L'idée d'émancipation vient s'afficher planétairement à travers le hidjab et Les Jeux olympiques de Londres. Disons qu'il s'agit ici d'une fausse représentation de l'émancipation.
Daniel Baril nous en fait la démonstration à travers ce lien biaisé mettant en compte l'émancipation des femmes, et ce, du seul fait qu'il y ait eu acceptation du port du hidjab par une femme athlète saoudienne par le Comité olympique. (Voir: Hidjab olympique: vous avez dit "émancipation"? - page A-9 - Le Devoir du 20 août 2012).
En allant au coeur des valeurs émancipatrices, et ce, tout en rappelant aux dépendances qui continuent et continueront de s'afficher pour cette femme athlète et pour l'ensemble des femmes de sa communauté, Daniel Baril vient exposer les vérités de l'émancipation!
Et pourtant, il s'agit de reconnaître un jalon politique inquiétant du fait qu'on est venu infléchir les organisations sportives internationales à travers l'imposition de conditions mettant en compte des valeurs religieuses, là où les lois de la Charte olympique veulent la promotion des femmes dans le sport (...) et l'égalité entre hommes et femmes, tout en manifestant la ferme intention d'une résistance (chapitre 4 - 27.6) aux pressions politiques, juridiques, religieuses ou économiques pouvant intervenir et empêcher les individus de se conformer à la Charte olympique".
D'où l'idée de fausse "émancipation" pour l'auteur de l'article. Mais il va plus loins encore en nous faisant voir le recoupement d'un miroir symbolique, celui d'une avancée pour l'islam politique, là où parallèlement, nous ne pouvons que reconnaître l'émoussement des valeurs républicaines et universalistes, ces valeurs vers lesquelles doivent tendre les Jeux.
Est-ce à dire que les nouvelles guerres de religions passeront désormais par les Jeux olympiques? Une chose est certaine, l'émancipation du sujet doit ramener à l'émancipation de toutes les femmes, eu égard à ce que dit France Théoret de l'action publique lorsqu'elle écrit: "une action publique homologuée à la politique puisque la collectivité des femmes excède ce que je suis". (citation intégrée au texte suivant: - Le voile et l'absence de courage du leadership féministe - Publication Revue Entre'Autres - Mai-juin 2009).
lundi 20 août 2012
dimanche 19 août 2012
En bref...Je compte voter pour Pauline Marois!
Je compte voter pour Pauline Marois! Le parti m'a souvent déçue, mais il a le mérite de s'afficher dans la transparence concernant un projet ferme qui, pour moi, est de grande importance. Je fais référence à la Charte de la laicité et par ricochet aux valeurs citoyennes rassembleuses.
Certes, la feuille de route du PQ met en compte une crédibilité quant à la gouvernance. J'y voir un plus à travers l'arrivée au pouvoir d'une femme ayant fait ses classes au sein du PQ. De fait, on peut imaginer une nouvelle approche politique...ce qui pourrait impliquer "gouverner autrement" jusqu'à nous surprendre!
La société québécoise a besoin de revoir ses balises à plus d'un égards. Évidemment le mondialisme est concerné, mais tout autant l'approche citoyenne des droits à travers une société en mutation par l'immigration. Tout cela doit passer par un débat de société dans l'optique dont parle Michel Onfray, à savoir une éthique citoyenne post-chrétienne. Je n'ai jamais si bien mesuré l'importance du projet de Charte de la laicité qu'après la lecture du Traité d'athéologie d'Onfray.
En 2009, j'ai choisi de prendre mes distances avec Québec Solidaire du fait d'une laicité abandonnée aux "accommodements". (voir mes lettres de protestation et de démission sur ce blogue - 2 octobre et 22 novembre 2009 - Bibliographie).
La période des élections ramène le propos de la laicité dans la mire politique. Certains appuis intervenus en faveur de la laicité ouverte prônée par QS viennent, à mon sens, faire la démonstration d'une "laicité" semant la division. Cela dit en tenant compte de l'éthique véritablement citoyenne dont parle Michel Onfray.
Certes, la feuille de route du PQ met en compte une crédibilité quant à la gouvernance. J'y voir un plus à travers l'arrivée au pouvoir d'une femme ayant fait ses classes au sein du PQ. De fait, on peut imaginer une nouvelle approche politique...ce qui pourrait impliquer "gouverner autrement" jusqu'à nous surprendre!
La société québécoise a besoin de revoir ses balises à plus d'un égards. Évidemment le mondialisme est concerné, mais tout autant l'approche citoyenne des droits à travers une société en mutation par l'immigration. Tout cela doit passer par un débat de société dans l'optique dont parle Michel Onfray, à savoir une éthique citoyenne post-chrétienne. Je n'ai jamais si bien mesuré l'importance du projet de Charte de la laicité qu'après la lecture du Traité d'athéologie d'Onfray.
En 2009, j'ai choisi de prendre mes distances avec Québec Solidaire du fait d'une laicité abandonnée aux "accommodements". (voir mes lettres de protestation et de démission sur ce blogue - 2 octobre et 22 novembre 2009 - Bibliographie).
La période des élections ramène le propos de la laicité dans la mire politique. Certains appuis intervenus en faveur de la laicité ouverte prônée par QS viennent, à mon sens, faire la démonstration d'une "laicité" semant la division. Cela dit en tenant compte de l'éthique véritablement citoyenne dont parle Michel Onfray.
samedi 14 juillet 2012
Dossier ENVIRONNEMENT "Adopter un arbre"
Extrait Bulletin L’Arc-en-ciel (Volume 5 – numéro 6 – Juillet-Août 2012)
Quand Ecoquartier m’a abordée en vue de la mise en branle du programme « Adoptez un arbre », j’ai d’abord voulu faire l’évaluation du rapport « théorie et pratique ». En discutant avec Xavier Lafortune, j’ai compris que les attentes s’avéraient réalistes.
J’ai toujours ressenti de fortes affinités avec les arbres. Je les vois comme force et vulnérabilité de la nature, là où l’humain peut se reconnaître d’emblée. Ce dont je rends compte dans un poème intitulé HYMNE À LA NATURE (Extrait de Clair-Obscur - Jeanne Gagnon Page 57 – Éditions Emile-Nelligan (1981).
Arbre ô mon ami
Tes rides sont belles
Et ajoutent à ta majesté
Ton âge est ta gloire
Ta jeunesse assumée
Tu es passé dans cette plénitude
Que transcendent les rides
Tu es au-delà du temps
Au-delà des esthétismes
Tu nous donnes l’exemple de la paix
De celui qui fut
Dans l’absolu de chaque instant
Tu es un magnificat
Chaque saison te fait autre
Et pourtant, tout aussi majestueux
Que ce soit dans la tristesse de feuilles qui chancellent
Ou dans cette nudité d’un pâle jour d’hiver
Force, appel, vie
Se dégagent de toi
Ce silence apparent
Que traduit le dépouillement
N’est que plus éloquent
Que plus révélateur
De cette vie intérieure
Jaillissante de chacun de tes pores
Et qui nous fait vibrer
A ta seule contemplation
Dès la présentation du projet par Xavier Lafortune, il y eut engouement palpable, voire sentiment d’un enrichissement à différents degrés. (…).
Merci à Xavier Lafortune et à Diane Boyer d’Ecoquartier pour le soutien remarquable qui nous a été donné.
Questions à Diane Boyer d’Ecoquartier :
1. Comment Éco-quartier du Plateau voit-il la volonté des autorités à travers le projet Adopter un carré d’arbre?
- Ce projet de verdissement nous permet d’initier les résidants du Plateau à l’horticulture. Une fois initié(e), un(e) citoyen(ne) peut réaliser d’autres projets, tels un potager, une ruelle verte, un jardin collectif… Résultat : de plus en plus de corridors verts tapissent l’arrondissement! Ceci répond aux objectifs de nos élus.
2. Pour un organisme comme Éco-quartier, est-ce que le fait de travailler avec des institutions (exemple : Ecoles – Résidence Mile-End etc.) devient multiplicateur de résultats?
- Définitivement!
3. Partant du principe que tout parrainage fait lien avec la saison, on doit admettre qu’il y a obligation de réorganiser le parrainage d’année en année. Cela étant dit, est-ce que le « parrainage saisonnier » dessert l’enracinement qui pourrait venir du parrainage?
- Idéalement, si la marraine ou le parrain qui adoptent un carré d’arbre pouvait le faire pour une longue durée, nous pourrions garantir la pérennité du projet. En revanche, recommencer le processus d’adoption annuellement nous permet d’initier plus de gens au jardinage. Chaque scénario compte ses avantages J
4. Selon vous, quel sera le plus grand défi de l’éco-quartier au fil des ans?
- La mobilisation des citoyens à long terme est assurément notre plus grand défi.
5. Que vous a rapporté cette collaboration avec la Résidence Mile-End?
- Un succès! Ce projet de verdissement a vu le jour l’été dernier dans le secteur Saint-Viateur Est. Nous sommes ravis que vous ayez répondu en si grand nombre à l’adoption des carrés d’arbre!
vendredi 22 juin 2012
En bref... "Lesbiana" de Myriam Fougère
Par: Jeanne Gagnon
J’ai assisté à la première du film Lesbiana de Myriam Fougère. Un film à voir pour ce qu’il apporte de réflexion concernant les forces vives du féminisme lesbien à travers la politique. Par l’abolition des frontières entre femmes de diverses cultures, le film rappelle au coude à coude des années 70 à la Librairie des femmes de l'époque, tout en permettant de cerner ce qui nous avait échappé à travers les figures « phares » du féminisme lesbien. A ce qui vient d’être dit s’ajoute le mérite d’avoir ouvert sur l’aspect sensible d'interrogations où les femmes n’en finissent plus de s’interroger sur les jalons et défis. Tout cela introduisant au commentaire d’une féministe lesbienne laquelle s'autorise à percevoir la libération du sujet féminin quand une femme ne se perçoit plus « à partir du regard de l’homme ».
Et maintenant…que la table est mise, peut-être Myriam Fougère pourrait-elle développer davantage sur le fossé entre féminisme lesbien et féminisme au sens large. On peut croire que le versant viendrait favoriser l’émergence d’une relecture de la libération du sujet féminin tant à travers le msculinisme que par rapport à la culture religieuse…puisque d’un côté comme de l’autre…se recoupent les faces cachées du patriarcat. D'autant plus...que le mouvement des femmes est très divisé sur la question du voile! (voir les nombreux textes faisant partie de ce blogue).
mardi 12 juin 2012
La réappropriation du bien commun faisant de l'impossible destin...un destin confirmé "possible"!
Par: Jeanne Gagnon
A proximité de la Résidence Mile-End, un rêve naturaliste est en train d’introduire à de nouvelles conditions de vie. Je fais référence à la mutation d’un terrain contaminé maintenant « épinglé » lieu de biodiversité par les autorités du conseil d’arrondissement.
Ce rêve devenu réalité vient de la persévérance de la population du Mile-End, qui, à travers un militantisme magnifiquement coordonné par les citoyens et son Chantier citoyen, a pu téléguider le lieu de l’ impossible vers un lieu des possibles. D’où le nom prédestiné de Champ des Possibles rassemblant les « Amis du Champ des Possibles » autour de défis compris et orientés dans une ténacité exemplaire. Comme le mentionnait tout récemment Daphnée Tranchemontagne, ce territoire n’a pas fini d’évoluer. [i] Et même de nous surprendre…par rapport à d’autres possibles!
De fait, on annonce « La création d’un lien vert » [ii] le quel permettra une traverse sur le passage à niveau de l’avenue Henri-Julien. Ce qui laisse supposer une forte augmentation de la circulation (piétons et vélos). Les membres de l’ACDP [iii] appréhende cette réalité puisque la densification pourrait menacer le fragile équilibre de la biodiversité. [iv] Au fil du temps, nous aurons à suivre de près les consignes qui interviendront. De fait, un souci écologique doit nous éveiller à des habitudes de fréquentation qui, tout en nous permettant de bénéficier d’un espace privilégié, devra aussi nous alerter aux principes de vases communicants puisque qualité de vie et biodiversité font lien.
Selon le service de géomatique de la Communauté métropolitaine de Montréal (MCC) le Grand Montréal est en perte de biodiversité puisque les recherches démontrent qu’il ne reste que 19,2% de superficies boisées sur le territoire du Grand Montréal. Ce qu’on reconnaît situation inquiétante. [v] Conséquemment, différents profils de reboisement et de reverdissement prennent forme (cours d’école, ruelles vertes, sentiers urbains, etc.). [vi]
L’écologie d’avant-garde nous fait voir que les solutions ne sont plus seulement du côté des experts, des politiques et des États mais bien dans la sagesse pratique de l’individu, lui aussi responsable de l’état de la biosphère à travers ses actions. [vii]
Rien ne s’est fait sans peine avec le Champ des Possibles…et le territoire continuera d’évoluer à travers nous tous. D’où l’importance de s’associer au plan d’actions au sens large, et les corvées annuelles en font partie.
Celle du samedi 26 mai se tiendra entre 12h00 et 16h00. On y tiendra également quelques ateliers sur les sujets suivants :
- Les arts et la crise du financement;
- La résistance créative;
- La technologie, le courant dominant et les médias sociaux;
- La réappropriation du bien commun;
Nota Bene :
Toute personne désireuse d’en apprendre davantage sur les origines du Champ des Possibles peut se référer à l’interview d’Emily-Rose Michaud, artiste responsable du développement de la structure « Les Amis du Champ des Possibles » laquelle fut interviewée en 2010 dans les pages de l’Arc en Ciel (avril-mai 2010, Volume 3, no 11, pp. 17-20).
[i] La faune et la flore triomphent au Champ des possibles (Journal le Plateau – 10 mai 2012).
[ii] Idem
[iii] Amis du Champ des Possibles
[iv] Idem
[v] Le Grand Montréal est en perte de biodiversité (Le Devoir – Cahier Environnement – 22 avril 2012, page 15)
[vi] Idem
[vii] L’écologisme est-il un humanisme – Editions de l’Harmattan - Auteur Frédéric Couston (p. 32)
vendredi 4 mai 2012
En bref..."Les intouchables"
Par: Jeanne Gagnon
Comme il m'arrive souvent, je me suis laissée guider par une publicité tapageuse laissant supposer un film exceptionnel. De fait, le film "Les intouchables" livre une histoire qui n'a rien de banal tout en restant dans les émotions de surface. A mon sens, le choix d'un Noir comme personnage délinquant fut une erreur quand on admet que l'histoire d'origine met en compte deux Blancs et que les attitudes du Noir renvoient constamment à une double dimension "individu et culture" de par le comportement. Plusieurs scènes auraient gagné en forces émotives par delà le ludique.
Comme il m'arrive souvent, je me suis laissée guider par une publicité tapageuse laissant supposer un film exceptionnel. De fait, le film "Les intouchables" livre une histoire qui n'a rien de banal tout en restant dans les émotions de surface. A mon sens, le choix d'un Noir comme personnage délinquant fut une erreur quand on admet que l'histoire d'origine met en compte deux Blancs et que les attitudes du Noir renvoient constamment à une double dimension "individu et culture" de par le comportement. Plusieurs scènes auraient gagné en forces émotives par delà le ludique.
lundi 2 avril 2012
En bref... Qui suis-je? Où suis-je? Où vais-je?
Par : Jeanne Gagnon
Le 2 avril 2012
Le 2 avril 2012
Texte refusé par l'Administration - Bulletin l'Arc-en-ciel:
Selon moi, l’assemblée générale spéciale de la Résidence Mile-End du 16 mars 2012 s’est révélée le miroir d’interrogations identitaires pouvant se résumer à trois questions de principe, à savoir : Qui suis-je? Où suis-je? Où vais-je?
Évidemment, les deux premières questions ouvrent à quelques réponses, mais celles-ci n’en restent pas moins faites d’hésitations et doutes. Quant à la troisième question, nul ne saurait s’y aventurer sans devoir revenir à l’identité et ses liens à travers le principe de toute existence : « Qui suis-je? ».
Si l’Association des locataires s’est révélée structure difficile à cerner dans ce qu’elle a été et pourrait devenir, on a pu noter une même distance de la base lorsqu’il est question des comités. Dans l’ensemble, les comités sont perçus comme des lieux inactifs. Cela dit en tenant compte que le comité des loisirs est évalué comme structure fonctionnelle à travers la visibilité qu’il se donne par la préparation d’activités dédiées aux locataires tout en gérant un budget représentatif.
Au premier degré, je me suis étonnée de constater que les perceptions négatives englobaient le comité environnement quand il y a toujours diffusion d’information dans les pages du bulletin l’Arc-en-Ciel. Cela dit, tout en devant admettre que l’information circule en différé, mais on ne peut tout dévoiler, et ce, pour différentes raisons. La raison principale est liée au fait de travailler avec des partenaires. Ce qui fait que nous ne sommes pas toujours maîtres de l’information à diffuser.
Lorsque je parle de partenaires, je fais référence à l’Université de Montréal et au comité citoyen. Ces partenaires nous ont souvent amenés à différer l’information (exemple : le sondage – la pose de capteurs dans les appartements – le bilan à présenter officiellement devant les locataires de la Résidence Mile-End dans un avenir rapproché, etc.).
Maintenant que nous avons orienté un partenariat avec le comité citoyen, nous sommes tenus à une même confidentialité à travers l’évolution du dossier. Nous sommes dans la phase initiatique dite « évaluation de stratégies » tout en travaillant sur du concret, à savoir sur l’existence ou non de règlements par rapport à ce qui est « pollution sonore » sur les rues de Gaspé et Maguire. Toute cette recherche viendra se greffer aux gains de l’étude scientifique, mais aussi aux revendications que nous voulons faire en partenariat avec le comité citoyen. Mais avant les gains, nous devons passer par la filière « recherche » et ensuite établir des stratégies en vue d’aller vers les élus de l’arrondissement. Lorsque viendra le moment de diffusion, le comité environnement produira un document qui sera publié dans le bulletin.
A titre de citoyenne, j’avoue être sortie satisfaite de cette assemblée générale spéciale du fait qu’elle nous a permis d’identifier certains problèmes liés à la circulation de l’information, tout en orientant l’assemblée vers des principes identitaires significatifs.
Personnellement, je suis pour la continuité de l’Association des locataires tout en étant du groupe axé sur l’approche citoyenne, et ce, dans une perspective où le plan d’actions introduirait à des défis et attentes.
jeudi 8 mars 2012
Qu'est-ce que le féminisme?
Cette journée du 8
mars 2012 invite à un regard inquisiteur sur le féminisme. Ma
perception de féministe s’est étoffée par le militantisme
terrain doublée de la fréquentation des grandes figures du
féminisme. Je pourrais citer de multiples femmes ayant participé à
mon éducation, car les influences sont multiples. Le langage de
France Théoret reflète à la fois l’image du féminisme
intellectuel et terrain par cette phrase : « Le
mouvement féministe repose sur une expérience, le passage du privé
au public ». (…). « Le féminisme est un horizon sur
la société et la politique, comme toute expérience intellectuelle
appelant le goût de la connaissance. » i
Ce regard sur le 8
mars restera superficiel tout en rappelant aux grandes idées du
féminisme à travers l’implication personnelle ou collective. Au
fil du temps, tant les femmes que la société civile perçoivent la
volonté politique du féminisme pour l’égalité hommes-femmes tel
un pont pouvant conduire à un monde meilleur, voire à un monde
sans guerre!
Les archives
québécoises font état d’une réflexion féministe quant à
l’idée d’une société sans guerre dès les années 60. Preuve
nous en est donnée par cette rencontre d’avant-garde relatant
l’ordre du jour d’une soirée du 8 mars 1960. Dans les faits, on
y traitait de paix et désarmement à partir du rôle exercé par
quelques femmes de l’élite québécoise. C’était l’époque où
Simonne Monet-Chartrand revenait d’une mission de paix avec la
Délégation canadienne dans 11 capitales d’Europe. Dans son récit autobiographique, elle affirme :
« il était
de la volonté des femmes de l’époque quant à l’idée
d’entreprendre des revendications politiques pour que notre pays
soit déclaré zone libre de toute arme nucléaire, pour que les
dépenses militaires soient diminués et que ces fonds servent à des
fins pacifistes (santé – éducation – etc.) ». ii
Malgré la mise sur
pied d’un comité Femmes et mondialisation au sein de la Fédération
des femmes du Québec, comité dont je suis membre depuis plusieurs
années et dont la préoccupation est liée au développement de la
mondialisation, de même à l’idée d’une société sans guerre,
on note les difficultés à faire apparaître l’image négative du
Canada face à ses positions à l’échelle internationale. Le
féminisme est d’une nécessité absolue pour l’évolution d’un
monde sans guerre, mais il reste que la faiblesse du féminisme
pourrait s’avérer l’écart entre l’intelligentsia et
féminisme « terrain ». Ce qui fait que l’éducation
populaire n’arrive pas à donner sens à des prises de position
féministe qui rejoindrait la société civile.
En rapport avec
l’idéal d’une société civile proche des positions
gouvernementales, la réflexion d’un éditorialiste rattaché à
la politique internationale renvoie à l’écart pouvant exister
entre une société civile et le pouvoir politique en place:
L’armement
produit un nombre politiquement préoccupant d’emplois et de votes.
Il est futile de rappeler que les États-Unis sont les premiers
vendeurs d’armes au monde et que le premier vendeur d’armes est,
presque inévitablement, celui dont les emplois dépendent le plus de
cette sinistre et gloutonne industrie. Rappelons quand même que les
États-Unis occupent ce premier rang et gonflent leur avance sur les
autres marchands de canons de relevé en relevé. Comme le budget
militaire étatsunien équivaut aujourd’hui au total des dépenses
consenties par les quinze ou vingt pays suivants, on imagine à quel
point l’emploi militarisé pèse lourd dans les élections
américaines. En ce sens, un président américain ne maîtrise
jamais parfaitement le cheval sur lequel il caracole et la
substitution d’un cavalier à l’autre ne change pas
nécessairement grand-chose aux fonds de l’animal. iii
N’oublions pas que
tout ce qui intervient à travers le quotidien peut avoir une
influence réelle sur les politiques gouvernementales. France
Théoret fait un rapprochement quant à l’évolution des femmes du
Québec à travers l’émancipation amenée par le féminisme, et
plus particulièrement, lorsqu’elle signale que « le
mouvement littéraire articulé autour du féminisme est né d’une
culture laïque voulant la reconnaissance efficiente de l’existence
de deux sexes. iv
La bataille pour
l’égalité fera partie des défis tant et aussi longtemps qu’il
y aura inégalité entre les hommes et les femmes. L’idée
d’égalité ne peut que renvoyer aux mutations amenées par la
laïcité avec les années 60. Toutefois, la Charte québécoise des
droits et libertés de la personne (dont l’article 50.1 et le
préambule) introduit le droit à l’égalité entre les femmes et
les hommes et la liberté religieuse. v
Madame Christiane Pelchat admet d’emblée que « la voie
est parsemée d’embûches ». Ce qui fait de la question
du voile un « lieu de réflexion » à travers débats en
vue de balises ayant des incidences sur l’égalité hommes-femmes,
et de même sur l’exercice de la liberté de la personne au sein
d’une société pluraliste.
Ces luttes
demanderont un certain courage. Il faut se rappeler qu’une
féministe comme Thérèse Casgrain a mené un combat ferme, malgré
l’idée de division au sein du mouvement des femmes. De fait, les
archives prouvent que, consciemment, elle fit le choix de vivre
cette division dans le but de servir la cause du Mouvement des
femmes à travers des principes idéologiques. C’est pourquoi
elle écrira : « c’est à cette condition qu’un
discours féminin autonome pourra émerger ». vi
Je rappellerai que son discours avait été devancé par l’audace
d’une autre féministe, à savoir par Simone Monet-Chartrand, qui,
en 1940, se présenta devant l’Épiscopat en vue de les saisir
des besoins d’une spiritualité vraiment laïque. vii
CONCLUSION :
Le
féminisme a lancé un processus de réflexion concernant les 20
dernières années du Mouvement des femmes. La mise en branle en
2011 aboutira aux états généraux du féminisme devant se tenir en
2013. Ce processus devrait avoir un réel impact, et plus
particulièrement si la liberté d’expression en fait un lieu de
débats non contrôlé par l’intelligentsia. L’enracinement
terrain est à ce prix.
Rappelons
qu’en 1975 le Mouvement des femmes projetait de grands thèmes de
réflexion et d’action…lesquels thèmes demeurent d’actualité.
Ces thématiques portaient sur : le
corps, le travail, la parole et le pouvoir. viii
Cette référence tient compte de la volonté politique du
féminisme de l’heure à travers :
- L’émancipation de la femme face au patriarcat;
- L’autonomie de la femme à travers le corps;
- Le décloisonnement des violences à travers les rapports de forces
- L’éducation citoyenne permettant de faire des liens entre démilitarisation – industrie de l’armement – transfert de l’économie et monde de paix.
Bonne
fête du 8 mars à tous et toutes!
i
Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – Ed.
2009 – p. 100
ii
Ma vie comme rivière – Autobiographie – Tome 3 – Ed.
R-Ménage -S.Monet-Chartrand- (pp. 315-316)
iii
Les enfants de Winston – Essai sur la jovialité – Laurent
Laplante – Ed. Anne Sigier 2003 (p. 51)
iv
Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – 2009
– p. 65
v
Pour une pleine participation des femmes à la société (Christine
Pelchat présidente du Conseil du statut de la femme – Gazette des
femmes – janv-fév 2011, p. 5).
vi
L’Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles –
Collectif Clio – Ed. Quinze – pp. 453-454
vii
Ma vie comme rivière – Autobiographie – S. Monet-Chartrand –
Ed. R-Ménage – Tome 3 (pp. 47-48)
viii
L’Histoire des femmes au Québec – Collectif Clio – p. 494
En bref... Rassemblement féministe du 6 mars 2012
Par : Jeanne Gagnon
Moment particulièrement choisi que cette rencontre annuelle autour du 8 mars pour toute féministe désireuse de faire le point sur les forces et faiblesses du Mouvement des femmes tout en ouvrant aux perspectives d’un nouveau souffle amené par les États généraux. (etatsgeneraux@ffq.qc.ca).
La soirée a permis de rappeler aux avancées du féminisme québécois tout en renvoyant à ce qui s’affiche d’inégalités au sein d’une société reconnue pour son avant-gardisme. Le rassemblement s’est révélé significatif sous différents angles. Tout d’abord par l’évidence d’un rapprochement intergénérationnel qui n’était pas factice. Cela dit tout en ramenant au nivellement qui, ces dernières années, s’est implanté à partir d’un décloisonnement du féminisme « militant et d’analyse ». Le nouveau souffle invite au renouvellement des perspectives tant à l’intérieur du Mouvement des femmes que par l’influence sensible du féminisme vu comme moitié d’une société civile.
Si le discours de la jeune frange féministe peut apparaître gauche par moment, il n’en apporte pas moins des valeurs sûres par l’approche. Ce qui m’incite à saluer l’ouverture au débat. Les états généraux permettront de vérifier cette réalité de près.
Si la « Trousse d’outils » en circulation fait voir les défis amenés par les « États généraux », on en dénote pas moins certaines carences dont il faudra tenir compte. Ici je fais référence directement aux violences, à la pauvreté, aux logements sociaux et aux Logements abordables Québec (LAQ).
Mais encore une fois…seul le temps permettra de faire le test des résultats d 'États généraux féministes (2011-2014) suscitant de grandes attentes au sein du Mouvement des femmes!
mardi 6 mars 2012
Qu'est-ce que le féminisme?
Par : Jeanne Gagnon
La journée du 8 mars invite à un regard inquisiteur sur le féminisme. Ma perception de féministe s’est étoffée par le militantisme terrain doublé de la fréquentation des grandes figures du féminisme. Je pourrais citer de multiples femmes ayant participé à mon éducation, car les influences sont multiples. Le langage de France Théoret reflète à la fois l’image du féminisme intellectuel et terrain par cette phrase : « Le mouvement féministe repose sur une expérience, le passage du privé au public ». (…). « Le féminisme est un horizon sur la société et la politique, comme toute expérience intellectuelle appelant le goût de la connaissance. » [1]
Ce regard sur le 8 mars restera superficiel tout en rappelant aux grandes idées du féminisme à travers l’implication personnelle ou collective. Au fil du temps, tant les femmes que la société civile perçoit la volonté politique du féminisme pour l’égalité hommes-femmes tel un pont pouvant conduire à un monde meilleur, voire à un monde sans guerre!
Les archives québécoises font état d’une réflexion féministe quant à l’idée d’une société sans guerre dès les années 60. Preuve nous en est donnée par cette rencontre d’avant-garde relatant l’ordre du jour d’une soirée du 8 mars 1960. Dans les faits, on y traitait de paix et désarmement à partir du rôle exercé par quelques femmes de l’élite québécoise. C’était l’époque où Simonne Monet-Chartrand revenait d’une mission de paix avec la Délégation canadienne dans 11 capitales d’Europe. Dans sont récit autobiographique, elle affirme :
« il était de la volonté des femmes de l’époque quant à l’idée d’entreprendre des revendications politiques pour que notre pays soit déclaré zone libre de toute arme nucléaire, pour que les dépenses militaires soient diminuées et que ces fonds servent à des fins pacifistes (santé – éducation – etc.) ». [2]
Malgré la mise sur pied d’un comité Femmes et mondialisation au sein de la Fédération des femmes du Québec, comité dont je suis membre depuis plusieurs années et dont la préoccupation est liée au développement de la mondialisation, de même à l’idée d’une société sans guerre, on note les difficultés à faire apparaître l’image négative du Canada face à ses positions à l’échelle internationale. Le féminisme est d’une nécessité absolue pour l’évolution d’un monde sans guerre, mais il reste que la faiblesse du féminisme pourrait s’avérer l’écart entre l’intelligentsia et féminisme « terrain ». Ce qui fait que l’éducation populaire n’arrive pas à donner sens à des prises de position féministe qui rejoindraient la société civile.
En rapport avec l’idéal d’une société civile proche des positions gouvernementales, la réflexion d’un éditorialiste rattaché à la politique internationale renvoie à l’écart pouvant exister entre une société civile et le pouvoir politique en place:
L’armement produit un nombre politiquement préoccupant d’emplois et de votes. Il est futile de rappeler que les États-Unis sont les premiers vendeurs d’armes au monde et que le premier vendeur d’armes est, presque inévitablement, celui dont les emplois dépendent le plus de cette sinistre et gloutonne industrie. Rappelons quand même que les États-Unis occupent ce premier rang et gonflent leur avance sur les autres marchands de canons de relevé en relevé. Comme le budget militaire étatsunien équivaut aujourd’hui au total des dépenses consenties par les quinze ou vingt pays suivants, on imagine à quel point l’emploi militarisé pèse lourd dans les élections américaines. En ce sens, un président américain ne maîtrise jamais parfaitement le cheval sur lequel il caracole et la substitution d’un cavalier à l’autre ne change pas nécessairement grand-chose aux fonds de l’animal. [3]
N’oublions pas que tout ce qui intervient à travers le quotidien peut avoir une influence réelle sur les politiques gouvernementales. France Théoret fait un rapprochement quant à l’évolution des femmes du Québec à travers l’émancipation amenée par le féminisme, et plus particulièrement, lorsqu’elle signale que « le mouvement littéraire articulé autour du féminisme est né d’une culture laïque voulant la reconnaissance efficiente de l’existence de deux sexes. [4]
La bataille pour l’égalité fera partie des défis tant et aussi longtemps qu’il y aura inégalité entre les hommes et les femmes. L’idée d’égalité ne peut que renvoyer aux mutations amenées par la laïcité avec les années 60. Toutefois, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (dont l’article 50.1 et le préambule) introduit le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes et la liberté religieuse. [5] Madame Christiane Pelchat admet d’emblée que « la voie est parsemée d’embûches ». Ce qui fait de la question du voile un « lieu de réflexion » à travers débats en vue de balises ayant des incidences sur l’égalité hommes-femmes, et de même sur l’exercice de la liberté de la personne au sein d’une société pluraliste.
Ces luttes demanderont un certain courage. Il faut se rappeler qu’une féministe comme Thérèse Casgrain a mené un combat ferme, malgré l’idée de division au sein du mouvement des femmes. De fait, les archives prouvent que, consciemment, elle fit le choix de vivre cette division dans le but de servir la cause du Mouvement des femmes à travers des principes idéologiques. C’est pourquoi elle écrira : « c’est à cette condition qu’un discours féminin autonome pourra émerger ». [6] Je rappellerai que son discours avait été devancé par l’audace d’une autre féministe, à savoir par Simone Monet-Chartrand, qui, en 1940, se présenta devant l’Épiscopat en vue de les saisir des besoins d’une spiritualité vraiment laïque. [7]
CONCLUSION :
Le féminisme a lancé un processus de réflexion concernant les 20 dernières années du Mouvement des femmes. La mise en branle en 2011 aboutira aux états généraux du féminisme devant se tenir en 2013. Ce processus devrait avoir un réel impact, et plus particulièrement si la liberté d’expression en fait un lieu de débats non contrôlé par l’intelligentsia. L’enracinement terrain est à ce prix.
Rappelons qu’en 1975 le Mouvement des femmes projetait de grands thèmes de réflexion et d’action…lesquels thèmes demeurent d’actualité. Ces thématiques portaient sur : le corps, le travail, la parole et le pouvoir. [8] Cette référence tient compte de la volonté politique du féminisme de l’heure à travers :
- L’émancipation de la femme face au patriarcat;
- L’autonomie de la femme à travers le corps;
- Le décloisonnement des violences à travers les rapports de forces
- L’éducation citoyenne permettant de faire des liens entre démilitarisation – industrie de l’armement – transfert de l’économie et monde de paix.
Bonne fête du 8 mars à tous et toutes!
[1] Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – Ed. 2009 – p. 100
[2] Ma vie comme rivière – Autobiographie – Tome 3 – Ed. R-Ménage -S.Monet-Chartrand- (pp. 315-316)
[3] Les enfants de Winston – Essai sur la jovialité – Laurent Laplante – Ed. Anne Sigier 2003 (p. 51)
[4] Écrits au noir – France Théoret – Ed. Remue Ménage – 2009 – p. 65
[5] Pour une pleine participation des femmes à la société (Christine Pelchat présidente du Conseil du statut de la femme – Gazette des femmes – janv-fév 2011, p. 5).
[6] L’Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles – Collectif Clio – Ed. Quinze – pp. 453-454
[7] Ma vie comme rivière – Autobiographie – S. Monet-Chartrand – Ed. R-Ménage – Tome 3 (pp. 47-48)
[8] L’Histoire des femmes au Québec – Collectif Clio – p. 494
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