Introduction
Mon propos vise à faire émerger les attentes citoyennes d’une société de droits. Parallèlement, à nous introduire aux influences des mouvements sociaux au sein de la société québécoise. De même à celles du féminisme quant aux mutations des valeurs de cette société. Mon questionnement est nettement inféodé à l’éthique féministe, à savoir dignité, autonomie, respect, solidarité, égalité, altérité.1 Ce qui vient d’être énuméré est repérable dans la publication portant sur la citoyenneté. Quant aux droits, je me suis référée à la vision des «droits-liberté» et «droits-créances»2 à l’intérieur d’une publication portant sur des textes choisis en regard du postulat citoyen.
Pourquoi la visibilité? Pourquoi la médiatisation?
Il est reconnu que d’afficher la violence brise l’isolement d’une victime tout en vulnérabilisant l’agresseur. Rappelons-nous les premières dénonciations de viols et violences conjugales. Les victimes s’affichaient tout en se plaçant dans la distance du sujet. Rappelons-nous le porte-voix féministe ayant collaboré au renforcement du «sujet politique» de femmes violentées. Ces batailles auront servi l’éthique de la responsabilisation citoyenne. Ce que la charte proclame ouvertement par cette affirmation: «Les femmes sont des citoyennes à part entière avant d’être des conjointes, des compagnes, des épouses, des mères, des travailleuses». (Charte de la Marche mondiale des femmes – Affirmation 4).
Et pourtant, malgré ces victoires sur les violences, force est de constater que le féminisme peut se tenir à distance de violences marginales, à moins de les choisir expressément afin d’être de l’époque, sinon de la devancer. Tout au long de cette dernière décade, j’ai été confrontée à cette fermeture de l’agenda politique par rapport aux violences défendues. Il s’agit de violences où des femmes seules sont visées et privées de leurs droits à un habitat exempt de violence. Les victimes peuvent être confrontées à l’expulsion à force de violences alors même que les agresseurs ont été blanchis par la Régie en raison du parjure.
Si les violences du privé mettent souvent en compte une intention d’expulsion, ce n’est pas le cas des femmes violentées dans les HLM. On remarquera que le Congrès de juin 2007 de la Fédération des HLM a résolument levé le voile sur les violences envers femmes et enfants, et ce, tout en orientant le plan d’action vers des solutions. Ce qui donne quelque espoir de transformation des rapports de forces dans une vision éthico-politique. Les violences en logements privés peuvent faire intervenir des profils en lien avec les armes non létales. Même si elles sont au courant de la circulation des armes non létales au sein de la société civile, la Fédération des Femmes Québécoises (FFQ) et Amnistie internationale gardent le silence sur un état de fait.
mardi 29 janvier 2008
samedi 1 septembre 2007
Reportage sur les ruelles vertes réalisé par Sedna.tv
Voici un reportage sur les ruelles vertes démontrant la ruelle Modigliani et interviewant ses divers intervenants, dont son instigatrice Jeanne Gagnon.
Diffusé à l'émission "Sedna" de la Télévision RDI (Montréal, Québec, sept. 2007).
jeudi 23 août 2007
Mémoire pour le Forum Social Québécois
Je suis à l’origine de la mise sur pied d’une lutte pour la visibilité de violences en logements. Violences qui n’ont rien à voir avec les querelles de couples ou de voisinages, puisque violences perverses émanant d’un voisinage qui ne veut en rien l’approche favorisant le «vivre ensemble». Violences perverses voulant l’aliénation d’une victime confrontée aux violences radicales débouchant sur l’expulsion. Cette lutte voulait la solidarité des victimes, la solidarité des féministes, l’établissement d’une nouvelle jurisprudence, et la mise sous le désamorçage des violences par une mise sous les projecteurs.
Finalement, au départ lutte visant les victimes du logement privé, je serai amenée à prendre en compte les violences des logements sociaux. Cela même si les rapports de forces sont d’un autre ordre tout en demeurant violences envers des femmes seules démunies et sans recours.
Ma lutte restait une vision politique long terme. Une vision qui ne pourra se réalisée faute de solidarité des victimes, mais aussi par leur manque de discipline, par l’individualisme d’une lutte qui aura trop voulu trop embrasser. L’ultime but supposait une publication collective et un vidéo, et de même la solidarité de la Fédération des Femmes Québécoises. Cette vision englobante est restée non-lieu.
C’est pourquoi à l’automne 2006 j’optai pour une dernière démarche politisée. Ce qui demandait de préparer l’atelier à une participation au Forum social du Québec. Pour l’élargissement de la participation citoyenne, en juin dernier j’adressais une invitation à la Fédération des locataires d’Habitations à Loyer Modique du Québec (F.L.H.L.M.) et à l’O.M.H. Le courriel de l’administrateur Robert Pilon me donnait réponse négative le 13 juillet tout en m’informant d’un récent Congrès débouchant sur des recommandations de décentralisation des pouvoirs et d’instauration de mécanismes de préventions des violences envers femmes-enfants-aînés (Article 5, page 13 du Cahier du congrès de la F.L.H.L.M. du Québec, http://www.habitation.gouv.qc.ca/). Les recommandations renvoient à l’urgence d’agir du milieu.
De façon explicite, l’atelier du Forum introduira l’assistance à cette lutte qui m’a fait tenir compte de violences en logements privés et sociaux, tout en restant dans la volonté de recommandations distinctes. L’introduction ouvrit brièvement sur des profils atypiques et moins connus en logements privés, à savoir sur des pratiques mettant en compte l’utilisation de fusils électriques,...
Les recommandations furent déposées lors du grand rassemblement citoyen et mouvements sociaux de l’assemblée de clôture. Elles sont maintenant des mémoires du Premier Forum Social Québécois (http://www.forumsocialquebec.org/). Parallèlement, je les ai adressées à la Présidente de la Régie du Logement, à la F.L.H.L.M., à l’O.M.H., et à la Présidente de la Fédération des Femmes du Québec.
Je reconnais dans cette dernière participation citoyenne de l’atelier «Éthique de l’habitat», un legs porteur d’espoir puisque cédant des recommandations émanant d’un travail collectif en vue de favoriser la non-violence et le «vivre ensemble» par l’éducation.
Si l’éducation est incontournable comme plate-forme capable de projeter des messages porteurs de sens pour la non-violence, il reste qu’on devra favoriser la participation citoyenne et jusqu’aux alliances pouvant mener sous les projecteurs les violences en logements qui sont le fait d’individus pervers voulant l’expulsion d’une victime sans recours.
Car, tout comme pour les viols et violences conjugales, il existe des types de violences dont le seul recours passe par la mise sous les projecteurs par le féminisme. Ce qui peut servir les victimes et le bien commun!
Mémoire réalisé dans le cadre de l'animation d'un atelier au Forum Social Québécois de 2007.
mercredi 31 mai 2006
Notes d'espoir d'un "joueur de piano"
PIERRE JASMIN se raconte à JEANNE GAGNON
AVANT-PROPOS
Pourquoi ces entretiens avec le pianiste des Midis Beethoven et des Lundis Mozart? D’une part parce que le pianiste Pierre Jasmin séduit par sa pédagogie pré-concert, laquelle, peu importe le lieu, sert au nivellement entre le public et l’œuvre. Par ce rapport intimiste avec l’audience, s’amorce invariablement la réflexion autour du discours musical sans pour autant négliger quelques détours savants conduisant vers des liens poético-philosophiques. La profondeur des propos pourrait lasser, mais le public demeure attentif, voire abandonné au sensible avant l’interprétation. Il faut dire que, malgré l’altitude, malgré la livrée de textes savants des musicologues de l’Olympe, Pierre Jasmin possède l’art du discours intimiste avec son auditoire.
Convoquée par ces hautes cimes de la musique, à la fin des concerts Beethoven, et plus encore à la fin des concerts Mozart, je me suis sentie désireuse de prolonger la réflexion. Il m’a fallu préparer un canevas autour d’un profil d’entretiens, tout en établissant les jalons pouvant laisser des traces à travers une publication. Les échanges allaient me confirmer la vocation d’un pédagogue passionné par son métier. Et, par delà le musicien et pédagogue, me révéler l’homme engagé à travers les Artistes pour la Paix.
Le plus difficile fut de m’approprier la baguette du chef d’orchestre. Je voulais me faire plaisir, à savoir tenir compte de mes attentes face à un musicien. Ce qui allait nous mener vers un ensemble de profils, voire au rapport physique que veut la musique – le rythme et le suprarythme, et même faire intervenir la sensualité du langage musical. Certains s’en étonneront mais il ne faut pas oublier que même Saint-Augustin a pu se reprocher le trop plein d’émotions que provoquait chez lui le chant des psaumes à l’église. En même temps, les entretiens m’obligèrent à tenir compte des versants culturels et politiques. Et là, le pédagogue vint m’inspirer avec brio.
Tout musicien formé en milieu académique connaît relativement bien le terrain des techniques et postures. D’ailleurs, ces dernières prennent de plus en plus d’importance au sein du milieu académique. Ce que prouve un article récemment paru dans les pages d’un quotidien et qui disait : « l’évolution de l’enseignement en haut lieu, tel le Conservatoire Royal de Toronto qui voudrait articuler l’enseignement de la technique à travers des laboratoires mettant en relief la gestuelle (mouvement des bras – des doigts – des coudes – des épaules et permettre à l’élève de mieux comprendre le langage pianistique à travers compréhension de codes gestuels, mais aussi à travers l’accès à des supports où l’élève peut devenir l’observateur face au couple interprète-interprétation. (Le Devoir – 26 mars 2006). Beaucoup d’élèves ayant étudié la musique dans les écoles privées resteront peu avertis de l’importance du physique face à l’instrument. Ce qui fut mon cas. Ce sont des instrumentistes qui se seront adaptés dans l’ignorance. Pire encore, certains, tout comme moi, auront été déstabilisés par un traumatisme ayant des conséquences dans le rapport à l’instrument. Je fais référence à la contribution des membres supérieurs et inférieurs à travers des postures qui sont de la pédagogie d’un maître de musique.
L’interrelation me sera révélée lors des classes de maître de Monique Deschaussées. Par cette pédagogue de réputation internationale, je prenais conscience d’un lien organique mettant en compte savoir intellectuel et représentation physique à travers des codes servant l’interprète et l’interprétation. A partir de ce moment, j’ai compris que le maître pouvait posséder la science musicale et devoir admettre son inaptitude à la plénitude pédagogique.
Les entretiens m’auront permis d’insister sur tout ce qui me hante à travers la musique : technique, couleurs et formes d’un langage sensible, exigences physiques de la partition, fidélité au langage par l’interprète, spiritualité à travers l’interprétation, etc. Certaines de mes questions liées au physique ont étonné Pierre Jasmin, mais c’était dans l’ordre des choses, compte tenu de mon intérêt pour ce qui engage le corps à corps avec l’instrument. D’autres interprètes en ont traité. Ainsi, Ciccolini n’hésite pas à signaler certaines particularités du rapport physique que veut l’oeuvre : « On a fait des calculs : le concert d’un pianiste équivaut à plusieurs kilomètres de marche d’un pas assez rapide, sinon à 8 heures de travail manuel simple » (Extrait : Musique et vérités – Monographie – Entretiens avec Aldo Ciccolini – UQAM – ML 417C58 A38.1998).
En salle de concert, les exigences d’une partition échappera à l’audience alors que lors de la série Midis Beethoven avec Pierre Jasmin, rien ne pouvait nous échapper. Ainsi, l’audience aura eu tout le loisir de s’attarder sur des détails. Habituée des concerts, j’avoue que la proximité avec le pianiste m’aura servie à plus d’un égard.
Même si la pédagogie pré-concert aura joué son rôle, disons que l’interprétation de la Hammerklavier devint révélatrice d’une autre dimension. Voilà que j’en découvrais la beauté esthétique et sensible. Non seulement en ai-je découvert l’aspect titanesque, mais j’accédais à la beauté d’une œuvre qui m’avait toujours paru déferlement de notes sans relief. L’interprétation de Pierre Jasmin m’ouvrait à la sensibilité et à l’esthétisme sans pour autant me faire oublier l’aspect titanesque dont parle Ciccolini. Rappelons qu’il s’agit d’une pièce de répertoire abandonnée pour ses exigences physiques par des interprètes éminents, dont Alfred Brendel lui-même. (Le Devoir – 29 janvier 2006).
Lors de nos entretiens, j’ai pu aborder quantité d’aspects liés aux interprétations. Si je n’étais pas toujours en accord avec les positions de Pierre Jasmin, je peux dire que nos échanges auront été riches de sens. Il y eut de parfaites similitudes de vues, mais aussi des oppositions. Ce qui relevait de choix viscéraux faisant partie de nos identités respectives. Ce qui fait dire à Ciccolini : « J’admire Bach mais je ne l’aime pas. Vivaldi : Je ne l’aime pas ni ne l’admire. Voilà pourquoi, malgré le plaisir du partage, force était de convenir de divergences de vues autour d’interprétations.
Et maintenant, que puis-je vous souhaiter de mieux que l’abandon au plaisir d’entretiens faisant connaître un pédagogue passionné, un interprète de calibre international qui aura su profiter d’influences ayant jalonné sa route tout en servant la pédagogie musicale de l’UQAM. Et parmi les influences dont il a su tirer partie, celle toute particulière de Pierre Péladeau. Ce dont le pianiste nous entretient en toute générosité.
Jeanne Gagnon
Le 31 mai 2006
Parution : Édition Triptyque, 2006, Montréal, 266 pages.
Parution : Édition Triptyque, 2006, Montréal, 266 pages.
mardi 14 septembre 2004
Prostitution et «entrepreneurship»
Selon l'adage des temps, la mondialisation inviterait à l'intégration de tous les marchés générateurs de capitaux. Certains pays ont devancé la mondialisation pour l'intégration de l'industrie du sexe dans le PNB, quand d'autres se sont dotés de barrières susceptibles de décourager les marchés à travers l'offre et la demande, et de même filtrer l'immigration.
Ici au Québec, et à l'heure virtuelle de la mondialisation, les travailleuses du sexe ne revendiquent rien quant au PNB, tout en œuvrant en collectif dans le but de faire connaître leurs attentes. D'ailleurs, entre 2001 et 2002, la Fédération des Femmes du Québec (F.F.Q.) s'est penchée sur les droits (sécurité et santé) lors d'une assemblée générale spéciale. Cette rencontre prenait le relais d'un sondage en régions.
Les valeurs touchant la prostitution font intervenir le travail, les violences, les rapports structurels à travers la législation du travail. Le discours des travailleuses du sexe était, et demeure, discours branché sur le local à travers la volonté politique d'une reconnaissance du travail du sexe. Dans l'orbe de cette reconnaissance viennent en compte les droits (sécurité/santé). C'est à ce carrefour qu'interfère le rapport au structurel (Normes du Travail/ CSST) et aux valeurs d'une société à travers le travail.
La dynamique de l'Assemblée Générale aura confronté travailleuses du sexe et intervenantes de milieux communautaires regroupées sous le chapiteau de la F.F.Q. Par absence de vulgarisation, le parterre féministe est resté muet... ou presque! Tout comme moi, de nombreuses femmes ont dû s'interroger sur l'appartenance d'un tel débat à la F.F.Q., eu égard à la gravité des enjeux.
Les marchés du sexe et le P.N.B.
Lorsqu'on aborde le P.N.B. avec des organismes comme Stella, organisme-pilote des revendications des travailleuses du sexe, on constate la vision individualiste des travailleuses, à savoir une vision déconnectée de toute déclaration du revenu, voire de toute relation avec l'industrie du sexe et ses revenus, à plus forte raison le P.N.B.
jeudi 20 mai 2004
Politique linguistique et rayonnement de la langue française
Lettre au Journal Le Devoir - non publiée
Montréal, le 20 mai 2004
Gérald Larose
CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ
a/s Société nationale des québécois et des québécoises de la Capitale
525, du bon Pasteur
Québec
(Qué)
G1R 5R6
Télécopieur: (514) 598-5863
Courriel: unis@souverainete.info
OBJET: La politique linguistique et le rayonnement de la langue française
Bonjour Monsieur Larose,
J'étais de la soirée du 17 mai ou Débat sur la langue au Restaurant Lion d'Or. Soirée intéressante avec une brochette d'invités permettant d'inventorier les enjeux de la langue à travers le politique. Si j'y allais d'abord d'un commentaire plus personnel, je dirais qu'il y avait trop de resserrement lors de la période d'échanges avec le public.
Je trouve que la diversité des invités sert ce genre de débat. Il faudra continuer d'intégrer des membres de la communauté immigrante. On y trouve des apports percutants. Le témoignage d'Akos Verbocyz de la Commission scolaire du MEMO et membre du Forum jeunesse, nous aura mieux renseignés que le Québécois de souche quant aux raisons profondes renvoyant l'immigrant au choix de l'une des cultures dominantes.
Par contre, même s'il a beaucoup été question de fierté et d'amour de la langue, nous savons que le politique aura sa part de responsabilité. Car la fierté ne suffit pas! D'autant plus qu'il fallait bien se rendre à l'évidence, quant aux mutations et approches, à savoir qu'une certaine jeunesse se glorifie de parler "allo" (dixit) ou langues allophones métissées tout en s'alliant des Québécois-Québécoises de souche. Le message nous fut servi par la conférencière Marie-Claude Sarrazin. Néanmoins, cette dernière n'aura convaincu ni le parterre ni ses pairs quant à l'idéologie d'une langue transversale "allophone" en mutation et mettant en compte le refus de frontières des langues. Ce qui fit dire au citoyen québécois Akos Verbocyz qu'il n'y a rien à chercher de ce côté, puisqu'il s'agit d'individus ne maîtrisant aucune des langues parlées.
Par la lecture de son article intitulé "Montréal, ville internationale de langue française" (publié dans Le Devoir du 4 mai 2004) Bruno Roy pose la problématique d'une ville phare faisant de Montréal le lieu symbolique d'un Québec français en Amérique. Et pourtant, Montréal est cette plaque tournante, mais aussi lieu de combats où se jouent les grands enjeux du Québec français. L'article de Bruno Roy s'avère d'autant plus important, qu'il éclaire sur l'identité tout en ramenant à l'idée patrimoniale, là où converge l'interrelation d'un patrimoine universel (langue) tout en faisant du patrimoine et lieu de croisements (Montréal) cette bouche politique qu'on tente de museler en invoquant les fausses raisons du bilinguisme.
Depuis un certain temps, la problématique de la langue m'interpelle davantage. Pourquoi? A cause d'incidents survenus lors de Conseils de quartier. Je les fréquente plus assidûment depuis la dernière année (Arrondissement Plateau Mont-Royal) pour des préoccupations liées à l'écologie. Des incidents m'ont fait voir de front les attaques pernicieuses du bilinguisme et mieux cerner l'hypocrisie de la Ville de Montréal. De plus en plus, on y voit l'implantation d'un fonctionnement fait de décorum tout en pratiquant la loi du baillon. Tout en y intégrant les lois d'un bilinguisme s'implantant à petites doses! Il faut s'interroger sur les visées politiques que pourraient téléguider certains hauts fonctionnaires de la Ville à travers les méthodes subversives. D'autant plus, comme le disait l'exposé d'Anne Légaré, que les adversaires perçoivent la langue française comme subversive.
Je serai concrète quant aux faits et liens qui m'ont fait voir le danger d'effritement du patrimoine à travers le non-dit. Je fais référence au fait qu'un fonctionnaire de la Ville de Montréal vienne interpeller la mairesse au micro dans un discours bilingue. D'entrée de jeu, l'intervention s'orienta dans un français impeccable, mais après cinq minutes, le même individu poursuivait son exposé en anglais. Vu la longueur de l'exposé dans la deuxième langue...la mairesse lui donna la réplique en anglais.
Comme citoyenne déjà avisée des pratiques des Conseils de quartiers, j'y voyais une première...sans pour autant y voir réalité anodine! Ce que le temps vient me confirmer, car depuis lors, les interventions en anglais au Conseil de Quartier se sont multipliées. Ce qui amène graduellement Michel Prescott et/ou Madame Fotopoulos à leur donner réponse en anglais. Faut-il appréhender d'autres audaces?
J'appréhende d'autant plus que des événements font, en parallèle, émerger l'hypocrisie de la communication au sein des structures de la Ville de Montréal. Ainsi, lors de la consultation publique autour de la Charte, l'information n'a pas été donnée par les grands quotidiens, sauf de rares fois et par des annonces classées (La Presse et Gazette). C'est pourquoi l'information sera passée inaperçue, tant pour moi que pour d'autres. Bref, j'aurai pu prendre connaissance de l'émergence d'une consultation autour de la Charte par ce hasard d'appropriation du petit journal de quartier Place publique (kiosque du quartier des affaires - centre-ville) alors qu'il demeurait journal introuvable au sein même du Plateau Mont-Royal pour quantité de citoyens-citoyennes du territoire cible. Cela dit, tout en devant avouer que l'hebdomadaire et/ou mensuel du quartier, malgré son intérêt, ne saurait prétendre remplacer les grands quotidiens.
D'ailleurs, voyant perdurer l'absence d'information dans les quotidiens, lors d'un Conseil de Quartier du début d'année 2004, je profitai d'une intervention relative à mes autres préoccupations pour faire mention d'attentes citoyennes concernant la charte. Au premier degré, le besoin d'une diffusion de l'information de pointe dans les quotidiens. Sans pour autant préciser, Madame Fotopoulos m'a rassurée en disant que le public serait informé. Et pourtant, je serai informée à la faveur d'un hasard, puisque la communication liée à la consultation publique m'est venue de Place Publique. (Vol. XI, no 4, 28 février 2004). A noter que ce journal est sous la gouverne d'un fonctionnaire de la Ville de Montréal, lequel joue également le rôle d'éditeur pour SODECM.
Lors de la présentation d'un Mémoire concernant l'élaboration de cette Charte (avril 2004), j'ai volontairement inauguré ma présentation par la dénonciation de ces pratiques sélectives de diffusion de communications. D'autant plus que l'exclusivité des communiqués liés à la consultation publique m'avait été confirmée par un fonctionnaire (annonces classées - deux quotidiens montréalais). Il faut dire que je m'étonnais d'autant plus qu'en faisant lecture du mensuel Place Publique, sous la plume du fonctionnaire de la Ville de Montréal et éditeur pour SODECM, j'avais été confrontée aux doléances et/ou dénonciations de Dimitri Roussopoulos (Vol. XI, no 6, 27 mars 2004). Ce qui m'obligeait à d'autres interrogations sur les visées politiques des structures, puisque ces avancées venaient d'un individu assumant déjà un rôle prépondérant comme fonctionnaire de la Ville de Montréal, avec responsabilités rattachées à l'évolution d'une future Charte montréalaise de nos droits et responsabilités.
A mon sens, la culpabilité touche la Ville de Montréal au premier degré à travers un laisser-faire favorisant abus et orientation subversive d'une politique d'implantation du bilinguisme. Ce qui va à contre courant de l'évolution de Montréal, ville phare d'un Québec français.
J'ajouterai ce qui suit concernant la présentation des mémoires et le parterre clair semé lors de la consultation pour la charte montréalaise de nos droits et responsabilités. Le respect des citoyens-citoyennes exige la circulation de l'information. Dans l'immédiat, il est permis de douter des canaux de diffusion, voire même de certaines plates-formes politiques visant la démocratie participative.
Il ne faudra jamais oublier que la question politique québécoise d'une langue commune ne saurait s'appliquer uniquement à l'arrière-pays, mais tout autant aux structures et superstructures. Ce qui englobe Montréal, ville phare d'un Québec français!
Jeanne Gagnon
Écrivaine
vendredi 30 avril 2004
Lettre ouverte à Christian Desmeules - Journal Le Devoir
Lettre à Christian Desmeules
Journal Le Devoir
(Lettre ouverte datée du 30 avril 2004 - non publiée)
Journal Le Devoir
(Lettre ouverte datée du 30 avril 2004 - non publiée)
OBJET: Votre article intitulé "Miron, moi et je" - Édition Le Devoir - 27 mars 2004
Monsieur,
Votre article du 27 mars m'a interpellée à différents égards, plus spécifiquement dans les symbolismes que représentent pouvoir/impouvoir dans l'authenticité d'un langage. J'ai hésité longtemps avant de vous faire part de mes commentaires.
mardi 2 mars 2004
A l'heure des bilans
J’ai aimé et admiré Claude Ryan. Jusqu’au jour où j’en ai eu assez de l’homme vivant une fixation autour d’un « vaisseau fantôme » pouvant ramener à la reconnaissance identitaire des deux peuples fondateurs du Canada.
Indubitablement, j’aurai aimé et admiré l’intégrité de l’homme, le discours du journaliste dont la plume avait ce pouvoir de vulgarisation, bien que demeurant sous la gouverne du penseur. Le discours de l’homme politique laissait froid à cause du manque de charisme, mais l’homme n’en demeurait pas moins un penseur!
J’ai toujours perçu Claude Ryan comme la figure emblématique de l’honnête citoyen venu au politique pour servir. En même temps, à l’heure des bilans, il faut s’interroger quant à la force persuasive de l’homme « politique » qui se sera adonné à un rêve! Car le rêve permettait l’exercice d’un Magistère autour du pouvoir en place! Pour un penseur comme Claude Ryan, ceci venait alimenter le rêve tout en lui évitant de faire équipe. Car il nous a été donné de constater que Claude Ryan restait dans la bulle de son Magistère, tant au Devoir qu’en politique.
Certes, l’homme fut admirable à plusieurs égards. D’où mes interrogations sur ce qu’il serait advenu du Canada des années de la Révolution tranquille pour peu que la plume d’un Claude Ryan se soit rangée du côté de souverainistes, et ce, dans l’absence de compromis envers le Canada anglais?
Cela dit, en acceptant que cette rigueur incontournable aurait eu le double pouvoir de contrer le pouvoir du Gouvernement Trudeau, tout en obligeant le Parti Québécois à cerner le prix politique des faux-fuyants dans le seul but d’exercer le pouvoir! Que dire de plus …sinon que par cette fixation autour des deux peuples fondateurs, Claude Ryan a raté le véritable rendez-vous d’une reconquête politique exigeant la rupture et la souveraineté du Québec!
vendredi 24 janvier 2003
L'Ouvre-boîte au TNM - Année 2003
Le 24 janvier dernier, j’ai revu la pièce L’Ouvre-boîte après vingt-cinq ans d’intervalle. Une pièce intéressante si l’on tient compte du langage et des comportements de deux individus en situation de survie. Confrontation intéressante des rapports de forces entre le corps et l’esprit.
Très belle représentation d’une philosophie du « nous ». Et pourtant, la réalité ramène aux vérités profondes de l’être, car l’un et l’autre des individus revient à son individualité à travers l’émotion. Ainsi, lors de la fin prévisible, les deux individus sont proches physiquement mais dans le rapport au « je » et l’idéologie du « nous » n’a plus cours. Bref, quand vient ce moment imminent de la fin… celui qui représente le corps dit : « Qu’est-ce qu’on va devenir » et l’esprit de répondre; « Ne pense pas ».
L’actuelle réflexion sur l’Ouvre-boîte est faite à peine quelques heures après avoir vu la pièce au Théâtre Jean-Duceppe. Tout comme l’Algérienne qui m’accompagnait, j’ai goûté tant le sujet que la mise en scène. Je faisais des comparaisons puisque j’avais déjà vu l’œuvre.
Ainsi, il m’a semblé que le personnage du philosophe était plus incarné. Était-ce par le jeu de l’acteur ou par la mise en scène? Difficile à affirmer, mais il y avait probablement un peu des deux! Je donnerai deux exemples précis : le fait qu’il fasse du yoga nous renvoyait à un intellectuel plus sensible au corps, à savoir à un modèle d’intellectuel capable de ramener au spirituel intégrateur. Et là où il devient le plus incarné est cette scène où il y a mort simulée par son compagnon et quand on perçoit l’émotion de « l’homme d’esprit » à travers comportement et langage.
La pièce ramène à des moments intéressants de dualité propre à chaque humain, tant par le langage que par les comportements de l’un et l’autre . Prenons comme exemple, la mort simulée du compagnon et qui fera dire à l’intellectuel : « qu’est-ce que je vais devenir ». Prenons l’exemple du moment où l’intellectuel veut inculquer l’idée du « nous » alors que son compagnon veut savoir qui des deux pourra s’approprier la nourriture. Il y eut des moments hilarants, mais je sais gré à la mise en scène et aux acteurs de nous .avoir gardés dans la profondeur du sujet.
Je voudrai retrouver mes notes de journal d’il y a vingt-cinq ans, car j’ai souvenance que l’intensité du sujet s’estompait dans la frivolité d’un langage de premier niveau. D’ailleurs, j’ai encore mémoire le fait de m’être offusquée des rires quand la force du langage s’en allait mourir derrière le personnage que représente Deschamps. Évidemment…il était difficile au monologuiste Deschamps de se faire oublier, mais la mise en scène a son importance.
Commentaires tirés de mon journal – Le 27 janvier 2003
mardi 1 octobre 2002
Maternitude
Marternitude...par delà la figure politique de Jacqueline Dugas
Publication – Revue Entr’Autres – Vol. 3, no 4, p. 22, Octobre-décembre 2002.
A l’heure des bilans qu’impose la mort, je vois la pertinence de poser quelques interrogations sur l’âme patriote qui nous a quittés. Allons tout d’abord aux interventions politiques, lesquelles ramènent à la double identité, à savoir l’identité de la personne…mais aussi l’identité d’un peuple.
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