vendredi 30 avril 2004

Lettre ouverte à Christian Desmeules - Journal Le Devoir

Lettre à Christian Desmeules
Journal Le Devoir
(Lettre ouverte datée du 30 avril 2004 - non publiée)

OBJET:   Votre article intitulé "Miron, moi et je - Édition Le Devoir -  27 mars 2004

Monsieur,

Votre article du 27 mars m'a interpellée à différents égards, plus spécifiquement dans les symbolismes que représentent  pouvoir/impouvoir dans l'authenticité d'un langage. J'ai hésité longtemps avant de vous faire part de mes commentaires.

mardi 2 mars 2004

A l'heure des bilans

J’ai aimé et admiré Claude Ryan.  Jusqu’au jour où j’en ai eu assez de l’homme vivant une fixation autour d’un « vaisseau fantôme » pouvant ramener à la reconnaissance identitaire des deux peuples fondateurs du Canada.

Indubitablement, j’aurai aimé et admiré l’intégrité de l’homme, le discours du journaliste dont la plume avait ce pouvoir de vulgarisation, bien que demeurant sous la gouverne du penseur.  Le discours de l’homme politique laissait froid à cause du manque de charisme, mais l’homme n’en demeurait pas moins un penseur!

J’ai toujours perçu Claude Ryan comme la figure emblématique de l’honnête citoyen venu au politique pour servir.  En même temps, à l’heure des bilans, il faut s’interroger quant à la force persuasive de l’homme « politique » qui se sera adonné à un rêve!  Car le rêve permettait l’exercice d’un Magistère autour du pouvoir en place!  Pour un penseur comme Claude Ryan, ceci venait alimenter le rêve tout en lui évitant de faire équipe.  Car il nous a été donné de constater que Claude Ryan restait dans la bulle de son Magistère, tant au Devoir qu’en politique.

Certes, l’homme fut admirable à plusieurs égards.  D’où mes interrogations sur ce qu’il serait advenu du Canada des années de la Révolution tranquille pour peu que la plume d’un Claude Ryan se soit rangée du côté de souverainistes, et ce, dans l’absence de compromis envers le Canada anglais?
Cela dit, en acceptant que cette rigueur incontournable aurait eu le double pouvoir de contrer le pouvoir du Gouvernement Trudeau, tout en obligeant le Parti Québécois à cerner le prix politique des faux-fuyants dans le seul but d’exercer le pouvoir!  Que dire de plus …sinon que par cette fixation autour des deux peuples fondateurs, Claude Ryan a raté le véritable rendez-vous d’une reconquête politique exigeant la rupture et la souveraineté du Québec!

vendredi 24 janvier 2003

L'Ouvre-boîte au TNM - Année 2003



Le 24 janvier dernier,  j’ai revu la pièce L’Ouvre-boîte après vingt-cinq ans d’intervalle.  Une pièce intéressante si l’on tient compte du langage et des comportements  de deux individus en situation de survie.  Confrontation intéressante des rapports de forces entre le corps et l’esprit.

Très belle représentation d’une philosophie du « nous ».   Et pourtant,  la réalité ramène aux vérités profondes de l’être, car  l’un et l’autre  des individus revient  à son individualité à travers l’émotion.  Ainsi,  lors de la fin prévisible, les deux individus  sont proches physiquement mais dans le rapport au « je » et l’idéologie du « nous » n’a plus cours.   Bref,  quand vient ce moment  imminent de la  fin… celui qui représente le corps dit :  « Qu’est-ce qu’on va devenir » et l’esprit de répondre; « Ne pense pas ».

L’actuelle  réflexion sur l’Ouvre-boîte est faite à peine quelques heures après avoir vu la pièce au Théâtre Jean-Duceppe.   Tout comme l’Algérienne qui m’accompagnait,  j’ai goûté tant le sujet que la mise en scène.  Je faisais des comparaisons puisque j’avais déjà vu l’œuvre. 

Ainsi, il m’a semblé que le personnage du philosophe était plus incarné.  Était-ce par le jeu de l’acteur ou par la mise en scène?   Difficile à affirmer, mais il y avait probablement un peu des deux!   Je donnerai deux exemples précis :  le fait qu’il fasse du yoga nous renvoyait  à un intellectuel plus sensible au corps, à savoir  à un modèle d’intellectuel capable de ramener au spirituel intégrateur.  Et là où il devient le plus incarné est cette scène où il y a mort simulée par son compagnon  et quand on perçoit l’émotion de « l’homme d’esprit » à travers comportement et langage.

La pièce ramène à des moments intéressants de dualité propre à chaque  humain, tant par le langage que par les comportements de l’un et l’autre .  Prenons comme exemple,  la mort simulée du compagnon et qui fera dire à l’intellectuel :  « qu’est-ce que je vais devenir ».  Prenons l’exemple du moment où l’intellectuel veut inculquer l’idée du « nous » alors que son compagnon veut savoir qui des deux pourra s’approprier la nourriture.    Il y eut des moments  hilarants,  mais je sais gré à la mise en scène  et aux acteurs de nous .avoir gardés  dans la profondeur du sujet.

Je voudrai retrouver mes notes de journal  d’il y a vingt-cinq ans, car j’ai souvenance que l’intensité du sujet s’estompait dans la frivolité d’un langage de premier niveau.    D’ailleurs, j’ai encore mémoire le fait de m’être offusquée des rires quand la force du langage s’en allait mourir derrière le personnage que représente Deschamps. Évidemment…il était difficile au monologuiste Deschamps de se faire oublier, mais la mise en scène  a son importance.





Commentaires tirés de mon journal  –   Le 27 janvier 2003

mardi 1 octobre 2002

Maternitude

 Marternitude...par delà la figure politique de Jacqueline Dugas


Publication – Revue Entr’Autres – Vol. 3, no 4,  p. 22, Octobre-décembre 2002.

A l’heure des bilans qu’impose la mort, je vois la pertinence de poser quelques interrogations sur l’âme patriote qui nous a quittés.  Allons tout d’abord aux interventions politiques, lesquelles ramènent à la double identité, à savoir l’identité de la personne…mais aussi l’identité d’un peuple.

vendredi 13 septembre 2002

Cession de bail et vide juridique

Dans un jugement rendu le 8 août dernier, la Régie du logement statuait sur la cession de bail entre locataires. Il s’agit du jugement de Maitre Hurlet, lequel vient contredire la décision de la Cour du Québec dans non-reconnaissance du droit de cession d’un locataire envers la personne de son choix. Ce jugement dit explicitement que «La sous-location ou la cession de bail ne donne pas le droit à un locataire de choisir lui-même la personne qui va lui succéder dans les lieux si le locateur préfère mettre immédiatement fin à la relation contractuelle».1

Voilà pour le jugement de Me Hurlet. Il faut se rappeler que la cession de bail fut instaurée au Code civil du Québec en 1994 tout en restant un phénomène sans assise profonde. Le jugement de Me Hurlet fait intervenir l’intention de vengeance du locataire. J’approuve d’autant la décision rendue que la cession de bail aura souvent servi l’exercice de vengeance par le cessionnaire. Bref, ce qui semble un transfert de location peut servir un pacte de violences.

Que ce soit par la plume ou par des ateliers et conférences, depuis quelques années j’interviens auprès de femmes violentées en logements. Toutes ont vécu la polymorphie du harcèlement (psychologique-moral-physique) doublé de l’isolement auquel renvoit le jugement de la Régie. Car, par le parjure, la victime perd tout support. Ainsi, à l’image du personnage du film Irréversible, l’aide extérieure s’éloignera afin d’éviter de se commettre.

Il est connu que les luttes militantes féministes ont précédé la jurisprudence concernant la criminalisation du viol. Il devra en être de même pour les logements. Jusqu’à maintenant les violences y sont perçues comme réalité tribale entre locataires. Cette vision ne peut que se transformer avec les transformations de valeurs et des profils de violences. Ajoutons à ce qui vient d’être dit: croissance de la pauvreté et du chômage et pénurie de logements.

Depuis l’automne 2000, c’est-à-dire depuis les ateliers de La Marche mondiale des femmes, les attendus d’une pétition ont été déposés auprès de la Présidente de la Régie du logement. Il s’agissait d’une première démarche collective pour amener les structures à voir la violence en logements dans ses multiples facettes. Par ailleurs, d’autres démarches m’ont fait intervenir auprès de la Justice, de la Police, de Services sociaux et Comités logements, voire auprès d’instances nettement plus politiques, par exemple la députée de Mercier de qui j’anticipe l’appui.

Le travail de réflexion continue de s’alimenter en tenant compte du travail de terrain par les ateliers. Cela dit en admettant que la lutte est exigeante de temps et de patience Dans l’aspérité de leurs luttes respectives, certaines femmes arrivent à prendre une distance avec ce qu’elles vivent pour ramener la lutte dans une vision agrandie.

Le jugement de Me Hurlet m’est apparu tel l’indice d’une percée quant aux transformations de la jurisprudence, plus particulièrement quant aux profils de violences qui mériteraient d’être reconnus dans l’orbe de l’acte criminel.

Je rappelle ma suggestion à la Présidente de la Régie du logement et dont le contenu se retrouve dans la publication du printemps 2001, plus spécifiquement quant au suivi long-terme de certaines violences.2 Un tel modèle d’encadrement pourrait être mis en application dans le but de faire intervenir des professionnels de la Régie et de Services sociaux du Québec dans un dossier cheminant selon plusieurs étapes juridiques. Bien sûr, le suivi long-terme ne saurait venir sans la refonte de la jurisprudence propre aux logements.

Cela dit en acceptant toute l’importance de l’autorité morale ramenée au locateur par le jugement de Me Hurlet. Même si la cession reste possible de ce côté, il m’apparaît indéniable que tout locateur doit être vu comme «la responsabilité morale et éthique» devant faire respecter l’intégrité domiciliaire.

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[1] "Un locataire peut-il céder son bail à qui lui plaît? Non, dit la Régie", Le Devoir, 16 août 2002.
[2] "Lettre à la présidente de la Régie du logement", Visions Voisins, vol. 8, no 2, 28 mars 2001.
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Publié dans Visions Voisins, vol. 9, no 8, octobre 2002.

mardi 27 août 2002

Les Cents premiers jours d’un président

Lettre ouverte envoyé à Monsieur Michel Sawyer
Président national du Syndicat de la Fonction Publique du Québec (S.F.P.Q.)


Monsieur le Président,

J’ai pris connaissance tant de votre éditorial intitulé «Les cents premiers jours» que de l’interview portant sur «Les défis» qui sont vôtres comme président du S.F.P.Q. (Journal du Syndicat de la Fonction Publique du Québec, juin 2002).

vendredi 21 juin 2002

Les violences en logements et le chaînon manquant que voudra la Justice

Depuis la Marche mondiale des femmes, avec la sociologue Normande Vasil, auteure de l’essai faisant le procès des violences entre Nature et Culture1, je travaille sur le terrain des violences en logements dans un but éthique et politique. Il s’agit de violences qui dépassent le profil reconnu «chicanes de voisinage» pour verser dans les rapports de forces englobant le harcèlement sévère (moral – psychologique – physique) envers des femmes seules. Les ateliers et conférences tentent de briser l’isolement de la victime tout en favorisant l’expression d’une problématique où se recoupent violences personnelles et collectives.

Les ateliers pourraient conduire à une publication collective, voire même à un vidéo. L’un et l’autre auraient le mérite de sensibiliser l’opinion publique quant à des violences cachées et extrêmes, lesquelles peuvent se développer en dehors de toute culpabilité compte tenu de l’éradication des valeurs. Ces violences sont inquiétantes pour la paix du territoire domiciliaire. D’autant plus inquiétantes que pratiquées par des hommes et femmes éduqués s’aventurant vers le terrorisme caché dans un transfert des violences à partir de sous-locations.

Dans ces violences extrêmes, toute femme a cherché de l’aide pour se voir confrontée à l’indifférence ou au mutisme prudent. Ce qui ramène la victime aux rapports de forces à travers harcèlement (psychologique – moral - physique). Certaines agressions obligent à l’hospitalisation aux soins intensifs. Malgré les coups physiques, le parjure aura raison de la victime.

Les profils d’agressions évoluent avec les nouvelles technologies. Ainsi, on remarque l’apparition des «armes légères» comme outils d’agressions sur les victimes isolées. A l’encontre du revolver, lequel tue et laisse des traces de sang, l’arme légère permet des décharges de voltage sur la victime venant créer des répercussions sérieuses sur le physique. A preuve: l’arsenal des policiers lors du Sommet des Amériques et qui englobait des fusils à voltage leur permettant un contrôle efficace sans trace d’agression sur la personne A preuve, l’utilisation de fusils à voltage lorsque les policiers ont voulu déloger les squatters sans laisser de trace d’agression physique tout en maîtrisant les récalcitrants.

De fait, il s’agit là de quelques faits isolés mais on peut voir que les policiers utilisent ponctuellement les armes légères. Par contre, les journaux traitent le sujet dans un style laconique. Même si les photographies peuvent établir la preuve d’agression (squatter renversé par la décharge de l’arme légère) le journal n’a pas véritablement informé l’opinion publique.

dimanche 9 juin 2002

Lettre ouverte adressée à Mme Viviane Barbot, présidente de la F.F.Q.

Madame la présidente,

L’assemblée générale de juin 2002 nous aura fait voir les forces et faiblesses de la Fédération des Femmes du Québec (F.F.Q.). D’une part, les forces d’un organisme capable de traverser “la crise de l’après-Marche mondiale des femmes” dans la transparence. Ce qui renvoie au sentier de réflexion et non au lieu de “règlements de comptes” entre différentes allégeances du féminisme.

samedi 8 juin 2002

Lettre ouverte à Nathalie Rochefort - Députée

Lettre ouverte   (publiée dans le Journal Visions-Voisins - Vol 9, no 5,  juin 2002)
Montréal, le 12 mai 2002

Madame la Députée Nathalie Rochefort
Circonscription Mercier du Plateau Mont-Royal

Madame la députée,
Lors de notre rencontre d’avril, alors que vous étiez parmi l’audience de l’événement poétique organisé par le journal Visions Voisins, nous avons longuement discuté de violences envers les femmes.  J’ai été touchée par votre intérêt.  Toutefois, avant de répondre à votre invitation, j’ai voulu préparer un dossier conséquent afin d’ouvrir sur mes attentes politiques. Le dossier englobe tant mes publications que les démarches et correspondances envers les personnalités politiques et juridiques.

mardi 4 juin 2002

Syndicalisme et capital : Deux visions des droits

Par : Jeanne Gagnon

Publié dans le Journal Visions-Voisins / Vol. 9 – No 5  (Juin 2002)

En quelques siècles, le monde a traversé deux révolutions du travail. Tout d’abord, la révolution industrielle, soit celle que Toynbee situait entre 1760 et 1830 ou dans la foulée de l’implantation massive de l’usine. [i] Cette révolution s’était développée spontanément pour se voir propulsée et orientée par le capital.

La seconde révolution émerge du dernier quart de siècle, et malgré ce qui semble libre évolution, il existe des contraintes qui viennent de confrontations entre le capital marchand et le capital humain.  Toutefois, malgré les droits acquis du syndicalisme, voire malgré l’enchâssement des droits dans les traités européens [ii], la partie n’est pas gagnée.  A preuve : plusieurs pays signalent à la face du monde des reculs d’importance quant aux droits du travail. A preuve : le gouvernement Berlusconi ayant introduit une série de modifications au code du travail visant à remettre en cause les acquis sociaux et à réduire le poids politique des syndicats. [iii]  A preuve, toute cette littérature démontrant que les gouvernements et les populations sont en train de perdre tout contrôle sur la mondialisation et comment celle-ci entraîne dans son sillage un cortège de pauvreté, de conditions de travail et de vie abominables, d’enfants au travail, de travail forcé et d’exploitation des femmes. [iv]

On le sait, la révolution industrielle a laissé des meurtrissures dans les annales par rapport à l’absence d’orientation. En voici un premier exemple éloquent :  « Une foi aveugle dans le progrès spontané s’était emparée des esprits (…). Les effets que celui-ci eut sur la vie des gens dépassèrent en horreur toute description.  Au vrai, la société aurait été anéantie, n’eussent été les contre-mouvements protecteurs qui sont venus amortir les mécanismes autodestructeurs. » [v]  Le deuxième exemple est tiré du folklore anglais de l’époque, lequel rend l’image de l’exploitation entre drapiers et artisans : [vi]

« De tous les métiers qui s’exercent en Angleterre il n’en est pas un qui nourrisse son homme plus grassement que le nôtre. Grâce à notre commerce, nous sommes aussi bien mis que des chevaliers. Nous sommes gens de loisir, et menons joyeuse vie.

Nous amassons des trésors, nous gagnons de grandes richesses à  force de dépouiller et de pressurer les pauvres gens.  C’est ainsi que nous emplissons notre bourse, non sans nous attirer plus d’une malédiction.

C’ est ainsi que nous acquérons notre argent et nos terres, grâce à de pauvres gens qui travaillent soir et matin. S’ils n’étaient pas là pour peiner de toutes leurs forces, nous pourrions aller nous pendre sans autre forme de procès. C’est grâce à leur travail que nous emplissons notre bourse.  Non sans essuyer plus d’une malédiction. » 

Nous sommes engagés dans une mutation radicale du travail.  Ceci se manifeste en accéléré depuis quelques décades par les fermetures d’entreprises, par la multiplication des travailleurs autonomes, par la précarité de l’emploi, par la polymorphie des stages et/ou mesures d’employabilité.  A l’image de la précédente révolution, le phénomène est présenté par le capital comme un progrès incontournable destiné à faire le bonheur des humains.  Mais, ce qui aura manqué à la précédente révolution pourrait jouer en faveur du présent siècle. Je rappelle les acquis de la Charte des droits, de même ceux du syndicalisme et du contrat social. Toujours dans l’optique d’un contrat social devant normalement tenir compte d’obligations qui sont relatées dans certaines revues de droits et qui font référence aux solidarités s’organisant au sein d’une même communauté et à laquelle les membres s’identifient afin d’orienter le contenu du contrat social. [vii] 

En lisant Marx et Mantoux, on constate que la révolution industrielle confrontait quotidiennement à la mort sur les lieux du travail. Tant par l’absence de droits que par la mort au quotidien, on peut reconnaître l’absence de compassion face à ces modèles de violence outrancière. Je donnerai pour exemple la mort de Mary-Anne Walkley et l’étonnement de sa supérieure – Dame Élise – découvrant l’ouvrage non achevé (il ne restait qu’un point à donner à sa broderie), alors que l’ouvrage était destiné à la Princesse de Galles. La mort avait eu raison sur la production ou l’inverse…[viii]

A notre époque, violences et absence de compassion se font plus dérangeantes. Il faut reconnaître que la violence continue de s’afficher au travail. Elle inquiète quand un pays comme la France confesse l’alourdissement des cas pathologiques ramenant à la mal-vie (dépressions et troubles physiques) et des morts quotidiennes au travail. [ix]

Rappelons que le discours du capital sur la production n’a rien du profil de la violence, ni même du profil tayloriste, bien que ce discours soit orienté vers l’accélération de la cadence de production par un vocabulaire plus hypocrite. Car, tant la responsabilisation que l’annualisation des échéanciers sont en dehors du pouvoir de la base. Parallèlement, en plus des échéanciers, la production est affichée dans un profil ISO invitant à mettre la barre qualité toujours plus haute…tout en répondant à la cadence de production dans ses échéanciers. Il me semble que ce qui apparaît susceptible de servir la production peut aussi servir la violence et l’aliénation au travail.

La force du Capital disait Hubert Marcuse est dans l’uniformisation économico-technique non terroriste, tout en fonctionnant par la manipulation. Admettons toutefois que la vision statistique du Capital et celle du Syndicalisme ne sauraient puiser aux mêmes sources…Cela dit en tenant compte que les valeurs du travail et de la production méritent d’être repensées dans une vision élargie.

Cela dit en tenant compte de la nécessité de l’évolution du contrat social sans oublier les paroles d’Engels, à savoir : « le capital ne se soucie nullement de la santé ni de la vie de l’ouvrier à moins d’y être forcé par la société ». [x]


[i] La révolution industrielle au XVIIIe siècle de Paul Mantoux – Éditions Guérin, p. 21.
[ii] L’objectif :  un syndicalisme sans frontières (Recto Verso – janvier/février 2002, p. 24)
[iii]  L’Italie poursuit son  inquiétante dérive – Journal Métro, 8 mai 2002, p. 10
[iv]  Confédération internationale des syndicats libres (CISL), 26 mars 2002
[v]  La grande transformation, aux origines politiques et économiques de notre temps, Gallimard, Paris, 1983, pp. 111-112
[vi]  Il s’agit d’un long fragment d’une pièce folklorique publiée dans : La révolution industrielle au XVIIIe siècle de Paul Mantoux – Éditions Genin, pp. 58-59).
[vii]  Pouvoir normatif et protection sociale (pp. 137-169) auteure : Johanne Poirier Revue canadienne Droit et Société (Volume 16, no 2, 2001).
[viii]  Le Capital – Marx – Éditions Garnier-Flammarion (1969) (page 194)
[ix]  Retour de la mal-vie (Le Monde diplomatique – décembre 2001 – Enquête de Martine Bulard)
[x]  Sur le Capital de Marx (page 116) Éditions du Progrès – Moscou – 1975.