vendredi 17 octobre 2008

Dernier communiqué aux riverains-riveraines de la ruelle Modigliani

Objet: Je quitte la ruelle Modigliani

Le moment est venu de vous informer de mon départ puisque je quitterai définitivement la rive de la ruelle Modigliani le 1er novembre 2008. Ce fut une décision difficile, mais répondant à des considérations personnelles prenant toute la place, et ce, malgré l’attrait que m’inspire l’évolution d’une ruelle promise à des défis d’avant-garde.

samedi 1 mars 2008

La longue marche de Hillary Clinton

Publié sur le site Sisyphe.org (1er mars 2008)
Introduction
La montée de Hillary Clinton vers la Maison blanche nous projette vers cette réalité indiscutable qui, là sous nos yeux, affirme la proximité d’une femme en direction du pouvoir politique entre tous, à savoir pour le rôle de Présidente des États-Unis d’Amérique.

A ce jour, le féminisme a ébranlé les superstructures du patriarcat, mais ce système a des théories et modèles.  Ce qui obligera  Hillary Clinton à faire le pari de s’approprier le pouvoir en misant sur l’assurance métaphysique émanant de ce qui fut accompli et achevé à ce jour par «  l’être-féminin ».  Cela dit,  en misant sur ce qu’elle veut  accomplir et achever à travers sa longue marche de battante.  Ainsi pourrait-elle consolider l’assurance métaphysique d’une femme arrivée jusqu’au pouvoir suprême par ses propres moyens, c’est-à-dire à  travers labeur et détermination.

Ma réflexion se veut une introspection autour du parcours d’une femme tout en ramenant à la longue marche des femmes que sous-tend celle de Hillary Clinton.

Cette marche est la nôtre…
La longue marche de Hillary Clinton  nous fait reconnaître celle d’une femme, mais aussi la longue marche de toutes les femmes. Et dans la foulée de son pas,  l’événement nous rappelle  aux valeurs féministes, aux difficultés d’assumer pouvoir et féminitude face à l’étalonnage d’un patriarcat ayant ses  théories quant au pouvoir.  De même sa théorie du système et des groupes,  sa théorie de l’évolution,  sa théorie de l’angle et des modèles  à partir de superstructures.[1]  Peut-on dire que le féminisme a ébranlé les superstructures en s’appropriant une réflexion  autour de valeurs anti patriarcales?  Très certainement!

Malgré le féminisme, malgré la supposée égalité de la société américaine, la longue marche de Hillary Clinton nous projette dans les résistances du système. Résistances d’autant plus significatives que nous sommes de l’époque où les médias font et défont l’image, parfois naïvement, parfois dans le cynisme!  C’est pourquoi j’ai voulu faire de cet  article, un lieu d’incubation autour des faces cachées de la culture dominante, tout en me servant de quelques références livresques et journalistiques.  Histoire de montrer le chemin parcouru, mais aussi les influences de la culture à travers l’assurance métaphysique.  Ce terme fait référence aux valeurs culturelles ayant des incidences sur le comportement des individus. [2]

Celles qui ont lu Clara Malraux  se souviendront de quelques paroles rappelant à cette infériorité à travers le refoulement d’une femme de la bourgeoisie française, laquelle vivait  un féminisme avant l’heure, tout en étant confrontée à une relation de couple invitant à la sous-estimation  de  « l’être-féminin ». Cela dit en acceptant le fait que la culture patriarcale de l’époque transmettait un  modèle où la femme ne pouvait apparaître en avant-plan.  Cela dit en se rappelant que le compagnon deviendra un des écrivains majeurs du XXe  siècle.  Et si l’homme s’est intéressé à la Condition humaine [3]  à travers son œuvre, en même temps  il renvoyait à l’assurance métaphysique du rapport de forces hommes-femmes.  Ce qu’elle révélera par l’écriture en disant : « Je m’étais à peu près résignée à la condition juive (…) et de demi-étrangère, mais quoi, il me faudrait désormais tenir compte, par-dessus le marché, d’une sous-estimation  de principe opérée par une moitié de l’humanité et que je devais vaincre pour parvenir à l’égalité avec ceux-là peut-être qui ne me valaient pas? [4]  Ainsi, tout au long de cette publication,  nous apparaît la longue marche d’une femme qui, malgré la fortune,  reste soudée au couple pendant de nombreuses années tout en évaluant les transformations de cette cohabitation sur son pas de femme : « Je marchais bien autrefois, sûre, on pouvait écouter mon pas. Maintenant, je sautille à côté de lui (…). Tout ce qu’on ne leur défend pas, tout ce qu’ils peuvent recommencer une fois, deux fois, trois fois. [5]

C’est un peu ce à quoi « l’être féminin » est confronté par cette longue marche vers le pouvoir politique.  Nous pouvons affirmer sans contredit que Hillary Clinton est désavantagée par son statut de femme. De même désavantagée par le charisme de son rival.  Et bien sûr désavantagée par les symboles que charrie  Barack Obama à travers l’homme métissé, mais aussi par les faces cachées d’une culture patriarcale capable de récupérer l’âme collective  au détriment des valeurs prônées tant par Obama que par Clinton.

Hillary et les pièges de l’image
Par les technologies nous pouvons suivre le périple des candidats en route vers la Maison Blanche.  Ce qui, en même temps, nous introduit au pouvoir des médias à travers le traitement journalistique, voire à travers le non-dit.  Compte tenu que par Hillary Clinton et Barack Obama se vit un moment historique, on comprend l’importance du traitement de l’information.
Je n’invente rien!  Tout le monde sait que les rides de Hillary Clinton ont été des propos journalistiques des dernières semaines.  De même, cette larme jugée de l’ordre d’une stratégie politique!  Était-ce pour autant des propos substantiels autour de la politique internationale?    Et par delà les quipropo,  l’occultation de vérités pouvant servir ou desservir la démocratie. 

Consciente du pouvoir de la médiatisation d’un événement, j’ai cru pertinent de ramener à la livrée d’un journaliste responsable, lequel critiquait le non-dit nous privant de l’essentiel.  C’était quelques temps après le Référendum de 1980. Ce journaliste de La Presse invité à recevoir le Prix Olivar-Asselin (décembre 1983)  nous fait quelques révélations saisissantes :    »C’est un problème moral.  Toute la machine des médias d’information est bloquée.  Ça ne fonctionne plus du tout. (…).  Le débat référendaire fut celui des élites, des aristocrates de la pensée.  Aucun d’entre nous n’a réussi à expliquer ce qui se passait vraiment (…).  C’est effarant ce dont on ne dit pas un mot.  [6]

Dans l’inéquité du traitement médiatique, on fait beaucoup intervenir le rapport à l’image pour Hillary Clinton. J’ai  signalé le rapport aux rides et, bien sur,  cette larme jugée inappropriée.  On a le commentaire sardonique de Foglia  [7]  lequel tentait de nous faire avaler un fiel journalistique n’ayant rien à voir avec les idées.   Il commence son article en disant que Hillary Clinton échappe à la catégorie colombe-faucon.     Le langage reste politique mais la  plume dérape rapidement vers un rictus aliénant.  Nous voilà introduits vers l’image de bourgeoises « crocodiles » dont ferait partie  Hillary Clinton.   « On ne s’en doute pas quand on les voit manger des petits fours, mais attendez qu’elles s’approchent du pouvoir, elles ouvrent si grand la gueule qu’on voit le fond de leur petite culotte ».   

En une année, mes lectures du journal La Presse pourraient se compter sur les doigts d’une seule main.   Ce jour du 18 février, on m’a fait parvenir l’article et comme le propos s’avérait de la plus grande actualité, j’ai voulu  le parcourir.  Ce fut la nausée en même temps que bénéfique, car ce renouement avec  la prose de Foglia me renvoyait aux faces cachées du  patriarcat, tant à travers la déformation des faits et liens que par le non-dit auquel nous renvoyait le journaliste  Jean-V. Dufresne.  [8]

Les femmes et les émotions
Un retour à la réflexion de Colette Beauchamp  intitulée Le silence des médias publié chez Remue Ménage m’aura permis de cerner les profils antagonistes ayant constamment obligé la femme à  nier ses émotions.   A l’époque, la catégorie « femmes journalistes » était de l’ordre d’une minorité.   La lutte  n’aurait pu exister.  Les femmes qui ont lutté en vue d’exercer une influence à travers des émissions d’affaires publiques se seront fait renvoyer sur des tablettes, sinon à des tribunes où elles se sentaient sous-utilisées.

Bref,  le comportement  des femmes devenait piégé à travers le modèle imposé par la culture patriarcale!  Et l’auteure de nous introduire aux normes ne s’appliquant plus lorsqu’il s’agira d’un homme puisque  ce dernier pouvait et continue de pouvoir  être chauve, bedonnant, obèse, affecté de strabisme, de n’importe quel timbre de voix, d’une élocution et diction moyenne et se voir  accepté dans ce qu’il est.

L’intérêt de cette réflexion  émanant de l’intérieur de la tribune journalistique vient du bris  d’un silence  éprouvant, tout en nous renvoyant au cœur du contrôle de « l’être féminin » et de son image.  Certaines ont ressenti très durement ce contrôle sur leurs émotions.  Voyons ce qu’en révèle la journaliste :  « toute émotivité  était  bannie des ondes, comme si la froideur et l’agressivité n’étaient pas aussi des expressions d’émotions refoulées – et les moins efficaces pour établir une communication. Nombre de femmes, après plusieurs années de métier, suivent encore des cours pour apprendre à poser leur voix, la dépersonnaliser et acquérir le ton neutre alors que leurs camarades masculins n’en ont jamais ressenti le besoin : leur timbre naturel suffit. » [9]

Cette réflexion nous oblige également à reconnaître le problème qui se pose pour les femmes en route pour le pouvoir politique suprême.  Tout comme les journalistes du début des années 1970, ces femmes n’arriveront pas en lieu et place à la douzaine avant la fin du siècle et encore! Ce qui renvoie au  danger d’un combat dans l’insularité.

La castration venant du modèle imposé à l’intérieur des médias se fait significative à travers les propos de Lizette Gervais : « J’en suis arrivée à douter de ma compétence, à me dévaloriser et finalement à me sentir très très très insécure; (…) Le grand reproche que je serais tentée d’adresser à ceux qui dirigent l’information, c’est qu’ils s’acharnent à vouloir faire de l’information désincarnée. On tient dur comme fer à ce qu’elle soit vide d’émotion. Dès que je parle d’émotion, je sais que je vais passer pour une « vraie femme » dans le sens le plus péjoratif du terme.   [10]

La politique et les émotions
J’adhère à la thèse de Lise Payette disant que Hillary a tout intérêt à se comporter en femme à travers sa montée vers le pouvoir politique et qu’elle nous révèle dans une chronique récente :  « J’ai écouté attentivement le discours de Hillary Clinton au New Hampsphire (…) en me disant qu’il était temps que cette femme se montre telle qu’elle est, forte et sensible à la fois, femme de tête et femme de cœur en même temps.  (…). Elle dispose de dix mois pour cesser de jouer à l’homme politique et devenir une femme politique, avec tous les risques que cela comporte.  [11]

Ce qui se passe à travers la longue marche de Hillary Clinton, mais aussi à travers la couverture médiatique, me permet de cerner les influences d’un patriarcat dont les symboles restent omniprésents.  Dans le cas présent, Hillary Clinton représente le modèle antagoniste  hérité du féminisme.  Souvenons-nous des paroles de Clara Malraux  faisant référence au fait que les hommes peuvent se tromper…ce qui fait référence aux interdits touchant la femme:  « Tout ce qu’ils peuvent recommencer une fois, deux fois, trois fois [12]   Déjà, nous pouvons percevoir l’étalon de mesure en défaveur.  Une larme…et le jugement négatif autour des émotions…et de l’inaptitude au pouvoir.

Tout ce panégyrique ne vient pas pour autant signifier que je suis une inconditionnelle de  Hillary Clinton.   Pas du tout.   Tout comme je ne saurais voir les féministes comme des femmes  irréprochables en tout.  La critique nous  est nécessaire !   De ce fait, je suis aux premières lignes lors des rassemblements, tant pour les manquements à la démocratie que pour nos contradictions.

Hillary Clinton m’a déçue à quelques reprises.  D’abord que je parle de son manque de courage lorsqu’elle a voté pour la guerre en Irak.  Également pour défendre son projet d’assurance maladie universelle.

Elle a forcé mon admiration à d’autres moments, notamment par cette audace à regarder le pouvoir médiatique droit dans les yeux au plus fort de la tempête Levinski.  De même par sa capacité à demeurer sur les rails, puis de projeter son identité  à travers le bilan d’une femme blessée.

Je l’ai cru femme progressiste capable de défendre becs et ongles certains projets politiques de  gauche, mais tout comme Carl Bernstein  [13]   j’en suis venue à la percevoir  plus à l’aise dans le système que dans les idées de gauche.  Malgré les incursions qu’elle y a faites et qu’elle cache selon Bernstein.  L’article fait référence à son stage d’étudiante dans un bureau d’avocats défendant les Black Panthers et à son mémoire consacré à l’activiste social Saul  Alinsky. 

J’ajouterai une  déception.  Récemment, j’apprenais sur ses racines québécoises.  Ceci vient de nous être révélé  par la généalogie et selon le narrateur, Hillary aurait des origines canadiennes et françaises.  Les renseignements émanent dans « Mon Histoire » et l’ancienne première dame brosse un portrait négatif de sa grand-mère maternelle, Della Murray. (…).  L’hiver dernier, lors d’un rassemblement politique au New Hampshire, la candidate présidentielle a raté une belle occasion de rappeler ses racines franco-canadiennes.  Elle se trouvait à  Berlin, ville située dans le nord de l’État, où un maître de cérémonie lui avait souhaité la bienvenue en français. La sénatrice de New York n’a même pas pensé le remercier  en français et encore moins saluer dans cette langue ses partisans, parmi lesquels se trouvaient plusieurs Franco-Américains. »  C’est donc dire qu’on suppose que Hillary Clinton parle français!  [14]

CONCLUSION
La longue marche de Hillary Clinton  me permet, comme femme, et de même à toutes les féministes de faire le constat suivant :
  • Nous sommes fragilisées par l’image de  «l’ être féminin ». 
  • Toute femme voulant s’approprier le pouvoir d’État  doit avoir une bonne dose d’assurance métaphysique pour avancer sans être déstabilisée  par le modèle de la culture patriarcale;
  • Nous avons à travailler sur l’éducation politique de la masse quant à la récupération par les forces occultes du patriarcat ;
  • Les femmes doivent avancer vers le pouvoir politique, à tous les paliers,  et en plus grand nombre ;
  • Il faut viser l’envahissement du pouvoir politique à travers l’État;
En résumé, les femmes devront davantage envahir les champs politiques  afin de  produire de l’assurance métaphysique à travers leurs valeurs.  Ce qui est nécessaire à l’humain et au phénomène de l’existence collective.   [15]  


[1]  La machine à exister – Jean-François Volpert – Éditions Privat – 1978
[2]  La machine à exister – Jean-François Volpert – Éditions Privat – 1978 – 54-69 
[3]  La condition humaine (André Malraux)
[4]  Nos vingt ans – Clara Malraux, page 206 – Éditions Grasset - 1978
[5]  Nos vingt ans – Clara Malraux - page 233 – Éditions Grasset - 1978
[6]  Le silence des médias /Jean-V Dufresne – Colette Beauchamp – Éditions Remue Ménage – 1988 - 2e édition
[7]  Chronique Foglia – 18 février 2008 - Cyberpresse
[8]  Le silence des médias – Colette Beauchamp – Éditions Remue Ménage – page 122
[9]  Le silence des médias – Colette Beauchamp – Éditions du Remue Ménage - page 240
[10] Le silence des médias  - Colette Beauchamp – Éditions du Remue Ménage – page 250
[11] La bataille de Hillary Clinton – Lise Payette -   Le Devoir 11 janvier 2008
[12] Nos vingt ans – Clara Malraux - page 233 - - Editions Grasset
[13] Revue L’Express – 31 janvier 2008
[14] Les racines québécoises d’Hillary Clinton – page 18 –Revue  La Gagnonnière – février 2008
[15] La machine à exister Jean-François Volpert – Editions Privat – 1978 – page 69

mardi 29 janvier 2008

Combats éthiques et féminisme

Introduction
Mon propos vise à faire émerger les attentes citoyennes d’une société de droits. Parallèlement, à nous introduire aux influences des mouvements sociaux au sein de la société québécoise. De même à celles du féminisme quant aux mutations des valeurs de cette société. Mon questionnement est nettement inféodé à l’éthique féministe, à savoir dignité, autonomie, respect, solidarité, égalité, altérité.1 Ce qui vient d’être énuméré est repérable dans la publication portant sur la citoyenneté. Quant aux droits, je me suis référée à la vision des «droits-liberté» et «droits-créances»2 à l’intérieur d’une publication portant sur des textes choisis en regard du postulat citoyen.

Pourquoi la visibilité? Pourquoi la médiatisation?
Il est reconnu que d’afficher la violence brise l’isolement d’une victime tout en vulnérabilisant l’agresseur. Rappelons-nous les premières dénonciations de viols et violences conjugales. Les victimes s’affichaient tout en se plaçant dans la distance du sujet. Rappelons-nous le porte-voix féministe ayant collaboré au renforcement du «sujet politique» de femmes violentées. Ces batailles auront servi l’éthique de la responsabilisation citoyenne. Ce que la charte proclame ouvertement par cette affirmation: «Les femmes sont des citoyennes à part entière avant d’être des conjointes, des compagnes, des épouses, des mères, des travailleuses». (Charte de la Marche mondiale des femmes – Affirmation 4).

Et pourtant, malgré ces victoires sur les violences, force est de constater que le féminisme peut se tenir à distance de violences marginales, à moins de les choisir expressément afin d’être de l’époque, sinon de la devancer. Tout au long de cette dernière décade, j’ai été confrontée à cette fermeture de l’agenda politique par rapport aux violences défendues. Il s’agit de violences où des femmes seules sont visées et privées de leurs droits à un habitat exempt de violence. Les victimes peuvent être confrontées à l’expulsion à force de violences alors même que les agresseurs ont été blanchis par la Régie en raison du parjure.

Si les violences du privé mettent souvent en compte une intention d’expulsion, ce n’est pas le cas des femmes violentées dans les HLM. On remarquera que le Congrès de juin 2007 de la Fédération des HLM a résolument levé le voile sur les violences envers femmes et enfants, et ce, tout en orientant le plan d’action vers des solutions. Ce qui donne quelque espoir de transformation des rapports de forces dans une vision éthico-politique. Les violences en logements privés peuvent faire intervenir des profils en lien avec les armes non létales. Même si elles sont au courant de la circulation des armes non létales au sein de la société civile, la Fédération des Femmes Québécoises (FFQ) et Amnistie internationale gardent le silence sur un état de fait.

samedi 1 septembre 2007

Reportage sur les ruelles vertes réalisé par Sedna.tv

Voici un reportage sur les ruelles vertes démontrant la ruelle Modigliani et interviewant ses divers intervenants, dont son instigatrice Jeanne Gagnon.


Diffusé à l'émission "Sedna" de la Télévision RDI (Montréal, Québec, sept. 2007).

jeudi 23 août 2007

Mémoire pour le Forum Social Québécois

Je suis à l’origine de la mise sur pied d’une lutte pour la visibilité de violences en logements. Violences qui n’ont rien à voir avec les querelles de couples ou de voisinages, puisque violences perverses émanant d’un voisinage qui ne veut en rien l’approche favorisant le «vivre ensemble». Violences perverses voulant l’aliénation d’une victime confrontée aux violences radicales débouchant sur l’expulsion. Cette lutte voulait la solidarité des victimes, la solidarité des féministes, l’établissement d’une nouvelle jurisprudence, et la mise sous le désamorçage des violences par une mise sous les projecteurs.

Finalement, au départ lutte visant les victimes du logement privé, je serai amenée à prendre en compte les violences des logements sociaux. Cela même si les rapports de forces sont d’un autre ordre tout en demeurant violences envers des femmes seules démunies et sans recours.

Ma lutte restait une vision politique long terme. Une vision qui ne pourra se réalisée faute de solidarité des victimes, mais aussi par leur manque de discipline, par l’individualisme d’une lutte qui aura trop voulu trop embrasser. L’ultime but supposait une publication collective et un vidéo, et de même la solidarité de la Fédération des Femmes Québécoises. Cette vision englobante est restée non-lieu.
C’est pourquoi à l’automne 2006 j’optai pour une dernière démarche politisée. Ce qui demandait de préparer l’atelier à une participation au Forum social du Québec. Pour l’élargissement de la participation citoyenne, en juin dernier j’adressais une invitation à la Fédération des locataires d’Habitations à Loyer Modique du Québec (F.L.H.L.M.) et à l’O.M.H. Le courriel de l’administrateur Robert Pilon me donnait réponse négative le 13 juillet tout en m’informant d’un récent Congrès débouchant sur des recommandations de décentralisation des pouvoirs et d’instauration de mécanismes de préventions des violences envers femmes-enfants-aînés (Article 5, page 13 du Cahier du congrès de la F.L.H.L.M. du Québec, http://www.habitation.gouv.qc.ca/). Les recommandations renvoient à l’urgence d’agir du milieu.
De façon explicite, l’atelier du Forum introduira l’assistance à cette lutte qui m’a fait tenir compte de violences en logements privés et sociaux, tout en restant dans la volonté de recommandations distinctes. L’introduction ouvrit brièvement sur des profils atypiques et moins connus en logements privés, à savoir sur des pratiques mettant en compte l’utilisation de fusils électriques,...

Les recommandations furent déposées lors du grand rassemblement citoyen et mouvements sociaux de l’assemblée de clôture. Elles sont maintenant des mémoires du Premier Forum Social Québécois (http://www.forumsocialquebec.org/). Parallèlement, je les ai adressées à la Présidente de la Régie du Logement, à la F.L.H.L.M., à l’O.M.H., et à la Présidente de la Fédération des Femmes du Québec.

Je reconnais dans cette dernière participation citoyenne de l’atelier «Éthique de l’habitat», un legs porteur d’espoir puisque cédant des recommandations émanant d’un travail collectif en vue de favoriser la non-violence et le «vivre ensemble» par l’éducation.

Si l’éducation est incontournable comme plate-forme capable de projeter des messages porteurs de sens pour la non-violence, il reste qu’on devra favoriser la participation citoyenne et jusqu’aux alliances pouvant mener sous les projecteurs les violences en logements qui sont le fait d’individus pervers voulant l’expulsion d’une victime sans recours.

Car, tout comme pour les viols et violences conjugales, il existe des types de violences dont le seul recours passe par la mise sous les projecteurs par le féminisme. Ce qui peut servir les victimes et le bien commun!


Mémoire réalisé dans le cadre de l'animation d'un atelier au Forum Social Québécois de 2007.

mercredi 31 mai 2006

Notes d'espoir d'un "joueur de piano"

PIERRE JASMIN se raconte à JEANNE GAGNON


AVANT-PROPOS

Pourquoi ces entretiens avec le pianiste  des Midis Beethoven et des Lundis Mozart?   D’une part parce que le pianiste Pierre Jasmin séduit par sa pédagogie pré-concert, laquelle,  peu importe le lieu,  sert au nivellement entre le public et l’œuvre.   Par ce rapport intimiste avec l’audience, s’amorce invariablement la réflexion autour du discours musical sans pour autant négliger quelques détours savants conduisant vers des liens  poético-philosophiques.  La profondeur des propos pourrait lasser, mais le public demeure  attentif, voire abandonné au sensible avant l’interprétation.  Il faut dire que, malgré l’altitude,  malgré la livrée de textes savants des musicologues de l’Olympe, Pierre Jasmin possède l’art du discours intimiste avec son auditoire.

Convoquée par ces hautes cimes de la musique,  à  la fin des concerts Beethoven, et plus encore à la fin des concerts Mozart,  je me suis sentie désireuse de prolonger la réflexion. Il m’a fallu préparer un canevas autour d’un profil d’entretiens, tout en établissant les jalons pouvant laisser des traces à travers une publication.  Les échanges allaient me confirmer la vocation d’un pédagogue passionné par son métier.  Et, par delà le musicien et pédagogue, me révéler l’homme engagé  à travers les Artistes pour la Paix. 

Le plus difficile fut de m’approprier la baguette du chef d’orchestre.  Je voulais me faire plaisir,  à savoir tenir compte  de mes attentes face à un musicien.  Ce qui allait nous mener vers un ensemble de profils, voire au rapport physique que veut la musique – le rythme et le suprarythme,  et même faire intervenir la sensualité du langage musical.  Certains s’en étonneront mais il ne faut pas oublier que même Saint-Augustin a pu se reprocher le trop plein d’émotions que provoquait chez lui  le chant des psaumes à l’église.  En même temps, les entretiens m’obligèrent  à tenir compte des versants culturels et politiques.  Et là,  le pédagogue vint m’inspirer avec brio.

Tout musicien formé en milieu académique connaît relativement bien le terrain des techniques et postures.   D’ailleurs, ces dernières prennent  de plus en plus d’importance au sein du milieu académique.   Ce que prouve un article récemment paru dans les pages d’un quotidien et qui disait :  « l’évolution de l’enseignement en haut lieu, tel le Conservatoire Royal de Toronto qui voudrait articuler l’enseignement de la technique à travers des laboratoires mettant en relief la gestuelle (mouvement des bras – des doigts – des coudes – des épaules et permettre à l’élève de mieux comprendre le langage pianistique à travers compréhension de codes gestuels, mais aussi à travers l’accès à des supports où l’élève peut devenir l’observateur face au couple interprète-interprétation. (Le Devoir – 26 mars 2006).    Beaucoup d’élèves ayant étudié la musique dans les écoles privées resteront peu avertis de l’importance du physique face à l’instrument.  Ce qui fut mon cas.   Ce sont des instrumentistes qui se seront adaptés dans l’ignorance.  Pire encore, certains, tout comme moi,  auront  été déstabilisés par un traumatisme ayant des conséquences dans le rapport à l’instrument.  Je fais référence à la contribution des membres supérieurs et inférieurs à travers  des  postures qui sont de la pédagogie d’un maître de musique.

L’interrelation me sera révélée lors des classes de maître de Monique Deschaussées.  Par cette pédagogue de réputation internationale, je prenais conscience d’un lien organique mettant en compte  savoir intellectuel et  représentation physique à travers des codes servant  l’interprète et l’interprétation.  A partir de ce moment,  j’ai compris que le maître pouvait  posséder  la science musicale  et devoir admettre son inaptitude à la plénitude  pédagogique.

Les entretiens m’auront  permis d’insister sur tout ce qui me hante à travers la musique :   technique, couleurs et formes d’un langage sensible, exigences physiques de la partition, fidélité au langage par l’interprète,   spiritualité à travers l’interprétation, etc.     Certaines de mes questions  liées au physique ont étonné Pierre Jasmin, mais c’était dans l’ordre des choses, compte tenu de mon intérêt pour  ce qui engage le corps à corps avec l’instrument.  D’autres interprètes en ont traité.     Ainsi, Ciccolini n’hésite pas à  signaler certaines particularités du rapport physique que veut l’oeuvre :  « On a fait des calculs : le concert d’un pianiste équivaut à plusieurs kilomètres de marche d’un pas assez rapide, sinon à 8 heures de travail manuel simple » (Extrait :  Musique et vérités – Monographie – Entretiens avec Aldo Ciccolini – UQAM – ML 417C58 A38.1998).

En salle de concert,  les  exigences d’une partition échappera  à l’audience alors que lors de la série Midis Beethoven avec Pierre Jasmin,  rien ne pouvait nous échapper.  Ainsi,  l’audience aura eu  tout le  loisir de s’attarder sur des détails.  Habituée des concerts,  j’avoue que la proximité avec le pianiste m’aura servie à plus d’un égard.

Même si la pédagogie pré-concert aura joué son rôle, disons que l’interprétation de la Hammerklavier devint  révélatrice d’une autre dimension.   Voilà que j’en découvrais la beauté esthétique et sensible.  Non seulement  en ai-je découvert l’aspect titanesque,  mais j’accédais à la beauté d’une œuvre qui m’avait toujours paru  déferlement  de notes sans relief.    L’interprétation de Pierre Jasmin m’ouvrait à la sensibilité et  à l’esthétisme sans pour autant me faire oublier l’aspect titanesque dont parle Ciccolini.   Rappelons qu’il s’agit d’une pièce de répertoire  abandonnée  pour ses exigences physiques par des interprètes éminents, dont  Alfred Brendel  lui-même.   (Le Devoir – 29 janvier 2006).

Lors de nos entretiens, j’ai pu aborder quantité d’aspects liés aux  interprétations.  Si je n’étais pas toujours en accord avec les  positions de Pierre Jasmin,  je peux dire que nos échanges auront été riches de sens.  Il y eut de parfaites similitudes de vues, mais aussi des oppositions.   Ce qui relevait de choix viscéraux faisant partie de nos identités respectives.   Ce qui fait dire  à Ciccolini :  « J’admire Bach mais je ne l’aime pas.  Vivaldi : Je ne l’aime pas ni ne l’admire.  Voilà pourquoi, malgré le plaisir du partage,  force était de convenir de divergences de vues autour d’interprétations.

Et maintenant, que puis-je vous souhaiter de mieux que l’abandon au plaisir d’entretiens faisant connaître un pédagogue passionné,  un interprète de calibre international  qui  aura su profiter d’influences  ayant jalonné sa route tout en servant la pédagogie musicale  de l’UQAM.   Et parmi les influences dont il a su tirer partie,  celle toute particulière de Pierre Péladeau.  Ce dont le pianiste nous entretient en toute générosité.


Jeanne  Gagnon
Le 31 mai 2006


Parution : Édition Triptyque, 2006,  Montréal, 266 pages.

mardi 14 septembre 2004

Prostitution et «entrepreneurship»

Selon l'adage des temps, la mondialisation inviterait à l'intégration de tous les marchés générateurs de capitaux. Certains pays ont devancé la mondialisation pour l'intégration de l'industrie du sexe dans le PNB, quand d'autres se sont dotés de barrières susceptibles de décourager les marchés à travers l'offre et la demande, et de même filtrer l'immigration.

Ici au Québec, et à l'heure virtuelle de la mondialisation, les travailleuses du sexe ne revendiquent rien quant au PNB, tout en œuvrant en collectif dans le but de faire connaître leurs attentes. D'ailleurs, entre 2001 et 2002, la Fédération des Femmes du Québec (F.F.Q.) s'est penchée sur les droits (sécurité et santé) lors d'une assemblée générale spéciale. Cette rencontre prenait le relais d'un sondage en régions.

Les valeurs touchant la prostitution font intervenir le travail, les violences, les rapports structurels à travers la législation du travail. Le discours des travailleuses du sexe était, et demeure, discours branché sur le local à travers la volonté politique d'une reconnaissance du travail du sexe. Dans l'orbe de cette reconnaissance viennent en compte les droits (sécurité/santé). C'est à ce carrefour qu'interfère le rapport au structurel (Normes du Travail/ CSST) et aux valeurs d'une société à travers le travail.

La dynamique de l'Assemblée Générale aura confronté travailleuses du sexe et intervenantes de milieux communautaires regroupées sous le chapiteau de la F.F.Q. Par absence de vulgarisation, le parterre féministe est resté muet... ou presque! Tout comme moi, de nombreuses femmes ont dû s'interroger sur l'appartenance d'un tel débat à la F.F.Q., eu égard à la gravité des enjeux.

Les marchés du sexe et le P.N.B.

Lorsqu'on aborde le P.N.B. avec des organismes comme Stella, organisme-pilote des revendications des travailleuses du sexe, on constate la vision individualiste des travailleuses, à savoir une vision déconnectée de toute déclaration du revenu, voire de toute relation avec l'industrie du sexe et ses revenus, à plus forte raison le P.N.B.

jeudi 20 mai 2004

Politique linguistique et rayonnement de la langue française

Lettre au Journal Le Devoir  - non publiée

Montréal, le 20 mai 2004

Gérald Larose
CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ
a/s  Société nationale des québécois et des québécoises de la Capitale
525, du bon Pasteur
Québec
(Qué)
G1R 5R6
Télécopieur: (514) 598-5863
Courriel:  unis@souverainete.info


OBJET:  La politique linguistique et le rayonnement de la langue française

Bonjour Monsieur Larose,

J'étais de la soirée du 17 mai ou  Débat sur la langue au Restaurant Lion d'Or. Soirée intéressante avec une brochette d'invités permettant d'inventorier les enjeux de la langue à travers le politique.  Si j'y allais d'abord d'un commentaire plus personnel,  je dirais qu'il y avait trop de resserrement lors de la période d'échanges avec le public.

Je trouve que la diversité des invités sert ce genre de débat.  Il faudra continuer d'intégrer des membres de la communauté immigrante. On y trouve des apports percutants. Le témoignage d'Akos Verbocyz de la Commission scolaire du MEMO et membre du Forum jeunesse,  nous aura  mieux renseignés que le Québécois de souche quant aux raisons profondes renvoyant l'immigrant  au choix de l'une des cultures dominantes.

Par contre, même s'il a beaucoup été question de fierté et d'amour de la langue, nous savons que le politique aura sa part de responsabilité. Car la fierté ne suffit pas! D'autant plus qu'il fallait bien se rendre à l'évidence,  quant aux mutations et approches,  à savoir qu'une certaine jeunesse se glorifie de parler "allo" (dixit)  ou langues allophones métissées tout en s'alliant des Québécois-Québécoises de souche.  Le message nous fut servi par la conférencière Marie-Claude Sarrazin.  Néanmoins, cette dernière n'aura convaincu ni le parterre ni ses pairs quant à l'idéologie d'une langue transversale "allophone" en mutation  et mettant en compte le refus de frontières des langues. Ce qui fit dire au citoyen québécois Akos Verbocyz qu'il n'y a rien à chercher de ce côté,  puisqu'il s'agit d'individus ne maîtrisant aucune des langues parlées. 

Par la lecture de son article intitulé "Montréal, ville internationale de langue française" (publié dans Le Devoir du 4 mai 2004) Bruno Roy pose la problématique d'une ville phare faisant de Montréal le lieu symbolique d'un Québec français en Amérique. Et pourtant,   Montréal est cette plaque tournante, mais aussi lieu de combats où se jouent les grands enjeux du Québec français.  L'article de Bruno Roy  s'avère d'autant plus important, qu'il éclaire sur l'identité tout en ramenant à l'idée patrimoniale, là où  converge l'interrelation d'un  patrimoine universel (langue) tout en faisant du patrimoine et lieu de croisements (Montréal) cette bouche politique qu'on tente de  museler en invoquant les fausses raisons du bilinguisme. 

Depuis un certain temps,  la problématique de la langue m'interpelle davantage. Pourquoi?  A cause d'incidents survenus lors de Conseils de quartier.  Je les fréquente plus assidûment depuis la dernière année (Arrondissement Plateau Mont-Royal) pour des préoccupations liées à l'écologie.  Des incidents m'ont  fait voir de front les attaques pernicieuses du bilinguisme et mieux cerner l'hypocrisie de la Ville de Montréal.  De plus en plus, on y voit l'implantation d'un fonctionnement fait de décorum tout en pratiquant la loi du baillon.  Tout en y intégrant les lois d'un bilinguisme s'implantant à petites doses!   Il faut s'interroger sur les visées politiques que pourraient téléguider certains hauts fonctionnaires de la Ville à travers les méthodes subversives.  D'autant plus, comme le disait l'exposé d'Anne Légaré, que les adversaires perçoivent la langue française comme subversive.

Je serai concrète quant aux faits et liens qui m'ont fait voir le danger d'effritement du patrimoine à travers le non-dit.  Je fais référence au fait qu'un fonctionnaire de la Ville de Montréal vienne  interpeller la mairesse au micro dans un discours bilingue.  D'entrée de jeu, l'intervention s'orienta dans un français impeccable, mais après cinq minutes, le même individu poursuivait son exposé en anglais.  Vu la longueur de l'exposé dans la deuxième langue...la mairesse lui donna la réplique en anglais.

Comme citoyenne déjà avisée des pratiques des Conseils de quartiers,  j'y voyais une première...sans pour autant y voir réalité anodine!   Ce que le temps vient me confirmer, car depuis lors, les interventions en anglais au Conseil de Quartier se sont multipliées. Ce qui amène graduellement Michel Prescott et/ou Madame Fotopoulos à leur donner réponse en anglais. Faut-il appréhender d'autres audaces? 

J'appréhende d'autant plus que des événements font, en parallèle, émerger l'hypocrisie de la communication au sein des structures de la Ville de Montréal.  Ainsi, lors de la consultation publique autour  de la Charte, l'information n'a pas été donnée par les grands quotidiens, sauf de rares fois et  par des annonces classées (La Presse et Gazette). C'est pourquoi l'information  sera passée inaperçue, tant pour moi que pour d'autres.   Bref, j'aurai pu prendre connaissance de l'émergence d'une consultation  autour de la Charte par ce hasard d'appropriation du petit journal de quartier Place publique (kiosque du quartier des affaires - centre-ville)  alors qu'il demeurait journal introuvable au sein même du Plateau Mont-Royal pour quantité de citoyens-citoyennes du territoire cible.   Cela dit, tout en devant avouer que l'hebdomadaire et/ou mensuel du quartier,  malgré son intérêt,  ne saurait prétendre remplacer les grands  quotidiens.

D'ailleurs, voyant  perdurer l'absence d'information dans les quotidiens, lors d'un Conseil de Quartier du début d'année 2004,  je profitai d'une intervention relative à mes autres préoccupations  pour faire  mention d'attentes citoyennes concernant la charte.  Au premier degré, le besoin d'une diffusion de l'information de pointe dans les quotidiens. Sans pour autant préciser,  Madame Fotopoulos m'a rassurée en disant que le public serait informé. Et pourtant,   je serai informée à la faveur d'un hasard,  puisque la communication liée à la consultation publique m'est venue de Place Publique.   (Vol. XI, no 4, 28 février 2004). A noter que ce journal est sous la gouverne d'un fonctionnaire de la Ville de Montréal, lequel joue également le rôle d'éditeur pour SODECM.

Lors de la présentation d'un Mémoire concernant l'élaboration de cette Charte (avril 2004),  j'ai volontairement inauguré ma présentation  par la dénonciation de ces pratiques sélectives de diffusion de communications. D'autant plus que l'exclusivité des communiqués liés à la consultation publique  m'avait été confirmée par un fonctionnaire  (annonces classées  - deux quotidiens montréalais). Il faut dire que je m'étonnais d'autant plus qu'en faisant lecture du mensuel  Place Publique,  sous la plume du fonctionnaire de la Ville de Montréal et éditeur pour SODECM,  j'avais été confrontée aux doléances et/ou dénonciations de Dimitri Roussopoulos (Vol. XI, no 6, 27 mars 2004). Ce qui m'obligeait à d'autres interrogations sur les visées politiques des structures, puisque ces avancées venaient d'un individu assumant déjà  un rôle prépondérant comme fonctionnaire de la Ville de Montréal,  avec responsabilités rattachées à l'évolution d'une future Charte montréalaise de nos droits et responsabilités.

A mon sens,  la culpabilité touche la Ville de Montréal au premier degré à travers un laisser-faire  favorisant abus et orientation subversive d'une politique d'implantation du  bilinguisme.  Ce qui va à contre courant de l'évolution de Montréal, ville phare  d'un Québec français.

J'ajouterai ce qui suit concernant la présentation des mémoires et le parterre clair semé lors de la consultation pour la charte montréalaise de nos droits et responsabilités.  Le respect des citoyens-citoyennes exige la circulation de l'information.  Dans l'immédiat, il est permis de douter des canaux de diffusion, voire même de certaines plates-formes politiques visant la démocratie participative. 

Il ne faudra jamais oublier que la question politique québécoise d'une  langue commune ne saurait s'appliquer uniquement à l'arrière-pays, mais tout autant aux structures et superstructures. Ce qui englobe Montréal,  ville phare d'un Québec français! 


Jeanne Gagnon
Écrivaine

vendredi 30 avril 2004

Lettre ouverte à Christian Desmeules - Journal Le Devoir

Lettre à Christian Desmeules
Journal Le Devoir
(Lettre ouverte datée du 30 avril 2004 - non publiée)

OBJET:   Votre article intitulé "Miron, moi et je - Édition Le Devoir -  27 mars 2004

Monsieur,

Votre article du 27 mars m'a interpellée à différents égards, plus spécifiquement dans les symbolismes que représentent  pouvoir/impouvoir dans l'authenticité d'un langage. J'ai hésité longtemps avant de vous faire part de mes commentaires.

mardi 2 mars 2004

A l'heure des bilans

J’ai aimé et admiré Claude Ryan.  Jusqu’au jour où j’en ai eu assez de l’homme vivant une fixation autour d’un « vaisseau fantôme » pouvant ramener à la reconnaissance identitaire des deux peuples fondateurs du Canada.

Indubitablement, j’aurai aimé et admiré l’intégrité de l’homme, le discours du journaliste dont la plume avait ce pouvoir de vulgarisation, bien que demeurant sous la gouverne du penseur.  Le discours de l’homme politique laissait froid à cause du manque de charisme, mais l’homme n’en demeurait pas moins un penseur!

J’ai toujours perçu Claude Ryan comme la figure emblématique de l’honnête citoyen venu au politique pour servir.  En même temps, à l’heure des bilans, il faut s’interroger quant à la force persuasive de l’homme « politique » qui se sera adonné à un rêve!  Car le rêve permettait l’exercice d’un Magistère autour du pouvoir en place!  Pour un penseur comme Claude Ryan, ceci venait alimenter le rêve tout en lui évitant de faire équipe.  Car il nous a été donné de constater que Claude Ryan restait dans la bulle de son Magistère, tant au Devoir qu’en politique.

Certes, l’homme fut admirable à plusieurs égards.  D’où mes interrogations sur ce qu’il serait advenu du Canada des années de la Révolution tranquille pour peu que la plume d’un Claude Ryan se soit rangée du côté de souverainistes, et ce, dans l’absence de compromis envers le Canada anglais?
Cela dit, en acceptant que cette rigueur incontournable aurait eu le double pouvoir de contrer le pouvoir du Gouvernement Trudeau, tout en obligeant le Parti Québécois à cerner le prix politique des faux-fuyants dans le seul but d’exercer le pouvoir!  Que dire de plus …sinon que par cette fixation autour des deux peuples fondateurs, Claude Ryan a raté le véritable rendez-vous d’une reconquête politique exigeant la rupture et la souveraineté du Québec!