité, les festivités de fins d’année sont venues. Il nous a fallu passer aux souhaits, croire aux hommes de bonne volonté, s’animer de la vertu d’espérance d’un ordre nouveau alors qu’il ne s’annonce nulle part.[4]  Pour Zaki Laidi le monde est train de vivre la crise politique de la mondialisation, crise que le drame du 11 septembre vient cristalliser. Selon lui, ne serait-ce que par rapport à l’ordre du monde, la crise politique intensifiée par le drame de l’automne 2001 nous obligera à une relecture de la mondialisation.

En ce début d’année, malgré la morosité qui règne, j’ai pensé faire ce qui m’était coutumier, à savoir renouer avec les parents et amis, offrir des vœux, répondre aux vœux, discuter de mes défis et de ceux qui manquent à l’ordre du monde.

Au fil des lectures, on remarque qu’il se trouve des hommes et des femmes de grande vaillance au sein des communautés humaines…malgré les violences. Ces personnes ont le mérite de leur foi. Il ne s’agit pas d’y voir du religieux mais plutôt la fermeté d’un humain qui a foi dans l’acte ou prolongement d’une pensée pouvant refaire l’ordre à travers le réel immédiat. Ainsi ai-je trouvé cette parole de défis résolus et orientés vers un engagement radical (…) afin de dépasser l’absurde tout en cherchant le sens»[5]

Pour ma part, je continuerai à faire avancer les projets antiviolences. Au cours de l’année, je serai particulièrement dédiée à l’évolution d’une publication collective sur les violences en logements. Pour l’instant, il s’agit d’ouvrir à la préparation de cette publication, laquelle s’articulera autour d’un récit personnalisé par toute victime. Chaque récit servira de matière à l’élaboration d’une réflexion politique imageant le vide juridique et déstabilisateur de la liberté quand il y a rapport de forces par les violences.

La réflexion politique englobera les modèles sociaux, à savoir les modèles d’autonomie que sous-tend l’évolution des femmes à travers plus de vingt-cinq ans de féminisme. On verra que malgré les modèles d’émancipation vers l’autonomie, la violence demeure un problème pour la cité démocratique. Car, l’émancipation de la femme est fortement menacée de déstabilisation par de nouveaux rapports de forces. Il s’agit de violences multiformes n’ayant aucun lien avec un mari ou ex-mari, ni avec l’amant ou l’ex-amant, mais bien d’une violence pratiquée dans une visée de domination sur la victime. La violation du territoire s’exerce sous divers modèles. Ces violences (psychologiques-physiques-économiques) visent l’expulsion. Cette publication collective permettra également d’ouvrir sur les profils agresseurs-agressions-outils tout en faisant les liens avec le Code civil.

Il sera largement question des technologies. A ce jour, peu d’information circule sur le sujet. Et pourtant, on constate par les journaux que des civils utilisent les armes légères. [6]  Il en est de même pour les policiers qui, dans l’exercice de leurs fonctions, vont terrasser des civils avec les armes légères sans que les journaux ne traitent le sujet autrement que comme matière à information.[7] En résumé, la vulgarisation auprès du grand public est inexistante.

Afficher la violence tout en s’affirmant :
Indubitablement, toute publication est l’affirmation d’une identité. La publication sur les violences en logements s’avère affirmation de l’identité citoyenne tout en étant une volonté politique autour de l’égalité citoyenne.

Par contre, le rapprochement avec le féminisme politique est de l’ordre d’ une intention qui va plus loin. Cela dit en tenant compte que la cité, tant pour l’ordre social que pour la concertation, a besoin du porte-voix du féminisme. En s’arrimant sur le porte-voix du féminisme, le collectif arrive à rejoindre la majorité des femmes. Ce qui permet d’amener la vérité de l’adage dans ce qu’il a de profonde vérité, à savoir que l’humain ne saurait se sauver seul.  Le dépassement de la violence ne veut pas la fuite. Quand bien même tous les civils de New York quitteraient la ville…ils n’auraient rien résolu du problème. Quant aux violences en logements, la femme qui accepte l’expulsion en croyant trouver la paix dans un autre quartier ne fait que différer le problème. Dans l’un et l’autre cas, il y s’y trouve le repli dans l’individualisme, alors que la concertation permet de fonder le bien commun. Ce que représente bien l’adage si je le transpose comme suit : «Nulle femme ne saurait se sauver sans sauver toutes les femmes» .

Depuis le début, j’ai reconnu dans ce combat qui fut le mien , celui de toutes les femmes. Voilà pourquoi l’évolution normale est que le porte-voix du féminisme favorise la concertation pour l’égalité citoyenne. A ce moment, le dossier devient politique et dans le prisme d’autres valeurs, là où la cité démocratique prépare l’ordre du monde et l’égalité des hommes et des femmes.


Copies conformes envoyées à: 
Présidente de la Fédération des femmes du Québec, Ministre de la Justice du Québec, Ministre de la Justice du Canada et Présidente de la Régie du logement.


[1] ROUSSEAU, Jean-Jacques, Le contrat social, p. 17.
[2] Op.cit., p. 41.
[3] FAROUKI, Nayla, «Qui a peur de la science? C’est de l’homme dont il faut se méfier», Le Devoir, 24 déc. 2001.
[4] LAIDI, Zaki, «Le nouvel équilibre mondial espéré n’émergera pas des ruines du 11 septembre», Le Devoir, 4 janvier 2002.
[5] GIGUERE, Joseph, «Souhaits pour 2002 : que l’humanité devienne une grande famille», Le Devoir, 7 janvier 2002.
[6] «Lettre ouverte à la Ministre de la Justice du Canada», Visions Voisins, vol. 8, no 3, 30 avril 2001.
[7] «La Ville trouve finalement son prétexte», Le Devoir, 4 octobre 2001.


Publié dans Visions Voisins, vol. 9, no 1, 1 février 2002.

dimanche 14 octobre 2001

Le Travail équitable…voudra l’équité!

Tout le monde sait que l’État s’est laissé séduire par le néolibéralisme. Voilà pourquoi les sociétés vivent des transformations majeures quant au monde du travail. Voilà pourquoi le syndicalisme planétaire cherche à créer des plates-formes qui permettront aux travailleurs-travailleuses d’être entendus. Ainsi apprenait-on tout récemment que le Bureau international du Travail (BIT) et son Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) avait organisé un symposium du 24 au 28 septembre à Genève. De telles activités favorisent l’étude de moyens pouvant renforcer la participation des travailleurs-travailleuses au système des Nations Unies. De même, l’influence du mouvement ouvrier sur les institutions, tels la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI).[1] Dans la foulée de transformations pouvant favoriser l’équilibre, il s’agit d’une voie prometteuse. De fait, il faudra que l’évolution du syndicalisme international conduise vers des renforcements de l’interaction syndicale. Cela dit sans oublier l’éducation permanente d’une base qui ne pourra que se transformer à l’égal de la société pluraliste québécoise, mais aussi à l’égal des mutations que voudront les associations de salariés de l’avenir.[2]

A tous les échelons de la société, l’individu se doit de reconnaître sa double appartenance, à savoir reconnaissance du statut de citoyen, reconnaissance du statut de travailleur-travailleuse. Le syndicalisme en est le prolongement. Double appartenance qui ne va pas nécessairement à l’encontre des marchés et de l’État, mais qui vise initialement l’avancement de valeurs humanistes et dont le travail fait partie. Évidemment, l’État et le syndicalisme vivent des affrontements. Nul doute qu’affrontements et débats participent à l’évolution d’une démocratie. Par ailleurs, la conscience citoyenne s’enrichit à partir de choix individuels et collectifs.

Le drame du 11 septembre 2001 aura démontré nos liens quant aux enjeux politiques, là où interféraient souffrances, joies et récupération par le politique. On pourrait amener différents exemples, mais je ne mentionnerai que ce qui touche à la déstabilisation du travail. Ainsi, quelques jours après le conflit, des milliers de travailleurs furent mis à pied. Nous savons que la catastrophe aura permis d’accélérer des intentions toutes politiques liées à l’aéronautique. Ce qui semble coïncidence ne l’est pas. Les faits démontrent qu’une crise peut servir à la récupération sur plusieurs versants.

Revenons maintenant au quotidien du travail en dehors des marchés de l’aéronautique. La fragilité du travail fait partie de nos vies. La crise du monde du travail est amorcée depuis longtemps. Nous devons savoir et voir que la manipulation du stress sert le pouvoir politique. Le patronat est dans l’orbe des puissances politiques. Indéniablement, précarité et instabilité du marché du travail donne peu de marge de manœuvre aux syndicats mais beaucoup de pouvoir au patronat.

Ce que nous vivons à travers les transformations et reconfigurations des postes de travail, un peu partout à travers les sociétés industrielles et simultanément au sein de la fonction publique québécoise, est de l’ordre de bouleversements qui ont des incidences sur le virtuel et le futur de nos vies. On ne saurait voir les mutations du travail comme le drame de la précarité à transformer par un coup de baguette sur la politique économique de l’exportation.

La précarité nous est devenue plus perceptible depuis l’attaque terroriste du 11 septembre dernier, car nous avons subi un électrochoc politique. Depuis, tous les neurones de la conscience sont alertés. La conscience a franchi des ponts dont nous ne mesurons pas encore le décloisonnement. Ce qui pourrait nous obliger à repenser nos liens virtuels avec l’État démocratique et le développement d’infrastructures touchant les politiques de l’économie. Cela dit, en tenant compte que nous sommes arrivés au sein du village global pour y rester tout comme il demeure impensable de repenser le travail en faisant fi des technologies.

Par contre, nous savons que crise et mutations ne peuvent faire oublier la nécessité d’échanger. Voilà pourquoi le syndicalisme, et ce à partir de la FTQ, a raison d’exiger une mise au point à l’intérieur d’un Sommet qui réunirait les dirigeants politiques des différentes provinces. [3] Il faut que le lien entre l’État et le syndicalisme permette d’ouvrir à des perspectives où la société se donne des buts et jalons.

Entre temps, la fonction publique continue de vivre les mutations et reconfiguration de postes. Il pourrait en découler des valeurs justes et signes des temps, tout comme de l’injustice et inadéquation avec la réalité. Je parle de quantité de postes, mais tout particulièrement des postes du secrétariat. Déjà, de par son histoire, le secrétariat aura été méconnu quant aux responsabilités assumées. Ce qui peut devenir valeurs par les mutations de postes est lié au décloisonnement entre professionnels et secrétariat, mais plus encore à la responsabilisation du poste. Bref, la secrétaire dépendra moins d’un professionnel que de buts dont elle aura à répondre à travers un échéancier. Ce qui viendra interférer dans l’évaluation annuelle du grand gestionnaire.

Toujours dans la perspective des mutations, ce qui perdure en injustice est lié au refus de reconnaître les valeurs de tâches qui, de la table de travail d’un professionnel, ont abouti sur la table de travail du secrétariat. Ce qui confronte à l’alourdissement et au traquenard sans bénéfice moral ou salarial. Bref, le secrétariat continue de vivre l’inéquité morale et salariale.

A mon sens, la mutation et la reconfiguration des postes de travail au sein de la fonction publique favoriseront la productivité seulement si l’équité vient en compte. Il faudrait tout d’abord se doter d’une plate-forme susceptible d’éradiquer le jugement réducteur de petits fonctionnaires aux préjugés tenaces quant aux personnes et postes.


[1] L’Itinérant électronique, 27 septembre 2001.
[2] BRUNELLE, Christian, « Les défis du syndicalisme à l’heure des chartes », Le Devoir, 4 septembre 2001.
[3] Le Devoir, 12 octobre 2001.


Publié dans Visions Voisins, vol. 8, no 8, 30 octobre 2001

mercredi 1 mai 1996

Nouvelle culture du travail et convivialité

Pouvons-nous penser qu'il y aura chevauchement, sinon dichotomie de valeurs entre l'emploi et le travail des sociétés du prochain millénaire? Pouvons-nous imaginer que le travail et l'emploi ne pourront que devenir distincts? Pouvons-nous d'ores et déjà prédire que le travail, plus que l'emploi, favorisera l'évolution d'une civilisation humaniste? Ce sont là des questions fondamentales auxquelles nous devons nous attarder.

Le texte de Madame Claudette Carbonneau, vice-présidente de la CSN, publié dans les pages du Devoir sous le titre: «L'emploi, source première de solidarité sociale»[1] s'avérait dans la vision restreinte de l'emploi. Le titre en soi provoquait au grand dilemme de cette fin de millénaire: l'émancipation de la classe ouvrière passera-t-elle par le travail ou par la disparition de l'emploi?

Nous sommes arrivés au carrefour où le travail et l'emploi vont provoquer, sinon faire éclater les ambiguïtés reliées aux valeurs. Nos choix portent les conséquences d'un renouvellement où s'inscrit le portrait des déchirures. Tant pour la personne que pour la société. Des choix qui seront de l'ordre des stratégies dans le rapport entre travailleurs/travailleuses et syndicats, entre forces syndicales et patronales, entre les structures d'entreprises face aux mutants de la nouvelle civilisation. Car là se joue un nouveau langage. Langage éthique et de responsabilité. Là où l'individu prend conscience de son lien à la responsabilité personnelle et collective. De ces nouveaux rapports surgiront les pontonniers. Par-delà l'ombre des pontonniers, une nouvelle civilisation du travail, encore informe, porte ses mutants dans l'isolement. Ils sortiront de l'ombre à partir du support des structures.

Les nouvelles conventions sont encore à écrire mais la démocratie pourra obliger à des luttes pour que le dessein prenne corps. Sinon, on continuera d'avancer dans le doute et l'obscurité. Même en perte de ses mémoires du passé. Jusqu'à faire douter de la Science, de l'Art, des Guerres d'un passé humain. L'Argent prenant toute la place, la pensée sera tétanisée et l'héritage forclos.